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       L’exposition à l’affiche au Musée d’Orsay

    « Splendeurs et misères, images de la prostitution », m’a fait découvrir une forme de prostitution dont on parle peu :

    celle des danseuses de l’Opéra.

     

     

     

    Au XIXème siècle, cette vie d’asservissement aux hommes menée par les ballerines est une réalité.

       Voici l’histoire peu recommandable (et peu enviable) de ces petits rats : loin de leurs glorieux instants sur scène,

    leur vie derrière le rideau

    Willard Leroy Metcalf The Ballet Dancers aka The Dressing Room.jpg

    L’Opéra, lieu de paraître

        Au début du XIXème siècle, dans l’imaginaire social, la danse demeure l’activité érotique féminine par excellence :

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    le corps est montré, les courbes mises en valeur.

     

    Difficile alors de dire si ces messieurs sont là pour apprécier les qualités artistiques des danseuses, où admirer la sensualité des corps ! Car oui, le public est essentiellement masculin…

     

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       L’Opéra de la rue de Richelieu, puis celui de la rue Le Peletier, puis enfin l’Opéra Garnier sous le Second Empire sont, depuis la fin du XVIIIème siècle, le lieu de rencontre du Tout-Paris.

     

    Cette « bourgeoisie triomphante », qui se compose essentiellement d’hommes, est à la recherche de reconnaissance sociale.

     

    Mais pas que !

       Avides de plaisirs, et parfois très fortunés, les jeunes gens du monde recherchent une société bien spécifique de femmes.

     

    Pas d’épouses mères de famille, considérées comme fécondes mais frigides et par conséquent inaptes au sexe : ce monde de divertissements et de plaisirs leur est tacitement interdit.

     

     

    Pierre-Auguste Renoir, Danseuse.jpg

    Ce sont plutôt de jeunes femmes libres de mœurs, sensuelles et libertines : les danseuses.

       Certes, dans ce lieu particulièrement propice aux galanteries qu’est L’Opéra, on ne rencontre pas que des ballerines !

     

    On y croise aussi des chanteuses et des cantatrices.

     

    Mais elles ont une réputation plus respectable, et ne tiennent pas à se mêler à ces petites ballerines sans morale.

       

     

    En effet, depuis l’Ancien Régime, les danseuses sont connues pour la légèreté de leur conduite.

     

    Mais ce n’est pas toujours par goût personnel pour le libertinage ! Dès leur plus jeune âge, poussées par des mères sans scrupules, ces jeunes filles s’enferment dans un terrible engrenage.

    Mlle Marconnier - Album Reutlinger (Gallica BNF)

    La danse, une parade à la misère

      Au début du XIXème siècle, si l’on fait exception de quelques ballerines à la renommée internationale, toutes les danseuses de l’Opéra sont issues de familles particulièrement pauvres et démunies.

     

    Classes désargentées, défavorisées, souvent illettrées.

     

     

    Celle qui a l’opportunité de devenir danseuse devient l’espoir de sa famille : enfin, on va pouvoir sortir de la misère !

     

    C’est sur les frêles épaules d’une toute jeune fille que repose l’avenir de sa famille.

     

    Elle a le devoir de procurer une vie meilleure aux siens. Et comment ne pas rêver à une existence dorée pour elle-même, parmi les gens du monde ?

     

     

    L’Opéra est, pour la ballerine, une sorte de piédestal d’où elle s’élance pour essayer d’accéder à la classe aisée.

     

    Mais si certaines y parviennent, c’est d’abord une logique de dépendance aux hommes.

       Car à tous les hommes qui jalonnent les différentes étapes de sa carrière, la danseuse se doit de plaire.

    Mlle de Saunoy - Album Reutlinger, Gallica BNF 

    Mlle Marconnier - Album Reutlinger (Gallica BNF)
    Mlle Marconnier – Album Reutlinger (Gallica BNF)

    Plaire aux hommes pour sortir du lot

    Mlle de Saunoy - Album Reutlinger, Gallica BNF
     
    Mlle de Saunoy – Album Reutlinger, Gallica BNF

     

     

       D’abord, il y a le maître de ballet, grade important au sein de la hiérarchie.

     

    Il compose les danses et, surtout, conduit les répétitions.

     

    Nombreux sont les maîtres de ballet qui se permettent des

    « privautés » avec leurs élèves.

     

     

    Repositionner une jambe, redresser une taille, allonger un bras… Autant d’occasions de s’abandonner à des attouchements (et même davantage) auxquels les jeunes filles ne peuvent se dérober sans compromettre leur ascension.

     

     

      Viennent ensuite d’autres hommes qui, tous, d’une façon ou d’une autre, tiennent la carrière des ballerines entre leurs mains.

     

    Le librettiste qui leur donne un rôle, ou non, dans le prochain ballet, le directeur qui renouvelle, ou non, leur contrat…

       

     

    Ensuite, il faut séduire pour se trouver un riche protecteur, sans quoi il devient vite impossible aux jeunes filles de faire carrière.

     

    En effet, les ballerines sont contraintes de se payer d’onéreux cours de danse, si elles veulent un jour percer, sortir de l’anonymat.

     

     

     Le peintre Edgar Degas, introduit dans les coulisses de l’Opéra en 1872 par un musicien de l’orchestre, Désiré Dehau, observe les ballerines dans leur quotidien plusieurs années durant.

