• Danses et Bals pendant la Guerre de Sécession

     

     

    (Chronique Victorienne par Mrs A.A.C.

    – Article publié dans le courrier d’Amérique n°65

    - Le courrier d'Amérique est une revue diffusée par le CCFF)

     

     

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    Les années 1861-1865 ne furent pas que sang et boue, mort et destruction. A l’arrière (et parfois même à proximité immédiate du front !) se trouvaient encore grâce et beauté, illuminations et danses…

    Bien avant la guerre civile, la danse est sans doute une des activités de loisir la plus répandue et la plus prisée par tous en Amérique.

     

    Jeunes et vieux, riches et pauvres, citadins et ruraux, du nord et du sud, tous se retrouvent dans les innombrables bals, plus ou moins formels, organisés à travers le pays.

     

    Le bal à une signification importante dans la vie sociale, c’est l’opportunité de côtoyer « physiquement » des personnes du sexe opposé dans un lieu public et peut-être, de faire des connaissances.

     

    Au cours de la guerre civile , un bal est un excellent endroit pour oublier, au moins pour une soirée, la cruauté du temps.

    Chaque grand événement est généralement l’occasion d’un bal , les investitures du président Lincoln en 1861 et 1864, celle du président Davis en 1861 par exemple.

     

     

    En fait, il n’y a pas qu’à « l’arrière » que l’on danse. Pendant ce conflit, il est fait mention de nombreux bals, spontanés ou non, près des camps militaires ou parfois à l’intérieur même de ces campements. « Nous avons un bal presque chaque nuit » écrit un  soldat de new York en octobre 1861 près de Washington, « les dames sont incarnées par des soldats ».

     

    La proximité d’une localité amie (mais pas toujours !) incite à l’organisation de telles festivités ou les militaires comptent  bien profiter de la présence, toujours fort appréciée, des représentantes du beau sexe.

     

     

    Et quand ces dernières viennent à manquer , les soldats n’hésitent jamais à se partager entre « messieurs » et « dames » et dansent alors ensemble ! Ainsi au printemps 1864, à Brandy Station (Virginie) un bal fut-il organisé par les soldats du Massachussetts, devant le manque évident de coopération des dames sudistes des environs, les plus jeunes soldats s’habillèrent de costumes féminins !

     

     

    Une grange est un lieu idéal pour ce genre de distraction, et l’on verra même quelques ennemis invités à partager les réjouissances pour un soir. 

     

    Souvent les autorités militaires ne sont pas les dernières pour l’organisation d’un bal, généralement associé à un événement notable (revues, célébrations diverses, visites de hauts personnages…)

     

    Loin d’être un frein à la tenue de bals dans le pays, la guerre va au contraire les multiplier, ajoutant aux simples plaisirs de la convivialité et de la distraction, des mobiles patriotiques ou charitables . Même aux pires moments on ne cessera de danser dans les villes assiégées du sud ! (lire à ce sujet l’article « la belle vie dans le sud pendant la guerre civile » dans le « Courrier de la guerre d’Amérique » N° 54 ou sur internet  http://hometown.aol.com/ccffpa/page17.html)

     

     

    A l’exception des bals « militaires » les plus improvisés (mais on peut aussi s’y amuser à « singer » les usages en vigueur ailleurs) , les autres bals sont soumis à de nombreuses règles et une stricte étiquette . On peut considérer ces usages comme des contraintes , mais le décorum et la bienséance qui en découlent vont créer une ambiance , perdue au XXIe siècle, et agréablement désuète.

     

     

     

    Au cours des années de la guerre de sécession, on peut distinguer trois types de bals ou les règles en vigueur diffèrent sensiblement.

     

    Avant de nous pencher sur chacun d’eux, il convient d’évoquer , tout d’abord, sans doute une des choses les plus importantes dans la conscience de classe des gens du XIXe siècle, les « présentations ». Il n’y a à cette époque, peu ou pas de « mélange social » entre personnes issues des différentes couches de la société , et de toutes manières, jamais sans présentation officielle préalable.

     

     

    Celle ci est faite lorsque qu’un ami vous présente une personne nouvelle avec votre permission. Cette « cérémonie » vous autorise ensuite à reconnaître, parler, visiter, demander assistance à cette personne, et, le plus important pour notre propos, un « gentleman » est dès lors autorisé à inviter une « lady » à danser ! Il est bien attendu que c’est TOUJOURS l’homme qui invite la femme dans un bal au cours des années 1860 ...à la condition expresse de savoir danser !!

     

     

    Notons que la présentation donne rarement lieu à une poignée de mains, mais plutôt un bref salut;

     

    1- Les bals privés :

     

    Ils ont lieu sur invitation (plus ou moins officielle), sont limités souvent à la famille et aux amis proches, ou aux membres d’une organisation quelconque (politique, fraternelle, sociale, d’affaires…). Dans une telle soirée, tout le monde est considéré de façon égale et de bonne compagnie.

     

    Tout homme peut inviter toute femme à danser, même si la présentation officielle n’a pas été faite auparavant (dans la réalité, les présentations sont effectuées de façon systématique au début du bal). Les dames ne peuvent qu’accepter , sauf engagement préalable ou grande fatigue.

     

    Décliner une invitation en jugeant le cavalier inacceptable pour une raison ou une autre est considéré comme une insulte pour l’hôte ou l’hôtesse car cela impliquerait qu’un homme

    qui n’est pas un gentleman a été invité au bal !

     

    Les manuels d’étiquette du temps exigent de la dame qu’elle accepte l’invitation même si elle doit ensuite passer le reste de la soirée à éviter l’individu en question …

     

    2- Les bals publics :

     

    Ils sont ouverts à toute personne s’acquittant du prix du billet d’entrée. De tels bals sont extrêmement courants durant la guerre civile, servant, dans les deux camps, à soutenir l’effort de guerre ou collecter des fonds pour une multitude de justes causes (blessés, orphelins...) Mais on peut trouver des thèmes plus anodins, le « bal des célibataires » ou le « bal du printemps » ... Ils peuvent être annoncés par voix d’affiche ou dans la presse. Dans un bal public, si un homme a été présenté officiellement à une dame (avant ou pendant la soirée) il peut l’inviter. Dans le cas contraire, il a deux options:

     

    Il connaît quelqu’un qui connaît la dame, il se renseigne discrètement sur ses chances et se fait présenter . Ou il demande l’assistance d’un « floor manager » pour obtenir une partenaire.

     

    Les « floor  managers » assistent le « dance master » la conduite d’un bal , particulièrement en veillant à ce que les danses comptent toujours le nombre de participants nécessaire.

     

    Les « floor managers » jugeront rapidement le cavalier potentiel d’après ses manières, son langage, son costume, afin de lui fournir une cavalière appartenant à sa classe sociale.

    L’homme est alors présenté à la dame (pour la danse seulement !) , celle-ci est tenue d’accepter sauf engagement précédent ou fatigue (elle a toujours une « porte de sortie »…)

     

     

     

    3- Les bals « Maitres-serviteurs » :

     

    Ces bals sont issus d’une ancienne tradition européenne ou le « seigneur » local donne un bal pour ses serviteurs et employés (parfois aussi les habitants du cru).

     

    Quelques riches employeurs américains perpétuèrent cette coutume pour leurs employés agricoles

    ou leurs ouvriers.

     

    On pourrait penser qu’ici au moins, les classes sociales se trouvent brassées, le maître dansant sans façon avec sa servante… Ce n’est qu’apparence, car si tout le monde est effectivement réuni dans une même salle , il y a probablement très peu d’interaction entre les classes.

     

    Une variation des règles régissant le bal privé est ici appliquée.

     

     

    Tout homme peut inviter toute femme mais seuls les « supérieurs » peuvent inviter les « inférieurs », jamais le contraire. 

     

    Ainsi , le maître des lieux dansera bien avec sa servante mais le garçon d’écurie n’a aucune chance de la faire avec la dame de la maison .

     

    A noter que les mêmes restrictions s’appliquent aux bals militaires mêlant officiers, sous-officiers et  hommes de troupe. Un « supérieur » invitera une dame « inférieure » à danser mais pas le contraire, à moins que le supérieur n’ai donné son accord préalable à son subordonné.

     

    Dans l’Amérique « égalitaire » toutes les femmes sont cependant des « ladies » alors que traditionnellement , dans l’armée britannique ou l’on trouve d’abord ce genre de bal, seules les femmes d’officiers ont droit à ce titre, les sous-officiers ont des « épouses » (wifes), les soldats, des « femmes » (women).

     

    4- Invitation et saluts :

     

    Nous savons désormais qui invite qui et dans quelle circonstance. Voyons à présent comment se déroule cette invitation. Là encore, les règles sont strictes mais peuvent subir des variantes localement . Nous avons vu qu’une « lady » (puisque toutes les femmes le sont donc) n’invitait jamais un homme à danser , cependant, si elle a un cavalier particulier « en vue », la dame peut passer par un intermédiaire , un ami qui suggérera discrètement au gentleman en question de venir faire son invitation…

     

     

    Un homme désireux de danser avec une femme mariée ira , le plus souvent, demander la permission au mari avant de présenter sa requête à la dame.

     

     

     

    En présentant son invitation, le gentleman s’incline , la dame accepte par une petite révérence si elle est debout, un signe de tête si elle est assise.

     

    Une femme mariée ne se lèvera pour remercier que si l’homme est considérablement plus élevé qu’elle dans la hiérarchie sociale (politicien de haut rang, officier supérieur, clergyman, hôte d’honneur…).

     

    La dame peut tendre sa main mais plus l’événement est public , moins les mains se touchent ! Les jeunes filles se lèveront toujours quel que soit le cavalier qui les invite mais ne donneront jamais leur main. Signalons que les « vieilles filles » d’un certain age adopteront le comportement de la femme mariée.

     

     

    La formule de l’invitation est

     

    «  Will you honor me for a dance » (voudriez-vous m’honorer d’une danse) ou encore « will you honor me with your hand » (voudriez-vous m’honorer de votre main ».

     

    Le « will you honor me for the pleasure of a dance » (voudriez-vous m’honorer du plaisir d’une danse , ou « Will you give me the pleasure of dancing » (voudriez vous me donner le plaisir de danser)  sont des formules plus anciennes  mais encore usitées dans les milieux moins sophistiqués).

     

     

    Le gentleman escorte alors la Lady vers la « piste » puis, à sa place après la danse (ou à quelque endroit qu’elle le demande, au buffet pour se rafraîchir par exemple) .

     

    Il remerciera la dame pour l’honneur qu’elle vient de lui faire en s’inclinant, le « baise-main » n’est pas mentionné dans les manuels d’étiquette de la période de la guerre civile

    et ne se pratiquait donc certainement pas. 

    La dame ne doit pas remercier son cavalier pour la danse, un sourire ou un petit mouvement de tête répondront au « merci » masculin.

     

    Il est convenable pour l’homme de converser un instant avec la lady avant de la quitter, par contre il est inconvenant d’inviter la dame assise juste à coté d’elle pour la prochaine danse ! (dans le cas ou une dame refuse votre invitation, ne tentez pas non plus votre chance avec sa voisine …

     

     

     

    5- Bonnes manières générales :

     

    Les messieurs ne doivent jamais oublier que les dames doivent passer avant toute chose , elles doivent bénéficier des meilleures chaises, des places d’honneur…

     

    Le cavalier doit toujours être agréable avec la dame , sourire, même en dansant et

    ne pas se montrer crispé outre mesure.

     

    De la même façon, la dame doit se considérer comme « engagée » vis à vis de son cavalier et lui réserver son attention et sa conversation en évitant les sourires aux autres hommes de l’assistance par exemple !

    Dans un bal public, une lady ne paiera JAMAIS une boisson , c’est bien sûr à son cavalier du moment de le faire pour elle !

    On dansera tranquillement, sans sauter ou taper des pieds de manière brutale et toute querelle dans une salle de bal est bien entendu proscrite ! Comme le sont toute parole vulgaire ou inconvenante.

     La chute d’un couple sur la piste de danse est une chose rare,

    mais dans ce cas, le fautif est TOUJOURS le cavalier !!!

     

     

    La main ou la taille d’une dame ne doit jamais être pressée mais délicatement effleurée. D’ailleurs, les mains des messieurs, comme des dames, doivent être gantées (il est même recommandé de prévoir deux paires de gants au cas ou la première serrait souillée.)

    Il faut, bien sûr, ne jamais oublier un engagement ni inviter une cavalière à la hâte alors que la danse va débuter (notons que le carnet de bal n’existe pas aux Etats-Unis, les dames peuvent cependant noter leurs engagements sur leur éventail souvent en papier.)

     

     

     

    6- Le bal, organisation :

     

    Le nombre des invités ou des participants à un bal doit être proportionnel à la grandeur de la salle ou il se déroule (mais ce peut-être une grange ou à l’extérieur…).

     

     

    Cette salle sera de préférence large et presque carrée mais pas tout à fait afin de pouvoir accueillir deux quadrilles en même temps , ce qui n’est pas vraiment praticable dans une pièce carrée.

     

    Les pièces longues et étroites sont, elles, à proscrire !

     

    Bien sûr, un beau parquet est le meilleur des sols si il n’est pas glissant.

     

     

    On veillera à la lumière et la ventilation qui doivent être présents en suffisance.

    Bien sûr, un orchestre fournit la musique.

     

    De taille variable il peut même n’être composé que de deux musiciens.

     

    Dans les bals militaires, ce sont les « fanfares » (military bands)  qui fournissent la musique.

     

     

     

    Les invitations à un bal sont faites au nom de la dame de la maison (pour un bal privé) et doivent être envoyées au moins dix jours avant la soirée prévue.