     

        Sur de nombreuses toiles figure cette présence masculine

    permanente et asservissante.

     

     

     Dans « La classe de danse » (réalisé en 1874, et conservé au Métropolitan Museum of Art), le maître de ballet (Jules Perrot) est au centre du tableau comme il est le centre de l’univers des danseuses, à la fois gardien, maître et bourreau.

     

     

       Et s’il n’y avait que les hommes ! Mais il y a aussi la présence des « mères », autrement plus tyranniques.

    Le foyer de la danse à l'Opéra de la rue Le Peletier (Edgar Degas, 1872, Musée d'Orsay)

    Le foyer de la danse à l’Opéra de la rue Le Peletier

    (Edgar Degas, 1872, Musée d’Orsay)

    Les « mères » : entremetteuses sans scrupules

       Qu’elles soient réellement mères, ou bien tantes, amies, cousines, celles que l’on appelle les « mères » sont des intermédiaires incontournables entre les jeunes filles et tous ces hommes qui les environnent.

    Elles sont autorisées à assister aux leçons, à sermonner, jouant les chaperons pour ces petites demoiselles qui, lorsqu’elles entrent à l’Opéra,

    ont rarement plus de treize ou quatorze ans.

       

    En réalité, ces gouvernantes malhonnêtes et immorales ne pensent qu’à tirer profit de la situation.

    l'APPRENTISSAGE de la PROSTITUTION " BOURGEOISE"

     

    Pour que sa protégée appâte la gente masculine, la « mère » lui apprend l’art de la séduction.

     

    Tout un programme :

    (…) Des leçons d’œillades et de jeux de prunelles comme on apprend aux enfants d’ordinaire la géographie et le catéchisme.

      Les jeunes filles ne doivent plus songer qu’à se comporter en aguicheuses patentées, être belles et désirables.

     

    Théophile Gautier ne manque pas de relever les résultats effrayants de cette éducation licencieuse :

     

    La jeune ballerine est à la fois corrompue comme un vieux diplomate, naïve comme un bon sauvage ; à 12 ou 13 ans, elle en remontrerait aux plus grandes courtisanes.

     

    Mlle Deschamps - Album Reutlinger (Gallica BNF)
    Mlle Deschamps – Album Reutlinger (Gallica BNF)

       

    Se transformant en véritables maquerelles,

    les « mères » négocient âprement les charmes de leurs filles.

     

    L’heureux élu est vieux et laid, et la danseuse n’a aucune inclinaison pour lui ?

    Il a beaucoup d’argent, alors elle n’a pas son mot à dire.

    Le vieux monsieur peut violer sa fille « avec sa bénédiction ».

     

    Souvent, la « mère » n’accepte de se séparer de sa fille que si son protecteur est assez fortuné pour les entretenir toutes les deux !

       

    Une toile d’Edgar Degas intitulée « La leçon de danse » (ci-dessous) montre une « mère » au centre de la salle de danse, examinant une jeune fille comme une maquerelle le ferait avec sa marchandise.

     

    La posture de la seconde ballerine, à gauche, la tête appuyée dans sa main, le coude sur la cuisse, interpelle :

    concentration, amertume, accablement ? Difficile à dire…

     

     

    De nombreuses toiles dévoilent la présence angoissante de ces « mères » qui ont tout pouvoir (cliquez ici, ou bien encore ici !)

    La leçon de danse, par Edgar Degas (1879, National Gallery of Art, Washington)

    La leçon de danse, par Edgar Degas (1879,

    National Gallery of Art, Washington)

       

    Celles qui ne sont pas poussées par leur mère à se donner à un homme le font de leur plein gré.

     

    Sans la protection d’un homme riche, et si possible titré, impossible d’accéder à une reconnaissance professionnelle !

     

    Le foyer de l’Opéra

     

    Mlle Lekain - Album Reutlinger (Gallica BNF)
    Mlle Lekain – Album Reutlinger (Gallica BNF)

     

    Sans identité propre, dépourvue d’instruction et de culture, il ne reste à la danseuse que la séduction et la ruse, seules armes dans ce métier où l’élément masculin détient le pouvoir.

     

     Le système « d’abonnés » facilite les rencontres entre les filles et leurs protecteurs.

     

    La plus grande distinction pour un habitué de l’Opéra est de devenir « abonné » : cela lui donne accès aux coulisses et,

    surtout, au foyer de la danse où se retrouve toutes les danseuses pendant les répétitions, les entractes ou avant le spectacle (pratique officialisée en 1831 par Louis Véron, premier administrateur de l’Opéra).

       

    Ces messieurs en habit noir (financiers hauts placés, mondains célèbres, protecteurs divers, grands noms de la noblesse), peuvent prendre contact plus facilement avec les danseuses, les observer dans leur intimité et faire leur choix…

     

     

    La démocratisation de l’accès au foyer de la danse qui va de pair avec l’abandon du régime aristocratique entraîne (…)

    une dévalorisation sociale des ballerines.

     

     

     Mais si certaines ballerines affichent un réel statut de prostituées, la grande majorité ne cherche un protecteur que pour pouvoir faire carrière, exercer son art.

     

    Là réside la différence fondamentale entre les filles des maisons closes et les ballerines. 

     

    C’est la danse qui légitime leur situation d’amante, et seulement la danse !

       Même si « les frontières entre ces deux états sont bien fragiles », le statut des danseuses connaît des embellies au cours de ce XIXème siècle. Progressivement, elles obtiennent respectabilité et relative indépendance.