     

    Trois semaines ou un mois sont même autorisés. Les invités ont deux à trois jours, pas plus , pour répondre. Il faut également veiller à équilibrer les participants entre dames et messieurs afin que chacun puisse participer et profiter au mieux de la soirée.

     

     

    Une pièce devra être réservée aux dames (avec plusieurs miroirs) pour qu’elles puissent arranger coiffures et robes.

     

    Un vestiaire pour les manteaux et châles est souhaitable.

     

     

    Dans le cas d’un bal masqué ou surtout costumé (possible dans les trois types de bal cités plus haut), il faudra aussi prévoir une salle , ou plusieurs, ou les invité(e)s pourront se changer.

     

     

    Une autre pièce sera prévue pour les rafraîchissements , si cet arrangement n’est pas possible, il faudra les faire circuler entre les danses .

     

    Un bal peut être précédé, ou interrompu momentanément,  par un souper ou un buffet selon qu’il s’agisse d’une soirée privée ou publique.

     

    7- Le bal, déroulement :

     

    A cette époque, un bal débute assez tard selon les critères d’aujourd’hui. Les invités doivent avoir accompli leurs tâches quotidiennes, être rentrés chez eux, s’être changés et il leur faut un certain temps pour parvenir à l’endroit ou se déroule le bal (particulièrement à la campagne) , les moyens de transport étant assez lents. Ainsi un bal public commencera généralement entre 9 heures et 11 heures du soir pour durer jusqu’à l’aube.

     

    La première chose à faire en arrivant à un bal est de se rendre au vestiaire. Le gentleman ne manquera pas de mettre ses gants si ce n’est déjà fait puis il attendra la dame qu’il escorte ou accompagne. Celle-ci se prépare de son coté, échangeant en particulier ses souliers de ville pour des chaussons de danse. Le gentleman escortant une lady devra, au cours de la soirée, toujours veiller à ce qu’elle ne manque de rien, à lui procurer des rafraîchissements, à l’accompagner lorsqu’elle se déplace dans la salle de bal et bien sûr, à l’escorter à nouveau au moment du départ.

    A l’entrée des invités, l’hôte est responsable des indispensables présentations ou l’on ne se serrera JAMAIS les mains. L’hôte (ou le « dance master ») , veillera à ce que toutes les dames désireuses de danser puissent trouver un cavalier. Il est à souligner que l’on attend instamment des  messieurs qui se rendent à un bal qu’ils DANSENT et souvent ! Il est impoli de danser plus d’une fois (au pire, deux) avec la même partenaire au cours de la soirée (évidemment si l’assistance est vraiment peu nombreuse , difficile de faire autrement) et particulièrement avec son épouse, en règle générale, ladies et gentlemen doivent éviter de danser avec les mêmes personnes afin de faire partager le plaisir de la danse à tous les invités.

     

    8- Caractéristiques du bal 1860 :

     

    Nous arrivons à un point capital au sujet du bal au milieu du XIXe siècle, son aspect d’activité SOCIALE. On croit aujourd’hui, et ceci est du en grande partie à la vision souvent déformée que nous en ont donné le grand et le petit écran, qu’un bal en 1860 se résume à une série de danses effectuées par des couples, évoluant sur une piste au milieu d’autres danseurs sans plus d’interaction entre eux . Cette forme de bal s’imposera certes progressivement au cours de la seconde moitié du XIXe siècle pour finalement devenir la règle à la fin de celui-ci et au début du XXe siècle. A l ‘époque de la guerre civile, un bal est essentiellement composé de « danses sociales » mettant en scène un groupe de personnes dans une suite variée d’évolutions en formation . En bref, on ne danse pas à deux mais toujours à plusieurs. Un bal typique du temps comptant deux douzaines de danses ne comprendra que deux ou trois danses de couple comme valse, polka, scottische ou mazurka. Le reste sera composé de quadrilles, reels, et d’autres danses effectuées en cercle, carré ou ligne ou l’on change constamment de cavalier et de cavalière , ou l’on côtoie perpétuellement les autres couples .

     

    Cela ne signifie pas que les pas de valses, polkas etc… soient inutiles, ils sont généralement intégrés à des chorégraphies de groupe comme la valse espagnole par exemple.

    Si la danse est une activité faisant partie du cérémonial de séduction, elle n’est pas envisagée comme quelque chose qui est réservé aux « amoureux » mais comme un moment d’échange. Danser et se mêler aux autres est un devoir social , c’est de cette façon que l’on doit l’envisager pour une reconstitution historique crédible en abandonnant les comportements et préjugés modernes et en adoptant ceux du milieu de l’époque Victorienne. Bon bal à toutes et tous!

     

    Une liste non exhaustive de danses pour un bal « 1861-1865 » Avec la formation et le pas général :

     

    Grand March : par couple, pas

    Soldier’s joy  : en ligne ou cercle de couples se faisant face, pas

    Snowball reel : en ligne de dames face à ligne de messieurs, pas ou pas rapide

    Federal Scottische  :  cercle de couples, pas de Scottische

    Virginia Reel : Ligne de dames face à ligne de messieurs, pas ou pas rapide

    German Waltz : cercle de couples, pas de valse

    The tempest : Ligne de deux couples face à deux couples, pas ou pas rapide

    Spanish waltz : Ligne ou cercle de couples, pas de valse

    Quadrille : quatre couples en carré, pas et pas rapide

     

    Il existe des variantes dans les quadrilles et les Reels

     

    Valse : par couple, pas de valse

    Galop : par couple, pas rapide

    Scottische : par couple, pas de scottische

    Polka : par couple, pas de polka

    Mazurka : par couple, pas de mazurka

    Polka mazurka : par couple, combinaison de polka et mazurka

    Polka Redowa :  par couple, variante de la polka

     

    SOURCES

     

    http://russon.alain.perso.neuf.fr/pages%20des%20adherents/bal/balcw.htm

     

     

     

     

     

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    Comme dans toutes les guerres, les soldats des deux camps se trouvèrent au cours de la guerre de sécession, privés de leurs compagnes pour une longue période.

    La nature étant ce qu'elle est, ils cherchèrent naturellement un palliatif à cette absence.

    Le moyen le plus simple restait encore le recours aux "professionnelles de l'amour" et on peut affirmer, sans se tromper, que la sexualité des soldats de la guerre civile américaine fut satisfaite avant tout par la prostitution.

     

    Au nord comme au sud, celle ci prit des proportions jusqu'alors jamais atteintes lors d'un conflit, mais cette guerre n'est t'elle pas précisément faites de "premières" ?

     

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    Surnommées "filles faciles", "filles de joie" ou encore "filles de petite vertu", ces femmes venus dans l'Ouest américain pour pratiquer le plus vieux métier du monde sont les premières dames de "l'American Frontier", les pionnières de l'Ouest.

    Les pionniers de l'Ouest américain étaient à la recherche d'or. Vivant dans des villes minières, ils ont rapidement attiré de nombreuses prostituées. Bagarre, jeux, alcools, elles ont subit la violence des hommes. Si certaines sont encore connues aujourd'hui, beaucoup sont mortes dans l'indifférence et dans la pauvreté.

    A travers les portraits des plus célèbres d'entre elles, ce film nous permet de cerner la réalité de leur difficile vie.

     

     

     

    Concernées avant tout: Les grandes villes. Washington compte 450 "bordels" répertoriés en 1862, (mais on en découvre de nouveaux tous les jours !) dont "Fort Sumter", "the Ironclad", "the blue goose" etc... et 5 000 prostituées en 1863 (contre 500 en 1860 !), plus 2 500 dans les villes voisines de Georgetown et Alexandria, décrite comme "une parfaite Sodome", sans compter les filles entretenues que des officiers font parfois

    passer pour leur épouse !!! .

    Un reporter, Franc B.Wilkie décrira avec dégoût son séjour à Washington à l'automne 1862 :

     

    « c'est le trou le plus pestilentiel depuis Sodome et Gomorrhe .

     

    La majorité des femmes dans les rues sont ouvertement de mauvaise vie… Les officiers ivres y sont en nombre suffisant pour prendre Richmond mais préfèrent les bars, les maisons de jeu et les maisons closes aux champs de bataille. »

     

    Dans la capitale fédérale, un quartier entier, "Murder bay" (appelé aussi "Hooker's division"), est voué à la prostitution.

     

     

    Puisque nous en parlons, le nom du général Hooker (ci-contre LC) reste lié à la prostitution même si le terme "hookers" désignant à la fois prostituées et beuveries était déjà employé bien avant la guerre.

     

    Par une amusante coïncidence, Hooker s'intéresse justement fortement au problème, ("payant"  de sa personne dit on) et pense que la présence de femmes dans les camps serait bonne pour le moral des troupes.

    "Nous sommes les filles de Hooker" s'exclament en guise de laissez-passer, les prostituées conduites dans les cantonnements fédéraux à la veille de la bataille de Chancellorsville en mai 1863.

     

    Un officier de cavalerie du Massachussetts dira de Hooker :

    «  Quand il avait le commandement, le quartier général de l'armée du Potomac n'était pas un endroit pour un homme respectable et aucune femme décente n'y avait sa place. C'était un mélange de bar louche et de bordel » .

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    En 1864, les autorités de Washington (qui restent bien impuissantes devant le phénomène malgré "raids" et amendes) classent 85 "maisons" (ou l'on vend le plus souvent de l'alcool illégalement), selon leur "qualité", des meilleures (N° 1) dans les beaux quartiers aux "pires" (N°3 ou sans numéro du tout !),

    on trouve même un certain nombre de "bordels" proposant exclusivement des filles de couleur !

     

    Le private Haydon note en novembre 1861 qu'on trouve trois types de gens dans la capitale: les soldats,

     

    " les deux autres grandes classes sont les politiciens et les prostituées, très nombreux et égaux en quantité, en honnêteté et en moralité. "


    En 1860 New York propose déjà 700 "maisons" et 2 500 filles sont sur les trottoirs.

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    Pendant la guerre, on y trouve au moins 8 000 prostituées.

    En 64/65, 2 000 filles hantent les rues et les "bordels " de Chicago.

     

    Baltimore, Boston, Cincinnati, St Louis ne sont pas en reste. "Nous avons du bon temps ici, une garde de temps en temps et une fille toutes les nuits"

     

    (C.Hopkins, près de Cairo, Illinois, avril 1864).

    Irvin Bell Wiley note que toutes les villes du sud soumises à l'occupation yankee deviennent rapidement des "paradis du vice", les soldats attirant apparemment Ies prostituées comme des mouches !!!

     

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    Elles suivent même les armées semble t'il, un soldat nordiste note, en décembre 1863, que de nombreuses putains de Norfolk (Virginie) sont originaires du même état que lui, le Connecticut...

     

     
    Louisville, la Nouvelle Orléans, Portsmouth, Norfolk, New Bern, Chattanooga, Savannah, Nashville, Memphis etc...

     

    se transforment en lieux de débauche, souvent quelques semaines seulement après l'entrée des fédéraux (quand elles ne le sont pas déjà bien entendu, les "maisons" de Bourbon street a la Nouvelle Orléans "fonctionnaient" fort bien avant la venue des soldats bleus !!! !) .
     

     

    Un officier de l'Ohio écrit que

     

    "Memphis est maintenant une des places principales de la prostitution féminine du continent.

    La vertu n'est plus connue qu'en dehors de ses limites."

     

    "]e suis de garde presque tous les jours parce qu'il y a tellement de mauvais lieux ici que nous devons placer une sentinelle devant chaque porte pour maintenir l'ordre"

    (Samuel Jarrett à Savannah, janvier 1865).

     


    Nombreuses sont les filles de joie confédérées qui "changent de camp" quand l'occasion se présente, un soldat en vaut un autre, surtout quand il paye en bons dollars yankees!

     

    Notons que certaines choisiront tout de même de suivre les rebelles en retraite, ou, restant sur place, afficheront sans retenue leur patriotisme, allant jusqu'à faire de la contrebande ou même assassiner des soldats ennemis...

     

    Quand les autorités
    fédérales de Washington laissèrent libre passage aux femmes qui
    désiraient rejoindre le sud  (ici leur
    embarquement , LC), 600 choisirent de partir .
    Parmi-elles au moins 70 prostituées .

     

    City Point en Virginie est une importante base fédérale pendant le conflit: "le diable est dans la place. I1 y a une cité entière de putains. Oui père, une cité entière !" (Un employé de la "Sanitary commission" à sa famille, fin 1864). Si cela choque ce jeune homme, d'autres (les plus nombreux ?) ne s'en plaignent pas "Nous n'avons rien à faire ici à part baiser, et on le fait abondamment !" (F.R.Lyman, 1864) !!!

     

    Les soldats profitent parfois de leur "auréole de libérateur" auprès des prostituées noires, très appréciées pour "l'exotisme":

     

    "Elles tombent amoureuses de nous pensant que nous allons les emmener vers la liberté et elle ne nous font pas payer !" note avec satisfaction un yankee stationné à Memphis !

     


    Les soldats confédérés ont aussi leurs lieux de perdition:

     

    La Nouvelle Orléans, Mobile, Dalton(Géorgie), très réputée pendant les campagnes d'Atlanta et Chattanooga

    (Johnston tentera d'y intervenir sans grand succès):

     

    "I1 me parvient quotidiennement des plaintes concernant les nombreuses femmes de mauvaise vie de cette ville"

    écrit un officier du QG de l'armée du Tennessee à l'été 1864

     

    "Elles pullulent dans l'entourage immédiat des quartiers de nos soldats et ont des relations avec presque tous ceux ci. Des vols sont commis dans nos dépôts pour payer leurs services." .

     

     

    Mais c'est la capitale de la Confédération, Richmond qui emporte la palme. Petite ville provinciale promue capitale, Richmond a vu sa population passer de 40 000 à 100 000 personnes en deux ans ! "Une métropole boursouflée par le vice" dit le journal 1'Examiner".