    Des femmes fières

       Tout commence par une volonté de moralisation de l’Opéra, notamment l’Opéra Garnier.

     

    Les mères, à la fin du XIXème siècle, n’ont plus accès à l’établissement.

     

    Changement considérable : soudain, les jeunes filles sont libres de se donner ou non à un homme qu’elles choisissent elles-mêmes.

     

    Celles qui affichent un peu trop ouvertement leur statut de prostituées, faisant honte à l’établissement,

    sont sévèrement réprimandées voir renvoyées,

    sauf si la "danseuse" est "protégée par un

    MONARQUE ou un INDUSTRIEL COTE !

     

     

       Ainsi, en même temps que leur statut se modifie, la réputation des ballerines devient plus respectable, et leur comportement, naturellement, se transforme.

       

     

    L’Opéra est de plus en plus fréquenté par les élites sociales.

     

    Les messieurs ne viennent non plus uniquement en chasseur, mais presque d’égal à égal avec les demoiselles qui, pudiques, se font discrètes et évitent leur regard. Les hommes ne sont plus là pour faire leur choix comme sur l’étal d’un marché.

     

    A eux de séduire, de montrer qu’ils respectent une certaine distance devant ces femmes fières. ( ? )

     

    Self portrait or Degas Saluant, Edgar Degas.jpg   

     

    Nombreuses sont celles dont la réputation demeure intacte,

    telle Carlotta Zambelli qui, devenue professeur de danse à l’Opéra, encourage même ses élèves à rester indépendantes, alors que sa propre époque a été celle des abonnés et des courtisanes…

     

    La belle et aristocrate Cléo de Mérode également (certes davantage connue pour ses photographies que pour ses exploits sur scène), est célébrée pour sa chaste sensualité, toute de pudeur et de romantisme.

       

    Les COURTISANES 

    Certaines danseuses réussissent à dénicher un bon parti :

    elles deviennent les maîtresses attitrées de messieurs de la haute société, qui s’affichent avec elles en leur offrant un train de vie décent, voir opulent, et parfois même un logement.

    Et c’est de ces dépenses d’entretien de leur maîtresse danseuse que vient notre expression dont le sens, par extension, a évolué vers toutes les dépenses très, voire trop importantes consacrées à une passion.

     

    Mlle Garbagnati - Album Reutlinger (Gallica BNF)
     
    Mlle Garbagnati – Album Reutlinger (Gallica BNF)

    La démocratisation de l’accès au foyer de la danse qui va de pair avec l’abandon du régime aristocratique entraîne (…) une dévalorisation sociale des ballerines.

     

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       Mais si certaines ballerines affichent un réel statut de prostituées, la grande majorité ne cherche un protecteur que pour pouvoir faire carrière, exercer son art.

     

    Là réside la différence fondamentale entre les filles des maisons closes et les ballerines. 

     

    C’est la danse qui légitime leur situation d’amante, et seulement la danse !

     

     

     Même si « les frontières entre ces deux états sont bien fragiles », le statut des danseuses connaît des embellies au cours de ce XIXème siècle. Progressivement, elles obtiennent respectabilité et relative indépendance.

    Sources

    ♦ Beaux Arts magazine Hors-série : 

    Splendeur et misère (images de la prostitution)

    ♦ L’Histoire par l’image : 

    De la classe à la scène, le ballet de l’Opéra de Paris vu par Edgar Degas

    ♦ Revues.org : « Tu seras étoile, ma fille ». (France, XIXe – XXe siècle)

    ♦ Textes de Marie-Victoire Louis, chercheuse : 

    De l’ambivalence entre salariat et prostitution

    ♦ Exposition au Musée d’Orsay :

    Splendeurs et misères, images de la prostitution (1850-1910)

     

     

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    LANGUE FRANCAISE ( facile ! )

     

    Pour la grande majorité des FRANCAIS c'est celà !!

    LANGUE FRANCAISE ( facile ! )

    Le féminin des noms.
    Un gars : c’est un jeune homme.
    • Une garce : c’est une pute.
    Un courtisan : c’est un proche du roi.
    • Une courtisane : c’est une pute.
    Un masseur : c’est un kiné.
    • Une masseuse : c’est une pute.
    Un coureur : c’est un joggeur.
    • Une coureuse : c’est une pute.
    Un rouleur : c’est un cycliste.
    • Une roulure : c’est une pute.
    Un professionnel : c’est un sportif de haut niveau.
    • Une professionnelle : c’est une pute.
    Un homme sans moralité : c’est un politicien.
    • Une femme sans moralité : c’est une pute.
    Un entraîneur : c’est un homme qui entraîne une équipe sportive.
    • Une entraîneuse : c’est une pute.
    Un homme à femmes : c’est un séducteur.
    • Une femme à hommes : c’est une pute.
    Un homme public : c’est un homme connu.

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    Emile Loubet

     

    EMILE LOUBET, président... sa faiblesse ? sa FEMME

    Fils d'un paysan de la Drôme, issu de la petite bourgeoisie, Emile Loubet commence sa carrière politique en 1870, date à laquelle il est élu maire de Montélimar.

     

    Suit un mandat de député, puis de sénateur.

     

    En 1896, il devient président du Sénat. Candidat des modérés, soutenu par Clemenceau et ses amis, il est élu Président de la République en 1899. Son septennat a été marqué par la crise Panama, l'Affaire Dreyfus mais aussi, on le sait moins, par la personnalité de sa femme...

    "Et ce grand garçon... ?"

    Emile Loubet s'est marié jeune et il n'a guère associé son épouse à sa vie publique d'homme politique.

     

    Cette dernière est une spécialiste des maladresses : mal habillée, peu diplomatique, elle scandalise régulièrement le chef du protocole. Ainsi, lorsqu'elle demande au roi d'Angleterre Edouard VII à propos de son fils, héritier de la couronne et futur George V :

     

    "Et ce grand garçon, qu'allez-vous en faire plus tard ?"...

    Dégoûté de la politique

    La fin du mandat d'Emile Loubet a été assez difficile, notamment en raison de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, qui est loin de faire l'unanimité. La France doit rompre ses relations avec le Saint-Siège, au grand dam du Président qui ne voit pas d'un bon œil la politique anticléricale d'Emile Combes, le président du Conseil.

     

    Loubet quitte l'Elysée en 1906, désabusé et meurtri par les critiques. "Je ne serai ni sénateur, ni député, ni même conseiller municipal, Rien, rien, absolument rien".

      

      

    sources :http://www.linternaute.com/histoire/magazine/magazine/dossier/vie-privee-presidents/emile-loubet.shtml

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    Félix Faure
    "Il a voulu vivre César et il est mort Pompée"

     

    Qu'a-t-on retenu de Félix Faure ? Pas grand chose...sauf....

     

    Aujourd'hui, restent à celui qui fut président de la République de 1895 à 1899 une belle avenue à Paris, une station de métro et surtout une savoureuse anecdote sur les circonstances de sa mort...

     

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    "Il a voulu vivre César"

    Et pourtant, comme l'a dit Clemenceau, "Il a voulu vivre César" et aurait aimé marquer son temps.

    Mais c'est surtout par son amour du faste qu'il s'est fait remarquer. Tout le monde a oublié que le président s'était timidement prononcé comme anti-dreyfusard et que son gouvernement avait dû faire face à la déroute de Fachoda.

     

     

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    Il faut avouer que dans l'ensemble, le président était loin de la politique : l'homme était surtout inquiet de son apparence et de sa mise, et était réduit à une fonction de représentation, dont il s'accomodait fort bien.

     

    Pour le "Président Soleil", ainsi qu'il était surnommé par certains de ses contemporains, rien n'était trop beau : redingote, haut de forme, habit à toute heure, mais aussi calèche à six chevaux, précédée et suivie de pelotons de cuirassiers.

     Félix Faure

    Quant à son épouse, Berthe Faure, elle n'était guère autorisée à suivre son mari dans ses somptueuses parades : Félix Faure l'obligeait à marcher vingt pas derrière lui lorsqu'elle l'accompagnait dans ses déplacements.

    "... et il est mort Pompée"

     

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    Mais c'est surtout la mort heureuse de Félix Faure qui est restée dans les annales.

    Le 16 février 1899, les collaborateurs de Félix Faure entendent des cris venant du "salon bleu".

     

    Ils accourent et trouvent le président suffoquant, les mains crispées sur la chevelure en désordre d'une demi-mondaine, Marguerite Steinheil.

     

     

    (Femme savante et scandaleuse )

    Madame-Steinheil-devant-la-cour-dassises-Attitude-de-M-Steinheil-devant-la-cour-dassises
    Madame Steinheil devant la cour d’assises – Attitude de Mme Steinheil devant la cour d’assises- L’Affaire de l’Impasse Ronsin –

     

    Si, pour les journaux d’opposition, le chef de l’État a péri dans un « excès de santé » (Le Gil Blas), pour La Presseet les organes nationalistes, il a été assassiné à cause de son attitude trouble dans l’« affaire Dreyfus ». 

    Dix ans plus tard, en 1908, Marguerite Steinheil sera à nouveau impliquée dans deux décès très médiatisés : sa mère et son mari sont retrouvés morts à son domicile, impasse Ronsin.

    Accusée de ce double meurtre, « la connaissance du Président » sera jugée aux assises de la Seine et acquittée en novembre 1909, sous les applaudissements d’une foule subjuguée par sa beauté.)

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    C’est le grand jour du verdict de cette mystérieuse et retentissante affaire Steinheil. Le timbre retentit, les jurés réapparaissent dans la salle. Messieurs, la cour ! annonce ensuite l’huissier …l’émotion est à son comble. Le chef du jury lit le verdict : Mme Steinheil est déclarée non coupable, en conséquence elle est acquittée.

     

    Des applaudissements frénétiques partent de tous les points de la salle.

     

    Le public est délirant « les manifestations se prolongent malgré la menace du président de faire évacuer la salle. Quand on introduit l’accusée, qui avait été déjà mise au courant de l’heureux événement par des officiers de la garde, le tumulte devient effroyable. Mme Steinheil est tellement émue quelle

     

    s’affaisse. Le public lui fait une véritable ovation, levant les chapeaux, criant :

    « Bravo! bravo ! Mr Antony Aubin à sa part de ces bruyantes félicitations. Le greffier lit au milieu du vacarme la décision du jury, puis le président, que seules les personnes placées sur l’estrade peuvent entendre, dit .

     

    « L’accusée est libre. Et la cour se retire pendant que la foule se précipite vers le banc de l’accusée pour la complimenter.