     

     

    Dans les faubourgs de l'ouest, "Screamerville" (la ville des hurlements) n'est qu'une suite ininterrompue de saloons, de bordels et autres lieux louches.

     

    Une de ces "maisons de vice" va jusqu'à s'installer en face d'un des plus importants hôpitaux militaires, et les "propositions »  (gestes a l'appui !) fusent au dessus de la rue et des passantes respectables vers les soldats convalescents !!! µ

     

    Un auteur a estimé qu'en ces années la, Richmond contenait plus de prostituées de toutes catégories, que la Nouvelle-Orléans et Paris réunies !

    Petersburg, du fait de sa proximité avec le front, est également un "paradis " dans le genre, les soldats sudistes se communiquent les bonnes adresses d'une unité à une autre! Parfois, les filles vont même jusqu'aux lignes: "I1 y a deux semaines, une femme est venue de Petersburg et s'est arrêtée à deux cents yards du camp. Plusieurs des gars sont allés la voir et ont eu beaucoup d'amusements avec elle. Mais c'était pendant le drill et ils l'ont manqué, alors ils ont été punis" (un jeune Nord Carolinien fin 1863). « Je suis allé dans la grande ville de Petersburg et j'y ai eu deux belles femmes qui m'ont couté onze dollars. Tom Lane est venu deux fois avec moi sur la même fille. I1 dit qu'elle est un peu mieux que la veuve (illisible)..." (H.D.Cameron, 3d NC Cavalry, février 1863).
    Partout, soldats et officiers bleus ou gris s'affichent ouvertement avec des filles, dans les rues, aux spectacles, dans les bals, quand ce n'est pas lors de réceptions officielles !
    Plusieurs officiers nordistes seront d'ailleurs "démissionnés » pour leur conduite inconvenante. Le "Nashville daily press" note qu'une jeune prostituée se promenant dans la ville, nue de la taille aux pieds, en compagnie d'un officier de l'Union, y causa une perturbation considérable !

     

    Une carte de visite « d'actrice » pendant la guerre , carte qui peut tout aussi bien servir de publicité à une prostituée notoire ! Le genre de photos dont étaient friands les soldats de la guerre civile ...

     

    En janvier 1864, un journal de Cincinnati affirme que les "filles de joie" sont près d'avoir éliminé totalement les femmes décentes des promenades publiques.


    Au sud, il en va de même, le maire de Richmond en est outré.

     

    Ces "dames" étant souvent bien mieux vêtues que les vraies Ladies, on se pose des questions sur l'efficacité du blocus ...

     

    On a beau s'indigner, tenter de chasser les "Cyprians", de les incarcérer, voire de les "refiler" aux "copains d'en face", rien n'y fait ...

     

    "Les nymphes du monde sont depuis toujours nécessaires aux grandes armées car elles en sont une émanation" explique le "Daily Inquirer" de Richmond.


    Leurs tarifs sont des plus variables, de quelques cents à des centaines, voir des milliers de dollars selon la "catégorie" et les milieux ou elles évoluent. La plupart des "maisons" sont tenues par des "maquerelles" aux noms d'emprunt (rarement des hommes), il existe une prostitution de la rue ou l'on trouve des "indépendantes" et de nombreux "souteneurs"...

     

    Rien de neuf sous le soleil !

    Généralement, les filles réduites à la prostitution n'ont pas choisi ce métier par vocation on s'en doute.

     

    La pauvreté, I'alcool, le veuvage même, peuvent faire glisser bien des femmes sur la pente du "vice".

     

    Cinq "filles" de Culpeper furent arrêtées un jour à Richmond, au cours de leur interrogatoire, deux d'entre elles affirmèrent avoir perdu leur époux dans les rangs de I'armée Confédérée.

     

    On ne les en traita pas mieux pour cela, personne ne semblant prêter attention à ce genre de déclaration.

     

    Le 30 avril 1861, une jeune fille de 16 ans fut arrêtée à Boston, racolant dans la rue.

     

    Elle était couturière mais ne gagnait pas assez pour nourrir sa mère.

     

    On pourrait multiplier les exemples de ce genre que le temps de guerre aggrave encore, particulièrement dans le sud ou des milliers de femmes connaissent le triste sort des réfugiés de toutes les époques: la perte de leur foyer, l'errance, souvent avec des enfants, la misère, la faim Comment s'étonner que beaucoup ne trouvent que dans le commerce de leur corps, les ressources nécessaires pour continuer a subsister ?

     

    Des « dames » dans leur boudoir . Pour ce genre de photographies « osées » , on recourait souvent au service de prostituées dans les studios ...

    Dès lors, la prostitution ne se rencontre plus seulement dans les grandes villes, mais dans toutes les agglomérations et encore plus généralement dans toutes les zones, urbaines ou rurales ou l'on trouve des soldats ou des troupes en marche. "Cette partie du pays abonde en femmes de mauvaise vie" (Sgt Vairin, CSA, 27/12/1862, Caroline du nord), "La moitié des femmes des environs, mariées ou célibataires, ont perdu leur respectabilité. "(Capitaine Key, CSA, 2/1/1864, ligne Georgie-Tennessee), "La vertu des femmes, si elle a jamais existé dans ce pays, semble maintenant avoir totalement fait naufrage. Les prostituées sont partout:

     

    dans les montagnes, les vallées, dans les hameaux et les cités. Je suppose que l'influence des armées a largement contribué à cet état de fait; les soldats ne semblent pas ressentir les mêmes restrictions loin de chez eux, ce qui régularisait auparavant leurs relations avec le beau sexe."

    (Major Mims, CSA, fin 1863, Tennessee de I'Est).

     

    II semble aussi que la prostitution n'hésitait pas à aller chercher les hommes jusque dans leurs campements si nécessaire: "Plusieurs fois par semaine, notre poste est visité par deux soeurs qui se vendent…

     

    Quelquefois elles emmènent une négresse avec elles..."

    (H.Levin, 2nd Virginia réserves, fin 1864).

     

    En avril 65, H.P.Hennon (87th Pennsylvanie) écrit que ses copains ont trouvé une vieille prostituée près d'un ponton, derrière une pile de tabac: "Tom tenait la lampe et elle reçu soixante grosses bites l'une après l'autre. ]'étais mort de rire et la sacrée vieille pute tenait bon". !!!

    Au début du conflit, un soldat confédéré remarquait qu'en plus des épouses et soeurs d'officiers et des cuisinières et lavandières, on trouvait aussi "ici et là une dame élégante et maniérée, touchante dans sa solitude, mais manquant du seul passeport de respectabilité pour une femme dans un camp: les liens du mariage" (I.Gibbons, 8/1862). Des "Cyprians », de haut vol ? A rapprocher du témoignage du soldat Haydon (US) notant le 25/5/1861 la visite de quelques jolies dames cherchant dans le camp des "frères" et des "cousins:

     

    "Elles étaient belles, c'est sur, mais les gars avaient tellement peu d'argent qu'à moins que l'amour soit plus fort que l'avarice, les discussions se terminaient de façon peu satisfaisante".

     

     

    Il semble que les lavandières n'ai pas toujours été irréprochables non plus si I'on en croit le soldat Olmanson du Minnesota en novembre 61: « Nous avons environ quarante femmes. dans le régiment, plusieurs font beaucoup d'argent par des voies naturelles..."

     

     

    Le plus souvent, rien ou presque ne distinguait une prostituée d'une femme honnête quand on la croisait dans la rue.

    De « première classe » elles suivaient la mode , de « deuxième choix », elles étaient vêtues comme les femmes de la campagne ou les ouvrières.

    L'image de la prostituée aguicheuse se promenant en « dessous » aux abords des camps de l'armée est totalement erronée.

    La plupart du temps, les filles devaient opérer discrètement et donc , éviter d'attirer l'attention des autorités sur leur personne ...

     

    Les prostituées aussi suivent la mode: "Elles se pavanaient dans leurs crinolines en se déhanchant. nos gars ont eu beaucoup de bon temps avec elles. », (Private Philipps, 92° Illinois).

     

    "Le colonel avait suivi plusieurs soldats qui se dissimulaient en allant dans le bois. S'approchant de 1'en droit, il vit deux dames en jupons et crinolines se livrant à un commerce lucratif; il resta et regarda suffisamment longtemps pour satisfaire sa curiosité..." (un soldat du.4° Maryland Rgt, octobre 1863).

     

    L'encombrant accessoire que constitue la crinoline reste un élément de séduction. même dans l'exercice du plus vieux métier du monde !


    En théorie, les prostituées n'avaient pas le droit de se trouver dans les camps militaires et en étaient immédiatement expulsées, en théorie seulement, car que penser des histoires qui suivent ?

     

     Après l'évacuation précipitée de l'Ile N° 10 par les sudistes sur le Mississippi, les unionistes découvrent dans les positions rebelles:

     

    « Un essaim de nymphes. les cheveux défaits, les bustes délacés. le camp portant toutes les marques de la féminité avec des crinolines et des pantalons de dessous suspendus aux arbres et les bagages des officiers confédérés mêlés aux calicos."

     

    Afficher l'image d'origineUn autre observateur note une scène similaire dans le Tennessee ou une vingtaine de prostituées abandonnées par les sudistes en retraite passaient le temps jusqu'à l'arrivée des forces US "souhaitant prodiguer leurs faveurs aux officiers nationaux comme précédemment à leurs protecteurs rebelles !" (cités par Miss Massey "Bonnet Brigade").

     

    Et encore: En mars 65, un parti yankee avait chassé un poste confédéré de White's tavern :

     

    "et découvert que nous avions interrompu une "partie".

     

    La petite était au lit, prête, payée mais inutilisée, nous étions trop gentlemen pour laisser une "dame" dans une telle détresse..."

     

    (Cite par T.Lowry, "sex in CW"). Visiblement les consignes étaient très souples !!!

    On comprend que dans ces conditions, beaucoup d'hommes aient fortement découragé les visites de leur épouse, mère, et soeur dans les campements !  Jesse Reid, du 4th South Carolina écrit à sa femme en juin 1861 sur les prostituées visitant son camp:

     

    " Si tu pouvais te trouver là en ces occasions, tu penserais qu'il n'y a pas un homme marié dans tout le régiment à part moi (ben voyons ! NDLR). Beaucoup le sont pourtant..."

     

     

    Et si parfois le règlement était plus stricte, ces "dames" trouvaient des astuces pour continuer leurs "affaires" en s'installant près du camp et débauchant les sentinelles par exemple:

     

    Deux pauvres gars sont ainsi exécutes pour abandon de poste dans le Tennessee, écrit le major Mims, CSA, à sa femme, ils avaient succombés aux charmes de "professionnelles".

     

     

    Le soldat Collins du Michigan provost guard, reçut dix jours au pain et à l'eau pour avoir eu des relations avec une prostituée alors qu'il était de garde à Détroit en mai 1863...Le lieutenant Parrott ( 16th Illinois) est privé de six mois de solde pour avoir eu des relations sexuelles avec une prostituée noire alors qu'il commandait un poste de garde dans le Tennessee en décembre 1862.

     


    On fait mieux encore, en endossant l'uniforme et en se fondant dans une unité avec la complicité de tous ceux qui y trouvent "un avantage", officiers compris !

     

    Le colonel Anglais Freemantle cite le cas d'une femme en uniforme gris, croisée dans un train non loin d'Atlanta en 1863 et expulsée de l'armée du Tennessee, elle avait été chassée pour sa conduite immorale malgré sa participation à plusieurs batailles.

     

    En septembre 1864, "1'Enquirer" de Richmond expose les cas semblables de Mary et Mollie Bell (alias Tom Parker et Bob Morgan), une "Canadian Lou" en uniforme fédéral est arrêtée en état d'ébriété à Memphis en décembre 1862, le soldat Bear du 116th Illinois parle de son lieutenant qui garde près de lui une certaine Kate, portant l'uniforme

    "Quelques gars de la compagnie aimeraient avoir un "accrochage" dans le camp avec elle. On peut difficilement en parler comme d'un homme..." ...etc.

     

     

    Difficile cependant de faire la différence entre prostituées ou concubines en uniforme et femmes soldats aux mobiles plus patriotiques. ou affectifs .

     

    Que penser de ce "sergent" US qui accouche dans l'armée de Rosecrans et ceci "en complète violation des lois militaires" note ce dernier ou de cet "officier" sudiste qui met au monde un gros garçon dans la prison de Johnson Island en décembre 1864 ?

    "Sans doute une femme" note le perspicace reporter du "Sandusky register", certes, mais prostituée ou pas ?

    Miss Massey dans son "Bonnet brigade" pense que la majorité des femmes en uniforme étaient des "filles", c'est aller beaucoup trop loin et les historiens d'aujourd'hui qui s'intéressent à elles ne partagent absolument pas cet avis.

     

    On peut lire dans le Newark Daily Advertiser du 31/5/1864:

    " Les autorités militaires de Washington montrent que 150 femmes ont déjà été découvertes  dans l'armée. »

    Curieusement, plus de soixante dix servaient comme "aide de camp" d'officiers au moment de leur découverte.

    Dans un régiment, il y avait dix sept de ces femmes portant pantalons et sack coats au lieu de calicos et crinolines.

    Même un général, qui a glané de multiples lauriers, avait a son service un beau jeune homme dont le vrai nom se révéla être Mary Jane G , d'une famille de la bonne société de Trenton. Elle expliqua qu'elle voulait « voir le monde". Respectable ambition, mais quelles étaient vraiment les exactes relations de ces officiers et de leurs "aides de camp" ?