     

    ( Le 14 novembre 1909, maître Antony Aubin obtient donc l’acquittement de Marguerite Steinheil, le juge qualifiera le discours de l’avocat « d’un tissu de mensonges ». Cette femme qui aura vu mourir Félix Faure dans ces bras le 16 février 1899 et qui 10 ans plus tard sera devant les juges pour complicité de crimes, finira ces jours en Angleterre à Hove , et décédera le 17 juillet 1954 à 85 ans.)

     

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    Au début de l’année 1899, Félix Faure, sixième président de la IIIe République, se trouve pris dans la tourmente de l’« affaire Dreyfus » après s’être opposé à la révision du procès du capitaine. Dès lors, il n’apparaît plus dans l’opinion publique comme l’homme méritant et énergique qui a réussi à sceller une alliance avec la Russie puis à éviter un affrontement sanglant avec l’Angleterre au moment de la crise de Fachoda, mais comme un viveur, amateur de demi-mondaines.

     

    Le 16 février 1899, il trouve la mort dans les bras de Marguerite Steinheil, fille de l’industriel Édouard Japy et femme du peintre Adolphe Steinheil, son aîné de vingt ans.

     

    Si, pour les journaux d’opposition, le chef de l’État a péri dans un « excès de santé » (Le Gil Blas), pour La Presseet les organes nationalistes, il a été assassiné à cause de son attitude trouble dans l’« affaire Dreyfus ». 

     

    Cette dernière, à demi dévêtue, appelle à l'aide : il faut la libérer et on est finalement obliger de lui couper les cheveux.

    La jeune femme se rhabille à une vitesse telle qu'elle oublie son corset à l'Elysée.

     

    L'anecdote est connue : "Le président a-t-il encore sa connaissance ?"

    demande le curé venu lui porter l'extrême-onction.

     

    "Non, monsieur l'abbé, elle est partie par une porte dérobée", lui répond-on.

     

    Le Président meurt quelques heures plus tard, d'une congestion cérébrale.

     

    L'affaire défraie la chronique et donne lieu à des plaisanteries plus plaisantes les unes que les autres, et alimente les textes des chansonniers.

     

    C'est de là, bien sûr, que Clemenceau tira sa fameuse répartie

    "Il a voulu vivre César et il est mort Pompée".

    La belle, quant à elle, gagna comme surnom celui de "pompe funèbre".

      

      

    sources : http://www.linternaute.com/histoire/magazine/magazine/dossier/vie-privee-presidents/felix-faure.shtml

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    Les ANNEES 20... PHOTOS

     

     

    Les années folles : mythe ou réalité ?

     
       

    Entre la fin de la 1ère guerre mondiale et la crise de 1929, une décennie de fêtes, d'illusions, de libération et de débauche caractérise une époque fascinante : les "années folles", expression reprise d'un titre de film sur les années 20. Dans une France exsangue, ou sur 10 hommes partis au combat, 2 sont morts et 4 sont revenus invalides, la jeunesse est chargée de reconstruire et s'empresse d'édifier une société nouvelle.

    Fêtes et bals sont organisés souvent au profit des éclopés et veuves de guerre. La silhouette des femmes se métamorphose et la mode des années 20 est symbolisée par Coco Chanel et sa petite robe noire.

    Celle qui porte un trench-coat et un chapeau noir impose alors la mode des cheveux courts. Les années folles, c'est aussi les temps modernes, avec l'apparition des nouvelles techniques de communication et de reproduction : la TSF, le téléphone, l'offset, le bélinographe pour transmettre à distance des photographies.

    Mais le phénomène de relâche se cantonne surtout dans la capitale parisienne et les années folles n'ont rien d'une révolution radicale des moeurs. Les problèmes liés à la reconstruction sont bien présents : la natalité se redresse trop faiblement et l'inflation est grandissante.

    Le pain, est passé de 0,20 F le kilo en 1914 à 1,75 F en 1921. Les salariés protestent contre la vie chère ; grèves et révoltes ouvrières secouent les entreprises françaises. La crise de 1929, avec ses conséquences sociales, politiques et économiques, met un terme à l'euphorie.

     

      

     

     

     

     

    Paris attire écrivains et artistes du monde entier. Dernière grande saison inventive, la décennie des années 20 est celle de Man Ray, Picabia, Aragon, Breton, Cocteau, Eluard, Fernand Leger, du dadaïsme et surtout de l'Art Déco, qui fait la grandeur des "années folles". Paris, Ile-de-France, FRANCE, octobre 1925. © DR / Archive de Michèle Thery

     

    PHOTOS - Les lecteurs dévoilent la femme des années folles...

    Le sport fait l'unanimité avec une pratique croissante de la boxe, du cyclisme, de la natation, des sports d'hiver... Savigny-sur-Orge, Essonne, FRANCE, mai 1927. © DR / Archive de Michel HEURTAUX

     

    PHOTOS - Les lecteurs dévoilent la femme des années folles...

     

    S'il n'est pas encore question des 35 heures et des RTT, la bourgeoisie veut profiter à nouveau de la vie et retrouver la Belle Epoque. Plage de Philippeville, ALGERIE, mai 1929. © DR / Archive de Helene BOUSQUET CASSAGNE

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    Aux champs, dans les usines, dans les hôpitaux, les femmes ont répondu massivement aux besoins de la guerre et ont remplacé ainsi leurs hommes. A la paix retrouvée, elles ont pris goût à l'indépendance... Bassin d'Arcachon, Gironde, FRANCE, juillet 1924. © DR / Archive de Yves MARCHAND

      

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    ...les hommes vont donc devoir composer avec des femmes libres. Meuse, FRANCE, mai 1920.© DR / Archive de Anne-Sophie NARAT

      

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    Pays Basque, FRANCE, juin 1920. © DR / Archive de Marie-Claude COULOT

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    Chelles, Oise, FRANCE, 1928. © DR / Archive de Marie-agnès CHEVALIER

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    Propriété Laigle, Angers, Maine-et-Loire, FRANCE, mai 1924. © DR / Archive de Guy JAMIN

     

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    Avec l'essor de l'automobile, le nouvel aéroport international de Berck, les nouvelles lignes de train, la plage du Crotoy, du Touquet et de Berck attirent une clientèle parisienne qui s'adonne aux plaisirs des bains de mer, des casinos et des grands hôtels. Le Crotoy, Baie de Somme, FRANCE, août 1926. © DR / Archive de Madany Bordji

     

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    L'influence de l'Amérique pendant l'après-guerre est grandissante : outre le cinéma et le jazz, de nouvelles danses apparaissent comme le Charleston, le One-step ou le Shimmex. Les premières revues de music-hall triomphent dans la capitale, révélant une idole : Joséphine Baker. Nouvelle danse américaine au nouveau cirque, FRANCE, 1925. © DR / Archive de Jean-Claude Audouin

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    A la mer, certaines femmes osent même le deux-pièces pour leur costume de bain ! Lorient, Morbihan, FRANCE, août 1920. © DR / Archive de Nathalie DELUSIER

     

     

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    Plus coquettes, les femmes se maquillent davantage, soulignant leur dessin des lèvres avec soin. Wallonie, BELGIQUE, janvier 1921. © DR / Archive de Michèle Thery

     

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    Valras plage, Hérault, FRANCE, août 1922. 

     © DR / Archive de André OUSTRIC

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    Campagne ardennaise, BELGIQUE, juin 1927. 

     © DR / Archive de Paulette Colson

     

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    La silhouette féminine change avec les années folles. Les femmes "grandissent", en portant des vêtements souples, avec des poitrines qui s'effacent. Trois-Rivières, Mauricie, Québec, CANADA, juillet 1926. 

     © DR / Archive de Jacques BÉLIVEAU

      

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    Les tenues plus masculines ont même changé les modèles des chapeaux, avec la mode des cheveux courts. Parc de Paris, Ile-de-France, juin 1920. © DR / Archive de Marie-Claude COULOT

      

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    L'enseignement secondaire pour les jeunes filles, établi début 1880, contribue à l'émancipation féminine de cette époque. Lycée d'Auch, Gers, 1927. © DR / Archive de Françoise DUPIN

      

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    Le genre "garçonne" s'illustre bien ci-dessus avec la masculinisation de la tenue vestimentaire : les sous-vêtements superflus sont supprimés, les jupes se raccourcicent aux genoux, les bas de coton noir sont laissés au profit des bas de soie roses. Rue Caraman, ALGERIE, avril 1927. 

     © DR / Archive de Helene BOUSQUET CASSAGNE

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    Saint-Jean-Port-Joli, Québec, CANADA, juin 1922. 

     © DR / Archive de Jacques BÉLIVEAU

      

    sources : http://www.linternaute.com/actualite/magazine/photo/les-annees-folles-en-photos/en-savoir-plus.shtml

      

      

     

      

     

     

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  • CATHERINE THE GREAT:  

     

    Les origines de la marque Fabergé

     

     

    Originaire de Picardie où elle portait de nom de Favri ou Fabri, la famille Fabergé, protestante, a quitté la France à la suite de la révocation de l'Édit de Nantes en 1685.

     

    Elle s’est d’abord installée à Schwedt sur l'Oder en Allemagne, où elle a transformé son nom en Fabrier ou Fabriger puis Fabergé.

     

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    C’est en 1800 que Pierre Fabergé émigre et s’installe à Pernau, en Livonie (province russe près de la Baltique) où il acquiert la nationalité russe.

     

    Pierre Karl FABERGE. - (né le 30 mai 1846 à Saint-Pétersbourg en Russie et mort le 24 septembre 1920 à Lausanne en Suisse) est un joaillier russe d'origine franco-danoise mieux connu sous le nom de Karl Fabergé. Il est connu pour ses œufs de Fabergé, bijoux ayant la forme des œufs de Pâques, réalisés à partir de métaux et de pierres précieuses.:

     

    Pierre Karl FABERGE. - (né le 30 mai 1846 à Saint-Pétersbourg en Russie et mort le 24 septembre 1920 à Lausanne en Suisse) est un joaillier russe d'origine franco-danoise mieux connu sous le nom de Karl Fabergé. Il est connu pour ses œufs de Fabergé, bijoux ayant la forme des œufs de Pâques, réalisés à partir de métaux et de pierres précieuses.

    Enfin, c’est à Saint-Pétersbourg que son fils Gustave, orfèvre et joaillier, ouvre une boutique, rue Bolchaya Morskaya, en 1842, et que nait Pierre-Karl Fabergé le 30 mai 1846.