     

    Le général Kilpatrick homme à femmes (à « filles » même) et soldat . des plus contestés ! (LC)

     

    Le général US James C.Rice s'entoure d'un essaim de jolies femmes dans son QG de Redwood près de Culpeper (Va), il les appellent ses « nonnes » ! Une certaine Annie Jones, se vante d'avoir été « l'invitée » des généraux Sigel, Stahel, Custer et Kilpatrick . Ce dernier aimait assurément s'entourer de jeunes dames à la vertu douteuse .

     

    Il est vu , ainsi que le général Estes, en compagnie d'un « Charley » et d'un « Franck » qui sous leurs uniformes se révéleront être des femmes . Kilpatrick semble également avoir eu un faible pour une « Molly » et une « Alice » qu'il présentait comme une institutrice qu'il escortait vers le nord , « On croyait généralement dans le commandement qu'il l'avait avec lui pour des motifs moins honorables » (J.Miller 5th Ohio cavalry).

    On notera que la seule mention de prostitution masculine à l'époque se trouve dans le numéro du 13 mai 1862 du "Richmond dispatch", condamnant la "vulgarité des prostitués des deux sexes" dans les rues de la capitale sudiste…

     

    Bien évidemment, la conséquence inévitable de cette prostitution galopante fut la prolifération de maladies "sexuellement transmissibles", aggravée par le manque d'hygiène et la presque totale ignorance de la médecine de l'époque en la matière.

     

    Pour une nuit avec « Vénus », le soldat risquait de passer toute sa vie avec « Mercure » (le mercure était le traitement le plus commun contre les maladies vénériennes à l'époque).

    Des statistiques de l'armée fédérale portant sur 468 275 soldats blancs entre mai 61 et juin 66 donnent 182 779 cas de maladies vénériennes (73 382 cas de Syphilis, 109 397 de Gonorrhée) dont 136 mortels.

     

    Entre juin 1864 et juin 1866 sur 63 645 soldats de couleur, 14 257 sont infectes, 32 trouvent la mort.

     

    Un statisticien du département médical de !'Union a calculé que lors de la première année du conflit, un yankee sur douze souffrait d'une maladie "honteuse" et que pour la période entière de la guerre, le taux était de 82 pour 1000.

     

    Coté confédéré, on admet généralement que les maladies vénériennes firent moins de ravages du fait des ressources moindres des soldats (moins d'occasions d'aller voir les filles, alors que les recrues et les vétérans de !'Union qui se rengageaient se trouvaient avoir les poches pleines de dollars) et des séjours des troupes beaucoup plus prolongés en rase campagne plutôt qu'a proximité des cités.

     

    Mais, on l'a vu, des prostituées, on en trouvait partout, et puis on pouvait très souvent "payer en nature" plutôt qu'en argent, alors il est bien difficile d'en tirer des conclusions, d'autant que les archives sudistes sont loin d'être complètes sur ce sujet là aussi...

     

     

     

    Photographie de l'Hôpital N°11 a Nashville, traitant les prostituées atteintes de maladies vénériennes. On pense d'habitude qu'il s'agit des lavandières attachées à l'établissement, mais d'après l'historien, j. Hoobler, le personnel étant exclusivement noir, les femmes blanches sur ce cliché seraient plus certainement des prostituées de la ville en cours de traitement.
    (National Archives)

     

    Quelques chiffres partiels montreront tout de même que les rebelles aussi étaient touchés: En juillet 61, pour 12 régiments représentant 11 452 hommes, on signale 204 nouveaux cas de Gonorrhée et 44 de syphilis.

     

     

    En aout pour 29 unités et 27 042 soldats, 152 nouveaux cas de Gonorrhée et 102 de syphilis. En septembre, 38 régiments regroupant 33 284 hommes ajoutent 148 cas de plus pour la première maladie, et 70 pour la seconde. etc...

     


    Au nord comme au sud, les premiers mois de la guerre se montreront redoutables en ce domaine pour des milliers et des milliers de jeunes hommes tout juste arrivés de leurs campagnes et confrontés à la proximité des grandes villes et de leurs inévitables tentations.

     

    Ensuite, la discipline prenant le dessus, les infections régressent (sans disparaître), mais reprennent largement dès que les troupes cantonnent près d'une cité.

     

    Les micro organismes responsables de la syphilis et de la gonorrhée ne seront identifiés respectivement qu'en 1905 et 1879. Les traitements adéquats ne seront mis au point qu'en 1910 et 1945 !!!

     

    Alors en 1860, les remèdes sont. ce qu'ils sont et leur efficacité des plus douteuses, si la maladie peut être jugulée, on reste au mieux, contagieux, mais souvent la mort est au bout, ce n'est qu'une question de temps

     

    On ne saura jamais combien de soldats rentrant de la guerre ont infectés leur femme ou leur fiancée, ni les effets désastreux de ces maladies sur les enfants nés atteints du mal...

     


    Pour tenter de remédier au problème des maladies vénériennes, les autorités prirent parfois des initiatives, certes intéressantes mais pas toujours couronnées de succès, tel le général Rosecrans, qui en 1863 à Nashville, plaça 111 prostituées atteintes du mal, sur un navire, l'ldaho, à destination de Louisville. Après une "croisière" peu agréable de 28 jours (lire ci-dessous) , la plupart des filles regagnèrent Nashville et se remirent au "travail".

     

    Quelques chiffres partiels montreront tout de même que les rebelles aussi étaient touchés:

     

    En juillet 61, pour 12 régiments représentant 11 452 hommes, on signale 204 nouveaux cas de Gonorrhée et 44 de syphilis.

     

    En aout pour 29 unités et 27 042 soldats, 152 nouveaux cas de Gonorrhée et 102 de syphilis.

     

    En septembre, 38 régiments regroupant 33 284 hommes ajoutent 148 cas de plus pour la première maladie, et 70 pour la seconde. etc...
     

     

    Au nord comme au sud, les premiers mois de la guerre se montreront redoutables en ce domaine pour des milliers et des milliers de jeunes hommes tout juste arrivés de leurs campagnes et confrontés à la proximité des grandes villes et de leurs inévitables tentations.

     

    Ensuite, la discipline prenant le dessus, les infections régressent (sans disparaître), mais reprennent largement dès que les troupes cantonnent près d'une cité. Les micro organismes responsables de la syphilis et de la gonorrhée ne seront identifiés respectivement qu'en 1905 et 1879.

     

    Les traitements adéquats ne seront mis au point qu'en 1910 et 1945 !!!

     

    Alors en 1860, les remèdes sont. ce qu'ils sont et leur efficacité des plus douteuses, si la maladie peut être jugulée, on reste au mieux, contagieux, mais souvent la mort est au bout, ce n'est qu'une question de temps

     

    On ne saura jamais combien de soldats rentrant de la guerre ont infectés leur femme ou leur fiancée, ni les effets désastreux de ces maladies sur les enfants nés atteints du mal...


    Pour tenter de remédier au problème des maladies vénériennes, les autorités prirent parfois des initiatives, certes intéressantes mais pas toujours couronnées de succès, tel le général Rosecrans, qui en 1863 à Nashville, plaça 111 prostituées atteintes du mal, sur un navire, l'ldaho, à destination de Louisville.

     

    Après une "croisière" peu agréable de 28 jours (lire ci-dessous) , la plupart des filles regagnèrent Nashville et se remirent au "travail".

     

    Le curieux voyage de l'Idaho :

    En juillet 1863, le général Rosecrans réquisitionna un nouveau navire de transport de passagers, l'Idaho, du capitaine Newcomb. On ordonna à ce dernier de transporter toutes les prostituées de Nashville jusqu'à Louisville. Newcomb protesta mais dut embarquer les 111 filles que l'on rafla dans la ville. Sans escorte militaire et avec seulement trois membres d'équipage, le capitaine entama son drôle de voyage inaugural.

    Afficher l'image d'origine

     

    Dès qu'il s'ancrait quelque part, l'Idaho était pris d'assaut par des soldats qui arrivaient de partout à la nage. Impuissant (?!) Newcomb regardait alors les dégâts que les filles ivres et les soldats qui ne l'étaient pas moins , causaient à son bâtiment. Quand il parvint à Louisville il fut envoyé sur Cincinnati, de là à Newport (Kentucky) ou il fut renvoyé sur Louisville qui le renvoya à nouveau sur Nashville !

     

    Pendant tout ce temps, vingt huit jours de « croisière », il ne fut jamais admis à quais. Il perdit son bateau et toute la nourriture et les médicaments pour ses « passagères ». Les 4 300 $ qu'il réclama en dédommagement aux autorités fédérales lui furent payées ...en 1866 ! L'Idaho devait resté dans l'histoire comme « le bordel flottant » ...

     

     

    Fin 1863 les autorités fédérales de la ville "prennent en charge" la prostitution locale, fournissant des licences aux filles ayant passé l'inspection conduite par le corps médical afin de dépister les maladies sexuellement transmissibles et les traiter.

    Celles qui refusaient de se plier à la règle étaient emprisonnées jusqu'à ce qu'elles obtiennent le certificat de "bonne santé". Apparemment le système s'avéra efficace; au 30 avril 1864, 352 filles étaient licenciées et 92 en traitement.

     

    Devant le succès de l'opération, on étendit le contrôle aux prostituées de couleur. II semble que les manières et l'apparence des filles concernées se soit améliorées suite à ce programme sans précédent.

     

    De part les garanties de sécurité et le confort qu'il offrait, il attira même, venant des villes du nord, de nombreuses "Cyprians" de la meilleure classe à Nashville …

     

    L'hôpital N° 11 qui traitait les filles fut surnommé "la maison du fléau" . Au 31 janvier 1865, 207 femmes y étaient en cure. Au 31 décembre 1864, sur les 1 000 premiers soldats traités dans l'hôpital N° 15 (celui qui accueillait les yankees atteints ), seul 30 avaient contractés la maladie à Nashville, ce qui atteste de l'efficacité du système instauré sur place, mais aussi de l'échec ailleurs, Memphis exceptée, ou une opération similaire de légalisation et de contrôle de la prostitution connut un certain succès là encore.. Bien sur, une fois la guerre terminée, ces expériences furent arrêtées…

     

     

    A gauche, Licence délivrée à Anna Johnson par les autorités militaires US à Nashville
    en 1863, afin "d'exercer sa vocation ", l'absence de ce document étant passible d'au moins 30 jours de prison...
    (National Archives)

    A droite, la prostituée Bettie Duncan a satisfait à l'examen de santé hebdomadaire, le 30 décembre 1863.
    (National Archives)

     

    En règle général, la prostitution pendant la guerre de sécession est largement tolérée car reconnue comme un mal , mais comme un mal nécessaire , tout comme dans la société victorienne en temps ordinaire d'ailleurs. Les appétits charnels (des hommes uniquement bien sûr) étant bien connus, ils doivent être apaisés.

     

    En offrant aux soldats un dérivatif à leurs frustrations, les prostituées contribuaient ainsi à préserver la si précieuse vertu des femmes respectables que l'on pensait , à tort ou à raison, en grand danger !

    P.AILLIOT
    (cet article est paru dans le numéro 66 du « Courrier de la guerre d'Amérique »
    revue interne du Club Confédéré et Fédéral de France)

     

    Sources :

    « Sex in the CW » T.P. Lowry
    « Life of Billy yank » & « Life of Johnny reb » I.B.Wiley
    « Bonnet brigade, women in the CW » M.E Massey
    « la prostitution dans les armées CS », S.Noirsain CHAB
    « The CW bawdy houses of Washington DC » T.P Lowry

    « Prostitution in mid XIXth century America » E.A Topping

     

    Quelques termes d'époque en matière de prostitution

     

    Brothel (bordel) :

    House of ill repute (maison de mauvaise réputation), Sporting house (maison sportive), Temple of Venus (temple de Vénus), Den of Vice (antre du vice), Disorderly house (maison déréglée)


    Condoms (préservatifs) : French letters (lettres françaises), French male safes (sureté française des mâles), french secrets (secrets français ) !!!


    Female genitals (organes génitaux féminins) : The box (la boite), pandora's box (la boite de Pandore)


    Prostitutes (prostituées) : degraded daughters of Eve (filles déchues d'Eve), Soiled Doves (colombes souillées), Fallen Women (femmes déchues), Daughters of Pleasure (filles de plaisir) , The fair but frail (belle mais fragile), Immoral temptress (tentatrice immorale), Aspasia, Girl on the town (fille sur la ville), The unfortunate children of sorrow (les infortunés enfants de la peine), bawds (les paillardes)


    Prostitution : The great social evil (la grande diablerie sociale), the horizontal trade (le commerce horizontal), the frail sisterhood ( la frèle fraternité), the practice of debauchery (la pratique de la débauche), criminal connection (relation criminelle)


    Veneral disease (Maladie vénérienne) : Social disease (maladie sociale, pour les hommes), the bad disorder (le mauvais désordre), the frightful physical malady (l'effroyable maladie physique), the private disease (la maladie privée, pour les femmes)

     

    SOURCES

     

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    Édouard 7 et sa fameuse chaise de volupté

     

    Édouard 7 et sa fameuse chaise de volupté

     

    Le roi d’Angleterre Édouard VII est mort le 6 mai 1910.

    Ce roi est très populaire en France (vous pouvez relever le nombre d’hôtels, de places, de théâtres... qui porte son nom un peu partout en France).

     

    Amoureux de la France (il passera ses vacances à Biarritz),

    il fut le principal acteur de la réconciliation entre la France et l'Angleterre en conflit pour des différents coloniaux.

     

    En effet, en 1903, il décide de rencontrer le président français. Son arrivé s'effectue sous les hués du peuple français mais le pittoresque du roi, sa bonhomie, ses manières simples et sa courtoisie sans façons ont séduit les Français.

    Il a conquis le cœur de la population.

    Il faut dire que ce roi connaissait la France.

     

    Dans sa jeunesse, en tant de prince de Galles, il y a séjourné plusieurs fois à Paris et fréquenté les théâtres, les cabarets ainsi qu'un haut lieu de la galanterie 

     « le Chabanais »

     

    - Dieu seul sait quels souvenirs il en garde…

    Client de cette maison close,

    il avait fait installer un mobilier personnel et… particulier.

     

    Dans une grande baignoire de cuivre rouge ornée d’une sphinge aux attributs déployés, le futur roi barbotait dans du

    champagne Mumm cordon rouge tout en se faisant dorloter.

     

    Autre meuble célèbre due à l’imagination d’Edouard VII, une chaise « de volupté » fabriquée spécialement dont je vous laisse en imaginer l’usage.

    Petit anecdote concernant cet établissement.

    On raconte que lorsqu’un hôte de marque désirait visiter les lieux,

    son programme officiel mentionnait :

    « Visite au président du Sénat ».

     

    Un membre du protocole ne comprit pas l’allusion et plaça un jour cette visite sur le programme de la reine mère d’Espagne.

     

    On dû en catastrophe organiser une véritable visite au président du Sénat, qui n’en demandait pas tant !

     

     

     

     

    Ce fauteuil des voluptés, qui provient de l'une des plus célèbres maisons closes de Paris, sera exposé 
    Parmi les six cents œuvres caractéristiques de cette Belle Époque, nul doute que l'élue s'arrêtera devant un meuble étrange, dont l'usage s'est perdu.
    Se fera-t-elle photographier devant?
    On ne le lui conseille guère.
    Un socle de bois doré bien rembourré,
    surmonté d'une selle pareillement confortable, six accoudoirs,
    quatre pieds et un tissu japonisant.
    Qu'est-ce donc que ce schmilblick?
    Les plus perspicaces trouveront quelque ressemblance
    avec un siège gynécolo­gique ou une chaise d'accouchement.
    La fonction se révèle en réalité autrement plus sensuelle.
    «Il s'agit d'un “fauteuil de volupté”»,
    glisse Dominique Lobstein, historien d'art et co-commissaire de l'exposition.
    Lorsqu'on y regarde de près, on n'ose
    inventorier les combinaisons, genre Kamasutra, qu'il offre.
    «Il a appartenu à Édouard VII, prince de Galles et fils de la reine Victoria, poursuit le spécialiste.
    chabanais-edouard-vii.1236849411.jpg
     
    C'était un habitué du Chabanais jusqu'à ce qu'il soit couronné
    souverain du Royaume-Uni et empereur
    des Indes en 1901, à 60 ans.»

    Pour de pacifiques joutes

    chabanais.1236849520.jpg
    Le Chabanais?
    «Une maison close installée au 12 de la rue du même nom,
    dans le IIe arrondissement, et fondée en 1878 par une Irlandaise.
    C'était un des lieux galants les plus huppés du Paris fin de siècle.
    Une chambre était réservée en permanence au prince.
     
    Il l'a fait doter de deux accessoires
    originaux adaptés à sa taille et surtout à son poids:
     
    une baignoire de cuivre rouge en forme de cygne à la proue de sirène qu'on remplissait de champagne avant usage, et ce meuble.
    Conçu et réalisé par Louis Soubrier, artisan du faubourg Saint-Antoine,
    il pouvait réunir pour de pacifiques joutes le royal héritier
    et deux ou trois employées
    de la maison sans qu'il ne déroge à son rang…
    puisqu'il s'installait sur la partie supérieure.»
    Édouard était surnommé «Bertie» par ses favorites,
    choisies parmi vingt à trente-cinq pensionnaires.
    Afficher l'image d'origine
    Certaines avaient connu intimement Pierre Louÿs, 
    Guy de Maupassant, Charles Ier du Portugal,
    le prince des Indes britanniques ou encore quantité
    de membres du Jockey Club.
     
    Le Chabanais a connu son heure de gloire le 6 mai 1889.
    L'inauguration de l'Exposition universelle s'était poursuivie entre ses tentures.
    Ministres et ambassadeurs du monde entier s'y étaient donné rendez-vous. Sur leurs agendas,
    cette «virée» était renseignée comme une «visite au président du Sénat».
    Le scooter n'existait pas encore…
    Ce plus célèbre des lupanars,
    devant le One-two-two, le Sphinx, La Fleur blanche,
    La Rue des Moulins et Chez Marguerite, a reçu un prix pour sa chambre japonaise lors de l'Exposition universelle de 1900.
    On y trouvait aussi la chambre Louis XV, la chambre hindoue, la Directoire, la médiévale et la chambre mauresque.
    L'ensemble des décors fut vendu après la ferme­ture,
    en 1946, à l'occasion d'une vente aux enchères en 1951.
    L'actuel propriétaire du «fauteuil de volupté» tient à conserver l'anonymat.
    «Paris 1900, la ville spectacle», Petit Palais,
     http://levidegrenierdedidou.blogspot.fr/2014/02/edouard-vii-bien-remis-en-sellece.html
     
     
     
     
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    Les Tuileries et les galeries du Palais-Royal sont le centre de la prostitution parisienne au XVIIIe siècle. Au cours du XIXe siècle, les maisons closes s’éparpillent dans Paris, notamment sur les grands boulevards où foisonne la vie ainsi que dans les passages couverts à l’architecture moderne et à la forte fréquentation, où tout se vend et tout s’achète. Les galeries du Palais-Royal sont peu à peu délaissées.

     


    16 rue Blondel, Paris, France, octobre 1920
    Autochrome de Frédéric Gadmer, Inv. A 24050
    © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

     

     

    L'architecture de la maison borgne

     

     

     

    Les maisons closes ou borgnes tiennent leurs noms de leur architecture spécifique : tournées vers l’intérieur, elles présentent des façades dépouillées et neutres, aux fenêtres souvent grillagées ou masquées pour empêcher les femmes de racoler.

      

    En revanche, l’intérieur est très soigné et les décors théâtraux, la maison s’articule autour d’un escalier central desservant tout l’immeuble entièrement consacré à la prostitution.

      

      

      

      

    Au-dessus de la double-porte d’entrée se trouve la mythique lanterne rouge, héritée des lupanars antiques, éclairant le numéro à la nuit tombée.

      

    Certaines maisons portent parfois une enseigne. Les immeubles occupés par les maisons borgnes ne sont souvent large que d’une seule pièce, les rendant immédiatement reconnaissable depuis la rue.

      

    Ne donnant aucune vision directe sur l'intérieur depuis la rue, la porte d'entrée s'orne parfois d'éléments de décor attrayants tandis que les clients quittent l'endroit par une porte dérobée.

     

            
      

     

     

    Une pratique répandue

     

      

    Au XIXe siècle, la maison close est un endroit chic que les hommes d'affaires comme les étudiants côtoient sans se cacher. 200 établissements officiels, contrôlés par la police et des médecins sont recensés dans Paris.

      

    L'Etat profite du commerce en prélevant par l'intermédiaire du fisc, 50 à 60 pour cent sur les bénéfices.

      

    Entre 1870 et 1900, 155 000 femmes sont déclarées comme prostituées ; à ce nombre s'ajoutent de nombreuses femmes qui pratiquent la prostitution clandestine.

      

    En 1911, la police autorise les « maisons de rendez-vous », moins identifiables de l’extérieur, où les prostituées ne vivent pas mais viennent seulement travailler.

      

    chabanais entrée.jpg

      

      

    Ces établissements modernes font la satisfaction d’une clientèle aisée et discrète dans les années 20.

      

    Parallèlement à ces maisons officielles, on trouve des cafés à serveuses

    « montantes » ou des instituts de bains et de massage à la prostitution déguisée. Mais il existe un type de maison close destiné au bas de l’échelle sociale, les maisons d’abattage.

      

      

    Soumises à la même réglementation que les maisons closes classiques ou luxueuses, le travail s’y effectue à la chaîne. La clientèle est constituée d’ouvriers ou de soldats. Les plus grandes de ces maisons peuvent faire travailler jusqu’à 50 femmes soutenant un rythme effréné (chacune peut recevoir plus de 20 clients par jour).

     

     

     Rue Blondel

     

    Et réglementée

     

     

    La prostitution est soumise à une réglementation qui s'élabore au fil des ans. En 1796, Napoléon institue un registre de la prostitution, quelques années plus tard en 1802, la visite médicale devient obligatoire.

      

    La légalisation de la « tolérance » et des maisons closes se précise en 1804 : une brigade des mœurs contrôle les filles et les maisons. Les prostituées doivent alors s'inscrire d'abord à la préfecture et ensuite dans une maison. Les filles des rues sont dites « en carte », celles des maisons closes sont dites « à numéro ».


    Le règlement détaillé édité en 1823 par le préfet de police Dubois reste inchangé jusqu’en 1946.

     

     

     

     

    Hygiénisme et moralité

     

      

    La mise en place d’un système de tolérance implique une surveillance sanitaire dès la fin du XIXe siècle.


    Au début du XXe, la propagation des maladies vénériennes, dont la syphilis, alerte les autorités : les débats portent à la fois sur les questions d’hygiène et sur la moralité, remettant en cause la réglementation existante considérée comme hypocrite.

     

     

    Rue Sainte Appoline

      

      

    Le Comité national d’Etudes sociales et politiques créé par Albert Kahn se penche sur ces questions et publie plusieurs rapports en 1928.

     

    L’idée de l’abolitionnisme fait son chemin et le 13 avril 1946, le projet de loi sur la fermeture des maisons closes initié par l’ancienne prostituée Marthe Richard est finalement voté.

     

    1500 établissements, dont 180 à Paris, ferment leurs portes.

     

      

      

    Persiennes et gros numéros

     

      

    L’image codifiée de la maison close est ancrée dans la mémoire collective, peu modifiée en un siècle et demi d’existence officielle : gros numéros, persiennes et lanternes rouges ont été fixés et diffusés par les artistes, observateurs ou amateurs de ces paradis artificiels.

     

     

      

    L’évocation des maisons closes et des lieux de plaisir peuple le monde de l’artà l’entre deux guerre, assouvissant l’infini besoin d’étourdissement et de jouissance qui caractérise cette période.

     

     

    La crise de 1929 met fin à ces années vouées aux plaisirs légers.

     

     

     

     

      

    http://albert-kahn.hauts-de-seine.net/archives-de-la-planete/dossier/maisons-closes/

     

     

    photos google

     

     

    Jetons pour maisons closes.

    http://www.delcampe.fr/items?catLists%5B0%5D=9492&language=F&page=1&useAsDefault=N&buyingFormatForm%5Bsale_type%5D=sale_type_auction&sortByForm%5Bsort%5D=date_fin_ASC

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    La pudeur leur va si bien quand elles en ont, si bien

    quand elles n’en ont plus, que je ne conçois

    guère de femmes qui ne désirent pas en avoir

      

    (Paul MORAND).

    article écrit par Nadine
         ----------------------------------

     

     

    Le XIXè siècle en France voit monarchie et république se succéder avec leur cortège de turbulences et d’abominations.

      

    C’est le siècle de la pudibonderie et de notre Code civil ou Code Napoléon.

    Alors que la noblesse et le clergé s’affaiblissent, la bourgeoise s’affirme et stimule l’avancée industrielle du siècle.Les mentalités évoluent et la science progresse dans tous les domaines.
     
    Les lois "Ferry" de 1881 et 1882 rendent l'école laïque,
    obligatoire et gratuite.
     
    La France étend son influence sur la planète.
      
    Elle annexe la Nouvelle-Calédonie en 1853, où seront déportées les premières femmes en 1872 et les dernières en 1897.
     
    Toutefois leur départ volontaire est « encouragé »
    puisqu’aux termes de la loi de 1854,
     
     
    "les femmes condamnées aux travaux forcés ne sont pas astreintes à la transportation".
     
     
     
    Ce siècle se révèle être d’une profonde instabilité politique. Le progrès économique n’aura pas entraîné dans son sillage le progrès social et si de nouvelles classes sociales fascinent, d’autres sont discréditées.
      
    Les « filles de noces » en sont.
     
    La bourgeoisie rayonne et, hypocrisie morale oblige, une réglementation de 1804 attribue une existence légale aux maisons closes.
     
    Il faut comprendre que les prostituées tant décriées intéressent fortement ces messieurs de la bourgeoisie.
     
    Dans l’aristocratie, ou ce qu’il en reste, ce sont les pères qui invitent leurs fils à se rendre auprès de courtisanes pour affirmer leur virilité.

     

    Les maisons de luxe réputées, qui reçoivent entre autres les hommes politiques, considèrent fort bien leurs pensionnaires qui doivent avant tout rester élégantes et distinguées. Ces dernières ne sont pas subordonnées à une cadence,

    c’est-à-dire tenues à un nombre élevé de passes.

     

     

    A l’inverse, existent les « maisons d’abattage », où les conditions de travail sont bien souvent sordides.
     

    Les pensionnaires peuvent être amenées à effectuer 100 passes par jour.

      

    Ces derniers établissements fonctionnent sous l’autorité des municipalités.

     

    Flaubert (1821-1880), fils de famille bourgeoise, décrit fort bien cette situation à travers ses analyses psychologiques, entre autres dans « Madame Bovary » et « L’éducation sentimentale ».
     
    L’article 2 de la loi de 1829 interdit de pratiquer cette activité hors de lieux clos, mais les prostituées résistent fort bien à cette restriction.

    Néanmoins en cas de désobéissance, des punitions administratives sont élaborées et la prison ou l’infirmerie-prison sont le passage obligé pour de très nombreuses prostituées clandestines.

    Dès 1833, un nouveau courant de pensée est animé par Claire Démar. 
     
     
     
     

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle

     

      

      

    Son « Appel au peuple sur l’affranchissement de la femme » dénonce une prostitution légale de la femme à travers l’institution du mariage.