    What happened to Malcom Forbes collection of Faberge eggs? He had the largest collection in the US in his gallery closed by his heirs.:

     

    En 1870, à l’âge de 24 ans, Karl reprend l'affaire de son père et Karl Fabergé transforme le modeste atelier de bijoux en une célèbre entreprise d'orfèvrerie.

    En 1882 le nombre d'employés est d'une vingtaine, en 1910 on en compte plus de 500. La société ouvre des succursales à Odessa, Moscou, Kiev et Londres.

     

    Le tsar Alexandre III lui accorde, en 1884, le "privilège de fournisseur de la cour", titre qu’il partage avec de nombreux autres bijoutiers.

     

    The 'Gatchina Palace' Faberge Egg - made in 1901 for Tzar Nicholas. The egg opens to reveal a miniature gold replica of the palace at Gatchina:

     

     

    The 'Gatchina Palace' Faberge Egg - made in 1901 for Tzar Nicholas. The egg opens to reveal a miniature gold replica of the palace at Gatchina

     

     

    Cependant, la qualité et l’originalité de la production de Fabergé lui permettent de toujours conserver la faveur du tsar qui favorise l’engouement de l’aristocratie et de la riche bourgeoisie russe ainsi que d’autres grands de ce monde.

     

    diamond FABERGÉ EGG ۩۞۩۞۩۞۩۞۩۞۩۞۩۞۩۞۩ Gaby Féerie créateur de bijoux à thèmes en modèle unique ; sa.boutique.➜ http://www.alittlemarket.com/boutique/gaby_feerie-132444.html ۩۞۩۞۩۞۩۞۩۞۩۞۩۞۩۞۩:

    La technique de prédilection de Fabergé est l'émail dont il fabrique plus de cent nuances et, tout particulièrement, l’émail guilloché qui consiste à inciser une surface en or ou en argent que l’on recouvre ensuite d’une couche d’émail transparent, afin de laisser visible le motif gravé.

     

     

     

    http://www.cultivoo.com/index.php/histoire/contemporaine/revolution-industrielle-et-19eme/250-arts/autres10/498-les-ufs-de-faberge

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  •  

     

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    Des différentes périodes de l’Histoire, nous sommes plutôt familiers avec les modes de vie de la noblesse, de la bourgeoisie, des élites…

     

    bref, des classes sociales les plus élevées.

    Aussi, l’exposition qui a actuellement lieu au musée Carnavalet se charge-t-elle de rétablir un certain équilibre en évoquant la vie quotidienne du peuple qui représentait environ 2/3 des parisiens au XIXe siècle.
     

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    L’exposition s’ouvre en évoquant la Révolution française car c’est précisément à ce moment qu’est née la peur du peuple en même temps qu’une violente prise de conscience de son existence.

     

    Qu’est-ce qui forge l’identité de ce peuple ?

     


    Au XIXe siècle, le centre de Paris se situe autour de l’Hôtel de Ville. Il y a très peu de lumière (la fée électricité n’est pas encore passée par là), les immeubles sont bas (ils ne seront rehaussés que lors des grands travaux haussmanniens) et donnent sur des cours étroites dans lesquelles les habitants n’hésitent pas à jeter des déchets divers et variés.

     

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    Les épidémies sont fréquentes.

     

    La population explose à travers une immigration massive qui trouve refuge dans la zone près de la Porte de Clignancourt

    (à peu près au niveau des actuelles puces de Saint-Ouen).

     

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    Ce peuple exerce une multitude de métiers comme tondeur de chiens ou porteur d’eau

    (en bas, à gauche sur la gravure).

     

    Remarquez également ce que les habitants portent aux pieds :

     

    des sabots, particulièrement résistants à l’usure.

     

     

    John James Chalon, Les tondeuses de chiens (1820)

    Thomas Girtin, Le faubourg et la Porte Saint-Denis (1801)

     

    Les petits ramoneurs sont particulièrement symboliques de cette migration professionnelle qui va et vient selon les saisons. Ce sont surtout les enfants, plus aptes à se faufiler dans les cheminées, qui exercent ce métier. Ils ne sont pas épargnés malgré leur jeune âge et doivent exercer des labeurs difficiles afin d’aider leurs familles à vivre.

    Charles Nègre, Les Ramoneurs en marche avant mai 1852

     

    C’est au XIXe siècle que la première enquête parlementaire voit également le jour avec toute une série de questions portant sur les conditions de travail.

     

    Cependant, le questionnaire est adressé aux patrons ce qui fausse les données recueillies.

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    Parmi ces anciens métiers dont la plupart ont aujourd’hui disparu, nous découvrons le marchand de coco qui vendait de l’eau parfumée à la réglisse, le vitrier et son portoir (métier toujours en activité), la foire aux maçons sur la place de l’Hôtel de Ville ou encore les Forts des Halles qui étaient des manutentionnaires chargés de transporter les marchandises entre l’extérieur et l’intérieur des pavillons des Halles de Paris.

     

    Afin de devenir « Fort », il fallait prouver sa force en transportant une charge de 200 kg sur 60 mètres sans aucune aide extérieure.

    Augusta Lebaron, Un marchand de coco (1842)

     

    Les femmes exercent souvent un métier ayant trait à l’entretien du linge. La propreté est alors associée au blanc

    (toiles de lin, de coton, de chanvre…) Sous le Second Empire,

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    il existe environ 70.000 blanchisseuses à Paris qui travaillent depuis leurs domiciles à la lumière du jour, parfaites représentantes du Sweating System (exploitation du prolétariat).