    L’opinion publique scandalisée réagit vivement et elle est aussitôt taxée d’immoralisme. A peine la trentaine abordée, elle se suicide d'une balle dans la tête la même année.

     

     

    Nonobstant, des pétitions en faveur du rétablissement du divorce circulent.

    A deux reprises les députés votent en faveur de la loi qui est néanmoins rejetée par la Chambre des pairs.

     
      
      
      
      
    Ce XIXè siècle jette un double regard sur la prostitution :
    «admiration/répulsion », l’éternelle dualité.
     
     
    D’une part, il y a la peur exacerbée du péché et de l’enfer; de l’autre le plaisir de la chair qui reste irrésistible.

      

      

    La société est alors très influencée par la religion, et parallèlement la science a découvert que la nature pouvait aussi détruire.

      

    Or la femme véhicule la syphilis.

     
      
    A Paris, les malades affluent à l’hôpital de Lourcine, qui sert également d’asile aux enfants dont les parents meurent du choléra.
     
      
    L’établissement prendra le nom d’hôpital Broca vers la fin du siècle et une annexe sera construite et réservée à la gynécologie.
     
     
     
    Décédé de syphilis en 1893, Maupassant laissera à la postérité quelques ouvrages réservés à la condition des prostituées qu'il célèbre... "Boule de Suif", "Mademoiselle Fifi", et… "la maison Tellier" dont je vous propose de parcourir un court passage que je perçois d’une délicatesse raffinée, presque émouvante.
     
     
     

    "Madame" dans la maison Tellier

     

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle

     

     

     

     
      
    «On allait chaque soir, vers onze heure, comme au café, simplement.
    Ils s’y retrouvaient, à six ou huit, toujours les mêmes, non pas des noceurs, mais des hommes honorables, des commerçants, des jeunes gens de la ville ; et l’on prenait sa chartreuse en lutinant quelque peu les filles, ou bien on causait sérieusement avec Madame, que tout le monde respectait.
    Puis, on rentrait se coucher avant minuit.
      
      
      
    Les jeunes gens quelquefois restaient.
     
      
      
    La maison était familiale, toute petite, peinte en jaune, à l’encoignure d’une rue derrière l’église Saint Etienne ; et, par les fenêtres, on percevait le bassin plein de navires qu’on déchargeait, le grand marais salant appelé La Retenue, et, derrière, la côte de la Vierge avec sa vieille chapelle toute grise.
      
      
    Madame, issue d’une bonne famille de paysans du département de l’Eure, avait accepté cette profession absolument comme elle serait devenue modiste ou lingère.
      
      
    Le préjugé du déshonneur attaché à la prostitution, si violent et si vivace dans les villes, n’existe pas dans la campagne normande.
     
    Le paysan dit : « c’est un bon métier », et il envoie son enfant tenir un harem de filles comme il l’enverrait diriger un pensionnat de demoiselles.
    …/…
     

    C’étaient de braves gens qui se firent aimer tout de suite par leur personnel et des voisins. Monsieur mourut d’un coup de sang deux ans plus tard.

    Sa nouvelle profession l’entretenant dans la mollesse et l’immobilité, il était devenu très gros, et la santé l’avait étouffé ».

     

    Néanmoins il m’apparaît utile de mettre un bémol sur cette description presque idyllique dans la mesure où les prostituées qui évoluaient en « maisons de tolérance », telle la maison Tellier, vivaient sous la dépendance de la tenancière de l’établissement.

      

      

    Cette dernière conservait leurs papiers et argent mais surtout contrôlait leurs sorties qui restaient rares.

    Un code vestimentaire est toujours présent.

      
      
    Quand bien même ce XIXè siècle n’impose plus de couleurs aux prostituées, il n’empêche que le choix du jaune, tant dans les peintures réservées aux pièces des bordels que dans la couleur des textiles, fait toujours autorité.
      
      
      
      
    Le port d’une ceinture dorée par les prostituées aussi.
      
      
    Il leur est seulement interdit de porter des couleurs trop voyantes et en cas d’infraction, elles risquent l’incarcération.
     
     
    Néanmoins, il est de bon ton qu’elles aient la tête et les épaules couvertes de manière à attirer le moins possible les regards.
      
    Le port du châle semble tout indiqué.

      

      

    En évoquant la prostitution dans « Paris, ses organes, ses fonctions et sa vie jusqu’en 1870 », Maxime Du Camp ne fait-il pas état de

      

    « …Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée... »

     

    Le port du châle par des gourgandines pose un problème de tolérance dans cette société qui en a fait un accessoire vestimentaire porté par la plupart des "honnêtes femmes".
     
    C’est aussi un produit de luxe, symbole de la bourgeoisie, et il est porté hiver comme été.
     
     
     
     

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle

     

     

     

    Les prostituées demeurent sous la surveillance de la police et des médecins qui les soumettent à une visite médicale hebdomadaire.

    Cependant de très nombreuses « filles de noces » opèrent dans la clandestinité et échappent de ce fait à ces mesures. Souvent elles ne sont qu’occasionnelles, telle Nana de Zola.

     

    Sous couvert de conserver leurs autorisations d’exploitation administratives, des signes distinctifs doivent permettre aux établissements d’être reconnus : lanterne sur la façade, vitres opaques ou persiennes verrouillées et porte d’entrée surplombée d’un numéro aux dimensions extravagantes.

      

     

    En fait c’était surtout la hauteur des chiffres qui pouvait atteindre 60 cm, qui déterminait l’activité exercée à l’intérieur de l’immeuble, un peu comme une affiche publicitaire.
     
     
     
    Le Code civil voit le jour, et établit des statistiques. Les prostituées déclarées ou clandestines n’y échappent pas et des fichiers descriptifs sont constitués.

     

    A Paris, la prostitution se répand partout et les règles vestimentaires ne font plus autorité.

    La prostitution "française" s'étend extra-muros. Dès 1831, la France institue des quartiers de prostitution à Alger mais également dans ses autres colonies africaines.

     

    Honoré de Balzac, éternel amoureux et observateur de femmes s’il en est, qualifie ce style brouillé qui ne permet plus vraiment de déterminer l’activité sociale ou morale dès le premier regard, de « macédoine sociale ».
     
     
    L’auteur de la Comédie humaine, traduit fort bien son émotion à travers ses nombreux romans et notamment dans « La fille aux yeux d’Or », où la malheureuse Paquita Valdes est vendue par sa mère aux fins de prostitution ; pratique courante au XIXè siècle.
     
     
     
    A travers Eponine dans les Misérables, mais également "Notre-Dame de Paris" ou "Marion Delorme", célèbre courtisane du XVIIè siècle portée au théâtre, son ami Victor Hugo pointe du doigt l’hypocrisie démesurée de la bourgeoisie tout en attribuant une certaine morale à bien des prostituées.

     nine (Les Misérables - Victor Hugo)

      

      

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle

     

     

     

    "Marion Delorme" - Pièce de Victor Hugo

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle

     

    Dans l’Europe industrielle de ce siècle, les ouvriers sont très mal payés et leurs conditions de travail, pénibles voire atroces.

    La condition des ouvrières, surtout célibataires avec enfant(s) est encore pire, car leur salaire est moindre que celui des hommes.

    La vie misérable des familles pousse de nombreuses femmes à la prostitution occasionnelle qui leur confère quelques revenus d’appoint pour palier à la faim et/ou à l’éducation des enfants.

    La misère est parfois telle que ce sont les parents qui poussent leurs enfants à se prostituer.

     

    Sous menace de licenciement ou de maltraitance, le "droit de cuissage" est rétabli par quelques patrons voyous, chefs d'ateliers mais aussi fils de patrons voyous, et pour bien des jeunes femmes, il est plus rentable de se prostituer que d’aller travailler.

    L’impunité est assurée pour ces gougnafiers, dans la mesure où les femmes n’osent ou ne peuvent réagir.

     

    Comble de l’hypocrisie, apparaît une distinction entre prostituées.

    D’une part, il y a la « bonne prostituée », qui se consacre à cette activité parce qu’elle est dans la misère et qu’elle n’a pas d’autre ressource pour se nourrir ou pour nourrir ses enfants.

    Et d’autre part, il y a la « mauvaise prostituée », celle qui opère par « vocation », qu’elle soit courtisane ou fille de joie dans un bordel.

     

    Julie LEBOEUF (1838-1886), célèbre courtisane parisienne et artiste de théâtre mieux connue sous le nom de Marguerite Bellanger, « Saumuroise de petite vertu, artiste au talent limité et à la rouerie certaine » déclareront certains, deviendra dans les années 1860 la maîtresse de Napoléon III.

    Le caricaturiste Paul Hadol en a fait une chatte dans sa série de caricatures sur la « Ménagerie impériale ».

     

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle


     

    Il est toutefois cocasse de lire qu’elle avait dû obtenir une autorisation de la préfecture de Paris pour pouvoir porter un costume d’homme.

      Le XXè siècle jette l’Europe et le monde dans une tourmente infernale.Guerres, affrontements idéologiques, crises financières et économiques ponctuent la marche du siècle et les morts se comptent dorénavant par million.
     
    La science et la médecine font des avancées considérables, assistées en ce sens par les performances remarquables de la technologie.
     
     
    Début XXè s à Paris - French cancan
     
     
     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle
     
     
    La flambée de la prostitution pendant la première guerre mondiale amène les autorités à prendre des mesures fermes.
     

    Les prostituées déclarées sont « mises en carte ». Aujourd’hui on utiliserait le mot « fichées ».

    Au début du siècle, arrivée ou déménagement dans une ville doit être déclaré au commissariat.
    Il est interdit aux prostituées d’habiter à proximité des églises ou des établissements scolaires et elles ne peuvent plus circuler sur la voie publique après le coucher du soleil.
    Elles n’ont pas le droit de se rendre au théâtre ou au concert.

    Il faut préciser que ces mesures ne font pas l’objet d’une réglementation nationale.

    Elles sont prises à la discrétion des municipalités et laissées à l’arbitraire des services de police, ce qui explique que la pratique de la prostitution est rendue plus ou moins facile et accessible d’une ville à une autre.

    Il n’empêche que les prostituées sont nombreuses à négliger les règles imposées, et dans bien des endroits, la police perd rapidement leur trace.

    Le racolage est interdit, mais cependant indispensable à l’exercice de la profession.
    Ceci a pour conséquence de maintenir les prostituées à la merci des services de police.
     
    Selon un principe puéril « ce qu’on ne voit pas, on ne sait pas », la société se satisfait donc d’une prostitution encadrée et réglementée.
     
    Considérant ces pratiques non opposables à la loi naturelle et aux textes sacrés, l’Eglise catholique ne les condamne pas. On peut regretter qu’elle les ait toutefois légitimées.
    L’autorité de l’Eglise fait force de loi jusqu’au XVIIIè siècle, et même en ce début de XXè siècle, oser contester cette « vérité » fait figure d’impiété.

     

    Un courant abolitionniste a émergé et en 1926 Marcelle LEGRAND FALCO fonde l’« Union Temporaire contre la Prostitution Réglementée et la Traite des Femmes », qui va exiger des enquêtes sur les abus et sévices commis par des soldats sur les femmes employées dans les « bordels militaires de campagnes » (BMC), et qui étaient recrutées dans les colonies d’Afrique du Nord.
     

    Le mouvement abolitionniste obtient des succès et sa lutte aboutit à des accords internationaux en 1904, 1910, 1921 et 1933 suivis de mesures prises par la Société des Nations en 1927 et 1932.

     

    Conformément aux progressions acquises, la législation évolue favorablement après la seconde guerre mondiale.

    En 1946, est votée en France la loi Marthe Richard, du nom d’une prostituée (1889-1982) ; loi qui s’attaque aux formes sournoises de proxénétisme et qui aboutit à l’interdiction de l’exploitation de maisons closes. 

      

     

    Marthe Richard

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle  iellement cette loi ne mit pas fin à l’existence des maisons closes,

    pas pluu'elle n’entrava leur développement.  

     

     

     

     

     

    Marthe Richard, qui mena la campagne pour la fermeture des bordels en 1946.

     

    Se présentant comme une héroïne de la Résistance, elle fut démasquée plus tard comme un imposteur — en fait une ancienne prostituée et collaboratrice qui avait fourni des femmes aux Nazis.

     

    lien

     

    © Musée de l'Érotisme, Paris • Paris pour les pervers 

     

     

    La Déclaration des Droits de l’Homme
      
    intervient 2 ans plus tard sous l’égide des Nations Unies et le 2 décembre 1949 est signée la « Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui ».
     
     
    La France, pays des Droits de l’Homme, ne ratifie qu’en 1960 cette convention, cependant qu’aucune mesure d’interdiction de la prostitution ne l’accompagne.
    Curieusement, la loi sur le racolage passif est abrogée suite aux manifestations de 1975.
     
    Si le proxénétisme est interdit, la prostitution reste l’enjeu de nombreuses manifestations féministes qui dénoncent d’autres formes d’aliénation, notamment à travers les « échanges économico-sexuels ».

    A l’instar des Pays-Bas, plus modérément de la Belgique, et sous le principe très honorable de santé publique, l’idée de la réouverture de lieux destinés à la prostitution est régulièrement évoquée en France vers la fin du XXè siècle.
      
      
    Bernard Kouchner et Françoise de Panafieu s’en font les porte-paroles officiels.
     
     
     

     
     
    Parallèlement, plusieurs associations militent alors en France pour que les prostituées obtiennent la reconnaissance sociale et professionnelle de leur activité, et puissent à ce titre bénéficier de l’accès aux soins.
     
    Elles dénoncent les dangers du concept « prohibitionniste » en cours notamment en Suède et s’y opposent fermement tout en prenant acte du souhait de certaines prostituées de se regrouper en syndicat afin d’obtenir un statut.
     
    Néanmoins, conservateurs, parlementaires de Gauche et un nombre considérable d’associations féministes, souhaitent d’abord pénaliser les clients, et les amendements proposés vont en ce sens.
     
    Le monde politique est influencé par l’économie et le commerce de la prostitution qui ne concerne plus uniquement la femme.
      
    Les différents courants de parlementaires, français et européens, n’entendent pas se charger d’une réglementation ferme et incontournable à l'encontre des nouvelles formes d’exploitation sexuelle en expansion, mais préfèrent continuer à nourrir des ambiguïtés inavouables.

     

    Il faut noter que les 15, 16 et 17 octobre 2005, eut lieu à Bruxelles (Belgique) une « Conférence Européenne des Prostituées », qui a débouché sur la rédaction d’un manifeste et d’une déclaration des Droits des travailleurs du sexe.
     
    Il n’est toutefois pas permis de prêter aux élu(e)s et parlementaires une volonté ferme de mise en place de protections ou de réformes allant dans ce sens, dans la mesure où plusieurs pays européens, tels l’Allemagne, la Suisse, les Pays-Bas et l’Espagne entre autres, accepteraient l’ouverture de supermarchés du sexe sur leur territoire ;
      
    « sympathiques surfaces » où des femmes,
    toutes volontaires nous assure-t-on,
    seraient alors louées à l’instar de matériels ou machines.
     
     
     
     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle
     
     
     
     
    Prostitution légale et encadrée par des lois, maisons closes légale et encadrée par des lois  Prostitution légale et encadrée par des lois, mais les maisons closes sont illégales  Prostitution (échange d'argent pour des relations sexuelles) légale, mais pas réglementée, les activités organisées (maisons closes ou proxénétisme) sont illégales  Prostitution illégale-les prostituées sont punies par la loi  Les clients sont punis par la loi, mais pas les prostituées 

     

    Si vous n’avez déjà eu l’occasion de le faire, je vous invite à regarder le documentaire du cinéaste Patrick JEAN «La domination masculine »,
    sorti en novembre 2009.
      
    L’auteur déclarait alors :
     
    - «Je veux que les spectateurs se disputent en sortant de la salle.
      
    Peut-on croire qu'au XXIème siècle, des hommes exigent le retour aux valeurs ancestrales du patriarcat : les femmes à la cuisine et les hommes au pouvoir ?
      
    Peut-on imaginer que des jeunes femmes instruites recherchent un " compagnon dominant ? " 
      
     

    Dégageant cependant des budgets et des gains considérables, les très nombreuses associations de lutte contre le proxénétisme et la prostitution, les multiples productions cinématographiques traitant de la prostitution de la femme et de l’enfant, les campagnes publicitaires ou d’information, les animations en tous lieux et places de conférences, et l’extraordinaire abondance d’articles de presse ne semblent toujours pas contrarier ni contrer le puissant lobby pro-proxénétisme qui, sans la moindre retenue avance un argument d’une imbécilité et d’une perversité incommensurables, à savoir :

     

    - « Peut-on priver les personnes handicapées d’une vie sexuelle que seules les prostituées seraient susceptibles de leur servir ».
     
     
    Pour comprendre, il faut sans doute savoir que les lobbies du sexe constituent des puissances financières colossales cotées en bourse, et que par conséquent, ils ont les moyens de leur prétention.
     

    Lors d‘un récent débat public, un homme paraplégique avait répondu à cet argument irrecevable :

     

    - « Quel que soit mon handicap, je n’humilierai jamais une femme pour mon plaisir ».

     

    Que n'ai-je été sidérée d'entendre des élu(e)s « Verts » proposer une mesure de protection pour les prostituées; à savoir un centre contrôlé par les inspecteurs du Travail et de l’Hygiène, plutôt que le Bois de Vincennes.

    Cette réflexion dénote d’une sérieuse méconnaissance du dossier, mais aussi de l'ignorance de mesures semblables totalement inefficaces souvent prises par le passé, de la cruelle réalité du présent…et du nombre réel d’inspecteurs du Travail et de l’Hygiène encore sur le terrain en France.


    Même si en France on se satisfait d'une avancée timide de la législation dans le domaine parfois très controversé de la criminalité et délinquance sexuelles, on peut néanmoins vivement regretter l’interprétation fallacieuse qui en est trop souvent faite, que ce soit à l’échelle juridique ou morale, afin de dégager les puissants de ce monde de leurs responsabilités.
      
    Comme vous sans doute, je constate amèrement que nos Institutions se font trop souvent la complice passive de pratiques crapuleuses inavouables et intolérables.

    Nous sommes face à une image parfaitement abstraite de l'être humain qui est imposée à une société formatée.

     

    Tandis que le CDH belge (parti humaniste) a lancé une campagne contre la prostitution s’opposant fermement à la création d’Eros Center; le 13 avril 2011 en France, une énième mission d’information parlementaire de l’Assemblée Nationale sur la prostitution, qui précise en outre « qu’il ne s’agit pas d’emprisonner la majorité des clients » a rendu un rapport qui « devrait » déboucher sur une loi en 2012. Vœu pieu ? Oxymore ?
      
    Le «Lobby européen des Femmes » vient de lancer une campagne pour éradiquer la prostitution en Europe.
     

    Céline FREMAULT, députée bruxelloise et présidente des femmes du CDH, déclare :

     

    - «Le CDH veut réaffirmer que le corps n’est pas une marchandise et que la prostitution n’est pas un métier comme un autre. Nous considérons qu’elle constitue une atteinte à la dignité humaine et que c’est aussi une violence de genre. » 

      

     

    Pourtant il semble bien qu’une fois encore les sites pornographiques et autres escort-girls ne seront pas inquiétés.
      
    C’est la seule prostitution de rue qui est ciblée.
     
     
    sources
     
    http://www.come4news.com/la-prostitution-de-la-
    femme-du-xixe-au-xxi-e-siecle-809438
     
     
     
     
     
     
     
     
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    La prostitution mondaine, une valeur éducative

    du patriarcat traditionnel avant le mariage

     

     

    Quand la femme ne dispose d’aucun droits, que le seul travail qui lui est accessible est le commerce de son corps, ou que son statut social et sa sécurité familiale dépendent de son conjoint.

    L’hétaïre, idolâtrée au détriment de la mère

    L’hétaïre était une prostituée de haut rang dans la Grèce antique. Les hétaïres ne se contentent pas d’offrir des services sexuels et leurs prestations ne sont pas ponctuelles : de manière littérale, ἑταίρα / hetaíra signifie « compagne ».

     

    Elles possèdent généralement une éducation soignée et sont capables de prendre part à des conversations entre gens cultivés, par exemple lors des banquets.

     

    Seules entre toutes les femmes de Grèce, Spartiates exceptées, elles sont indépendantes et peuvent gérer leurs biens. La concubine reçoit des dons de quelques « compagnons » (hetairoi) ou « amis » (philoi), qui assurent son entretien, et à qui elle accorde ses faveurs. Aspasie, maîtresse de Périclès, est ainsi la femme la plus célèbre du Ve siècle av. J.-C. Elle attire chez elle Sophocle, Phidias ou encore Socrate et ses disciples.

     

    Selon Plutarque, « elle domin[e] les hommes politiques les plus éminents et inspir[e] aux philosophes un intérêt qui n'[est] ni mince ni négligeable ».

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    Une fortune bâtie sur leur sexe

    Certaines de ces hétaïres sont très riches. 

    Xénophon décrit Théodoté entourée d’esclaves, richement vêtue et logeant dans une maison de grande allure. Certaines se distinguent par leurs dépenses extravagantes : ainsi une Rhodopis, courtisane égyptienne affranchie par le frère de la poétesse Sappho, se serait distinguée en faisant bâtir une pyramide. Les tarifs des courtisanes varient beaucoup, mais sont substantiellement plus élevés que ceux des prostituées communes : dans la Nouvelle Comédie, ils varient de 20 à 60 mines pour un nombre de jours indéterminés. 

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    Ménandre mentionne une courtisane gagnant trois mines par jour soit davantage, précise-t-il, que dix pornai réunies.

     

    S’il faut en croire Aulu-Gelle, les courtisanes de l’époque classique vont jusqu’à 10 000 drachmes pour une nuit.

    Libre ou esclave

    Il est parfois difficile de distinguer les hétaïres des simples prostituées : dans les deux cas, la femme peut être libre ou esclave, autonome ou protégée par un souteneur.

     

    Les auteurs semblent parfois employer les deux termes de manière indifférenciée.

     

    Certains spécialistes se sont donc interrogés sur la réalité de la distinction entre hetaira et pornē ; on s’est même demandé dans quelle mesure le terme hetaira n’était pas un simple euphémisme.

    La concubine : entre l’épouse et la prostituée

    Concubine est un terme désignant à l’origine une femme vivant quasi maritalement avec un homme de statut plus élevé possédant déjà une épouse officielle.

     

    L’homme pouvant posséder une ou plusieurs concubines.

     

    Celles-ci sont financièrement soutenues par l’homme et leur descendance est reconnue publiquement, bien que de moindre statut que celle issue de l’épouse.

     

    Lorsque le concubinage est voulu (par la femme et/ou par sa famille) il est considéré comme une sécurité économique.

     

    Lorsqu’il est subi, il s’agit parfois d’esclavage sexuel, comme dans l’ancien Royaume du Népal, où les serfs devaient donner une de leurs filles à leur seigneur.

    Une mère porteuse assassinée après usage

    Dans la Bible, Abraham prend l’esclave Hagar comme concubine. Sa femme, Sarah, ne peut concevoir et lui offre Hagar pour lui donner un héritier.

     

    Abraham n’épouse pas Hagar, mais habite avec elle selon les lois juives de Pilegesh (Hebreu pour concubine). Après une première fausse couche, elle accouche d’Ismaël. Après qu’un miracle arrive à Sarah (elle devient fertile malgré son âge) et qu’elle conçoive et accouche d’Isaac, celle-ci demande à Abraham d’emmener Hagar et de l’abandonner dans le désert.

    Esclaves recluses au gynécée

    Dans l’Antiquité grecque classique (IVe et ve siècle av. J.-C.), Homère attribue à ses héros une seule épouse et une ou plusieurs concubines.

     

    L’épouse assure une descendance légitime, la concubine est chargée de veiller à l’exécution des tâches domestiques, l’une et l’autre vivent recluses au gynécée.

     

    La fidélité à l’époux est exigée, en effet, en cas de flagrant délit d’adultère, le mari trompé a le droit de tuer sur le champ son rival, sa femme ou sa concubine.

     

     

    La prostitution mondaine, une valeur éducative du patriarcat traditionnel avant le mariage

    Le reflet du statut social des hommes

    Dans la civilisation islamique, le sultan ou tout seigneur suffisamment riche pour posséder un harem, choisissait sa concubine parmi ses esclaves en principe non musulmanes. En Chine, pendant longtemps, le statut d’un homme se mesurait au nombre de ses femmes, épouses ou concubines. Dans la Chine impériale, des concubines jouent un rôle politique (comme Wu Zetian qui devint même impératrice). En 1949, les communistes ont interdit cette pratique ancestrale, signe pour eux de décadence bourgeoise. Au Siam (actuelle Thaïlande), les hommes pouvaient avoir plusieurs épouses, qu’ils pouvaient revendre, ainsi que leurs enfants.
     
    L’épouse principale ne pouvait être que répudiée, et au décès de son mari, elle héritait de ses droits sur les épouses secondaires.

    Une pratique toujours d’actualité

    En Chine, après deux décennies d’ouverture économique, les Chinois enrichis affirment à nouveau leur rang social en exhibant voitures, maisons, costumes et jolies jeunes femmes.

     

    Des villes comme Shenzen sont devenues des « villages de concubines ».

     

    Parmi ces femmes, des campagnardes pauvres du sud, des demi mondaines de Shanghai, et des concubines de luxe élevées dans la bourgeoisie fortunée.

     

    On estime à 100 000 le nombre de femmes entretenues, rien que dans l’une des province les plus touchées par le phénomène, celle de Guangdong, aux portes de Hong Kong.

    Les odalisques : des esclaves sexuelles vierges

    Une odalisque était une esclave vierge, qui pouvait monter jusqu’au statut de concubine ou de femme dans les sérails ottomans, mais dont la plupart étaient au service du harem du sultan. Le mot vient du turc odalık, qui signifie « femme de chambre », d’oda, « chambre ». En littérature, le terme désigne une femme de harem.

     

    Une odalisque n’était pas une concubine du harem, mais il était possible qu’elle en devînt une. Les odalisques étaient rangées au bas de l’échelle sociale dans un harem, car elles ne servaient pas le sultan, mais seulement ses concubines et ses épouses comme femmes de chambre privées.
     
    Les odalisques étaient généralement des esclaves données en cadeaux au sultan, même si certaines familles géorgiennes et caucasiennes  conseillaient à leurs filles d’entrer dans un harem comme odalisques, en espérant qu’elles pourraient devenir concubines de palais, esclaves préférées, ou épouses du sultan.

    L’objet sexuel du maître

    Normalement, une odalisque n’était jamais vue par le sultan, mais restait plutôt sous les ordres de la mère de celui-ci. Si une odalisque était d’une beauté extraordinaire ou possédait des talents exceptionnels pour la danse ou pour le chant, on l’entraînait pour devenir une concubine éventuelle. Si elle était retenue, l’odalisque servait au plaisir sexuel du sultan et c’est seulement ensuite qu’elle changeait de statut, devenant à partir de ce moment une concubine.

     

    Dans l’Empire ottoman, les concubines rencontraient le sultan une seule fois, sauf si leur adresse pour la danse, pour le chant, ou pour le lit leur méritaient son attention.

     

    Si de la rencontre d’une concubine avec le sultan s’ensuivait la naissance d’un fils, elle devenait une de ses femmes.

    Un fantasme artistique

    Dans l’Occident du XIXe siècle, les odalisques sont devenues des personnages souvent utilisés dans le mouvement artistique connu sous le nom d’Orientalisme, et on les rencontre dans un grand nombre de peintures érotiques à partir de cette époque.

     

    On peut citer La Grande Odalisque d’Ingres et Olympia de Manet comme exemples.

     

    Matisse aussi a représenté dans certaines de ses œuvres des odalisques. Dans l’usage populaire, le mot odalisque peut aussi faire allusion, à la maîtresse, la concubine, ou la petite amie d’un homme riche, ce qui est inexact étant donné que ces esclaves étaient vierges.

    La courtisane, femme de qualité, galante, scandaleuse…

     

    La différence entre une prostituée et une courtisane, elles sont plus lettrées (écrivaine, poétesse, philosophe, scientifique, actrice, chanteuse…), elles vivaient avec des hommes célèbres (écrivains, artistes…), politiques, riches hommes d’affaires, nobles (prince, comte, roi, empereur…), hommes d’église… La puissance et l’influence de certaines courtisanes peuvent arrêter ou déclarer une guerre, servir d’intrigue à la cours du Roi entre noble.

    L’argent, la célébrité, les titres de noblesse restent l’objectif premier de la courtisane et de faire oublier ce passé érotique, elles représentent le côté romantique et idéalisé de la prostitution. Alors que les autres « prostituées » vont avec le peuple, les soldats… et meurent souvent sans argent et de maladies sexuelles. C’est pourquoi elles ne sont pas considérées comme courtisanes.

    Certains nobles (XVIIIe et XIXe siècles) racontent avoir été ruiné par des courtisanes. Cependant les femmes de certaines époques ne pouvaient pas s’émanciper dans une société machiste religieuse, elles devaient commencer par des relations sexuelles (dite libertine) pour ensuite montrer leur intelligence à leurs contemporains.

     

    Le mot courtisane peut être employé comme un euphémisme pour prostituée. Il a notamment été employé dans ce sens du XVIIIe siècle jusqu’au milieu du XXe siècle, de même que celui de cocotte, particulièrement en vogue sous le Second Empire.

     

    Cet emploi semble venir du fait que les femmes haut placées à la cour des rois de France ont souvent été les maîtresses du souverain, d’où un glissement de sens de « courtisane » à « maîtresse intéressée », puis prostituée. Courtisane conserve cependant une connotation luxueuse qui en fait une catégorie à part dans le monde de la prostitution. Ainsi, Cora Pearl (1835-1886) entretenait une liaison avec le duc de Morny et Laure Hayman (1851-1932), avec le roi de Grèce ou l’écrivain Paul Bourget.

    Cocotte, les poules de luxe

    Les cocottes sont en France sous le Second Empire, des prostituées de luxe connues pour ruiner leurs riches amants en dépenses somptuaires (fêtes, bijoux, maisons, etc.). Par extension, le terme est employé aux époques suivantes, notamment la Belle Époque, au cours desquelles la cocotte tient sa place entre la courtisane et la prostituée.

     

    La demi-mondaine désignait à l’origine les femmes du monde tombées dans la prostitution puis a fini par désigner également les cocottes de basse ou haute condition.

     

    « Sentir, puer la cocotte » signifie sentir un parfum de mauvaise qualité comme ceux dont usaient les cocottes de bas étage et a donné le verbe « cocotter ».

     

     

     

     

    Plusieurs hôtels particuliers de Paris ont été construits pour des cocottes, comme celui de la Païva sur les Champs-Élysées. Le terme de demi-mondaine est également employé à cette époque ; ainsi peut-on citer Cora Pearl (1835-1886) avec le Prince Napoléon ou Laure Hayman (1851-1932) avec Karageorgévitch ou Paul Bourget. Nana, d’Émile Zola, décrit la vie et le destin tragique d’une de ces cocottes, qui rend fous d’amour et mène à la ruine les hommes puissants qu’elle rencontre.

     

    Pour certaines femmes du peuple, devenir une cocotte était aussi un moyen d’arriver à l’aisance financière avant de se ranger.

     

    Certaines ont su gérer leur fortune, d’autres sont mortes jeunes et dans la misère, d’autres enfin, comme Sarah Bernhardt, qui à ses débuts était une cocotte, sont devenues des actrices adulées.

    La demi-mondaine ou bigamie à la française

    En France, au XIXe siècle, le terme de demi-mondaine désignait les femmes entretenues par de riches Parisiens.

     

    Ce groupe social, jusque-là invisible, se manifesta bruyamment dans la presse, le théâtre et les réunions publiques à partir du Second Empire pour atteindre son apogée vers 1900 et disparaître pendant la Première Guerre mondiale.

     

    Le mot de demi-mondaine est issu du Demi-monde,

    titre d’une comédie qu’Alexandre Dumas fils publia en 1855.

     

    Ce terme désigna d’abord les femmes du monde tombées dans la prostitution puis fut appliqué à toutes les grandes courtisanes ayant pignon sur rue.

    « Ces messieurs étaient assez fortunés pour subvenir aux besoins d’une femme au foyer et d’une autre pour la galerie.

    En additionnant leur moitié avec une demie, ils réinventaient la bigamie. »

    La déniaiseuse des ducs

    Demi-mondaine parisienne d’origine anglaise, Cora Pearl, née en 1837, a écrit ses mémoires. Elle a été la maîtresse du prince Napoléon, le célèbre Plonplon, cousin de l’empereur Napoléon III. Une autre demi-mondaine célèbre, Laure Hayman, était la descendante du peintre Francis Hayman, le maître de Thomas Gainsborough. Elle compta parmi ses amants le duc d’Orléans, Louis Weil (grand-oncle maternel de Proust), le roi de Grèce, l’écrivain et académicien français Paul Bourget et Karageorgevitch, prétendant au trône de Serbie, qu’elle aima vraiment. Elle vivait des libéralités du financier Raphael Bischoffsheim. Elle était surnommée la « déniaiseuse des ducs »

     

    .« Les demi-mondaines peuplent les romans du XIXe siècle, surtout Balzac (Illusions perdues), Maupassant (Bel-Ami) et Émile Zola (Nana) ». Odette de Crécy chez Proust est l’exemple d’une demi-mondaine qui va devenir une grande bourgeoise (Mme Swann) puis une femme du « monde » (Mme de Forcheville).

    Expression : « S’offrir / entretenir / avoir une danseuse »

    Signification :

    • S’offrir / entretenir / avoir une maîtresse coûteuse
    • Consacrer par plaisir beaucoup d’argent à quelque chose ou quelqu’un

    Origine : l’Opéra, le « marché aux putains »

    Au XVIIIe siècle, les alentours des salles de spectacles étaient des endroits très fréquentés par les prostituées.

    On disait d’ailleurs de l’Opéra qu’il était le « marché aux putains ».

    Les mères vendent leurs filles ratées

    Mais si la prostitution avait cours à l’extérieur, au XIXe siècle, elle s’exerçait aussi à l’intérieur, les danseuses faisant commerce de leurs charmes (plus ou moins volontairement). Il n’était d’ailleurs pas rare, au foyer des artistes de l’Opéra, derrière la scène, de trouver des mères venant ‘vendre’ leurs filles, danseuses plus ou moins ratées, aux messieurs les plus offrants.

    Épouses et concubines : procréation et passion

    Mais alors que beaucoup de danseuses se contentaient d’effectuer des passes, certaines des plus cotées devenaient des maîtresses attitrées de messieurs de la haute société qui, laissant leurs épouses à leur domicile, s’affichaient volontiers avec leur proie à laquelle ils offraient un logement et train de vie généralement plus que décent.

    Et c’est de ces dépenses d’entretien de leur maîtresse danseuse que vient notre expression dont le sens, par extension, a évolué vers toutes les dépenses très, voire trop importantes consacrées à une passion.

    Théâtres, cabarets, actrices, chanteuses…

    Cela dit, l’Opéra n’avait pas du tout l’exclusivité des danseuses prostituées ou, dit plus élégamment au vu du beau monde qu’elles fréquentaient parfois et de la manière moins systématique avec laquelle elles faisaient commerce de leur corps, les courtisanes, la danse classique n’étant pas la seule touchée par ce phénomène ‘artistique’ qui concernait aussi bien les théâtres que les cabarets, les actrices que les chanteuses et danseuses. Il suffit de se rappeler de quelques noms célèbres comme Lola Montès, la belle Otero ou Liane de Pougy, pour ne citer qu’elles.

    « Je viens enfin de recevoir ta boîte merveilleuse de compas ! Tu es archi-fou, je t’assure que tu as besoin d’un conseil judiciaire. Je suis ta danseuse, ton écurie, ta collection, je te reviens à des prix fous. » – André Gide – Correspondance 1890-1942

     

     

     https://matricien.org/patriarcat/sociologie/prostitution/prostitution-mondaine/

     

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    Albums Reutlinger, Mata Hari, volume 39, vue 7

    Mata Hari, une vie romanesque
     
    Rien ne destinait Mata Hari à devenir une des figures mythiques.
    Née Margaretha Zelle dans une famille bourgeoise des Pays-Bas, elle aurait du connaître une existence rangée.
     
    A 18 ans, elle épouse un officier de marine qui a le double de son âge.
     
    Peu après le mariage, le couple s’installe à Java, prospère colonie néerlandaise où la jeune femme s’initie à la culture traditionnelle: elle apprend quelques rudiments de danse et de langue.
     
    En 1899, Margaretha perd son jeune fils, assassiné par la maîtresse de son époux.
     
    Rentrée en Europe suite à ce drame, elle obtient le divorce.
     
    Une nouvelle vie commence: elle doit subvenir à ses besoins.
     
    La prostitution la conduit en 1904 à Paris où elle se produit comme écuyère dans un cirque.
     

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    Voguant sur la mode de l’exotisme, elle se compose un rôle de danseuse orientale et profite de son teint basané pour se faire passer pour javanaise.
     
    Elle adopte alors le nom de Mata Hari (« oeil du jour »)
     
     
     

    Danseuse exotique, danseuse érotique

    En 1905, Mata Hari se produit lors d’une réception chez Madame Kiréevsky. Emile Guimet, collectionneur et érudit passionné par l’Extrême-Orient, admire sa danse sensuelle. Charmé par cette femme qui prétend connaître les danses cultuelles javanaises, il lui propose de se produire dans le musée qu’il a fondé.

    Quelques semaines plus tard, la bibliothèque du musée est transformée en éphémère sanctuaire de Shiva. Mata Hari interprète trois danses « brahmaniques ». Si la chorégraphie n’a rien de religieux, elle est éminemment érotique: « en l’honneur du dieu », la courtisane se dénude langoureusement. Sous couvert d’exotisme, Mata Hari vient d’inventer l’effeuillage.

    Anonyme, Mata Hari exécutant une danse brahmanique au musée Guimet, 1905

    Anonyme, Mata Hari exécutant une danse brahmanique au musée Guimet, 1905, RMN/Musée Guimet

    Légitimée par ce spectacle donné chez Guimet, Mata Hari devient la coqueluche de Paris. Toute l’Europe la réclame, tandis que les amants se succèdent dans son lit. Mais la gloire est de courte durée : Mata Hari est concurrencée par d’autres danseuses de plus en plus nues et par la modernité des ballets russes. En 1910, son heure de gloire est définitivement passée.

     

    Mata Hari, tome 39, vue 6

     

    Albums Reutlinger, Mata Hari, tome 39, vue 6, Gallica/BnF

     

    Une espionne de pacotille

    Désargentée, Mata Hari multiplie les amants. Elle aime beaucoup les militaires, quelque soit leur nationalité. L’appât du gain la conduit d’abord à espionner pour le compte de l’Allemagne. Éperdument amoureuse d’un jeune soldat russe blessé au front, elle cherche à obtenir un laisser-passer pour le rejoindre et accepte pour cela de devenir agent double pour la France (tout en réclamant un million de francs au passage!). Son manège est rapidement découvert par les Allemands, qui échangent alors des informations à son propos dans un code dont ils savent pertinemment qu’il est connu des Français.

    Mata Hari est arrêtée le 13 février 1917 à Paris.  Condamnée à mort après un procès bâclé, elle est fusillée le 15 octobre 1917 à Vincennes.  

     

    Mata Hari, dangereuse espionne?

     

    Si la question a fait couler beaucoup d’encre, tout le monde s’accorde à reconnaître aujourd’hui qu’elle a surtout été victime naïve de ses propres mensonges et des manœuvres politiciennes. Que ce soit aux français ou aux allemands, elle n’a jamais délivré d’information exploitable. Il semblerait même qu’elle n’ait pas vraiment pris au sérieux sa mission d’espionne, y voyant surtout une activité lucrative et susceptible d’ajouter à son mythe.

     

     

    Sacrifiée par les services secrets, abandonnée par ses (nombreux) amants, elle a surtout été une coupable idéale dans un contexte politique délicat. Son procès est instruit au lendemain de la tragédie du Chemin des Dames alors que l’opinion publique est obsédée par la crainte de l’ennemi de l’intérieur. Il faut au gouvernement une prise: belle et étrangère, Mata Hari est l’espionne parfaite pour remplir les colonnes des quotidiens.

    Albums Reutlinger, Mata Hari, volume 39, vue 6

    Albums Reutlinger, Mata Hari, volume 39, vue 6, Gallica/BnF

    Au lendemain de l’exécution, le corps autrefois si prisé de la belle, non réclamé, est confié à la fac de médecine pour dissection.

     

    Voici comment finit la plus exotique des courtisanes de la Belle Epoque.

     

     

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    SOURCES - Pécadille -  http://peccadille.net/2013/11/04/mata-hari-courtisane-danseuse-espionne/#more-3154- 
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