     

     

    Léon Delachaux, La Lingère (1905)

    C’est un travail épuisant à l’image du tableau de Degas.

    L’eau n’est pas propre car non traitée.

    L’apparition de l’eau de javel en 1780 aide cependant à maintenir le blanc du linge et un semblant de propreté.

     

     

    Edgar Degas, Les Repasseuses (1884)

    Le monde des ouvriers spécialisés est plus enviable car lié à des activités de luxe pour les classes supérieures.

     

    Ainsi, les tabletiers garnisseurs ou les serruriers ont des modes de vie un peu plus confortables que la majorité du peuple.

     

    Ils bénéficient d’un week-end de deux jours tout au long du XIXe siècle.

     

     

    L’exposition s’attache ensuite à retracer la vie quotidienne du peuple au cours du XIXe siècle.

     

    Les logements sont rares et de nombreuses activités s’organisent dans les cours d’immeubles.

     

    C’est d’ailleurs ainsi que le métier de concierge verra le jour.
    Ces cours sont pourtant des lieux insalubres :

     

    il n’existe aucun système d’évacuation des eaux usées, celles-ci sont jetées depuis les fenêtres.

     

    Cela entraîne de graves problèmes d’hygiène qui donnent lieu à de grandes épidémies (comme celle de choléra en 1832).

    Eugène Atget, Cour, 178 avenue de Choisy (1913)

     

    On peut découvrir quelques objets de la vie courante comme un petit réchaud à braises qui se trouve être également la seule source de chaleur du foyer. Les familles nombreuses s’entassent souvent dans une même pièce. On boit beaucoup de vin car il sert à la fois de reconstituant et de valeur sûre car non souillé contrairement à l’eau.

     

     

    L’alcoolisme est très répandu, la population tiraillée par la faim comme nous allons le voir un peu plus loin.

     

     

    La première cité ouvrière de Paris voit le jour en 1849

    sur une idée de Napoléon III.

     

    Elle n’aura guère de succès à cause d’un règlement interne draconien et des loyers très élevés.

     

    Ces cités sont pourvues de toilettes, de salles de bain et d’un médecin. Ces luxes restent hors de portée pour une population majoritairement pauvre.

    Les logements sont souvent pourvus du strict nécessaire. Ci-dessous un réchaud et un petit pot en terre pour la nourriture.

    Eugène Atget, Petite chambre d’une ouvrière, rue de Belleville (1910)

     

    Dans une vitrine, le visiteur peut découvrir une paire de sabots cloutés. Les clous s’usent sur la chaussée, préservant le bois.

     

    A côté, un bleu de travail qui évoque le monde des ouvriers.

     

    Pour les femmes, un ensemble composé d’une chemise de jour, d’un corset et d’un jupon d’une blancheur étincelante.

    Pourtant, l’hygiène des corps n’est pas une priorité : on se lave environ une fois par semaine en été et une fois par mois en hiver.

    La criminalité est élevée notamment dans certains quartiers (Belleville, Ménilmontant, etc.)

     

    Un tableau de pipes en terre attire l’attention. Il s’agit d’une collection d’objets ayant appartenus à des condamnés à mort.

     

    Des notes donnent le nom du propriétaire et son attitude au cours de sa détention ou avant son exécution.

     

     

    Pipes en terre et autres objets ayant appartenu à des condamnés à mort rassemblés par leur surveillant (1885)

    Les pipes sont cassées le long de la tige, détail intrigant qui rappelle l’expression « casser sa pipe ».

     

    J’ai effectué quelques recherches et j’ai découvert que cette expression serait née sous le Premier Empire pendant les guerres Napoléoniennes.

     


    Sur les champs de bataille, les médecins militaires ne disposaient pas du matériel nécessaire pour anesthésier les soldats avant les amputations. En guise d’anesthésiant, on leur donnait une pipe à mordre afin d’éviter qu’ils ne crient.

     

    Si le soldat succombait à ses blessures, il lâchait alors la pipe qu’il tenait entre ses mâchoires, et celle-ci se brisait en tombant.
     

     

    Les pipes exposées auraient-elles été cassées afin de souligner la destinée funeste des condamnés à mort ?

     

    Parmi les criminels dont les noms sont ici exposés figure celui de Billoir. Retenez-le bien car nous aurons l’occasion d’en reparler.

    Même si les moments de repos sont rares, les Parisiens trouvent des occasions de s’amuser.

     

     

    Les loisirs sont simples : la promenade

     

    (on quitte alors le centre de Paris pour Montmartre), un pique-nique, un verre dans un cabaret ou quelques danses dans les guinguettes (dont le célèbre Moulin de la Galette).

     

    Il y a alors une véritable fascination pour le spectacle au point d’organiser des journées gratuites pour le peuple.

     

     

    Jean-Baptiste Lesueur, Famille allant à la guinguette (entre 1790 et 1800)

     

    Une salle est réservée à l’œuvre d’Honoré Daumier.

     

    Fils de vitrier, il porte sur le peuple dont il est lui-même issu, un regard positif.

    Il peint un peuple courageux et digne, plein de tendresse envers ses enfants.

    Honoré Daumier, Le Baiser (1845)

     

    On pourrait croire parfois qu’il critique le peuple en soulignant sa voracité ou ses mauvaises manières.

     

    En réalité, il met l’emphase ici sur la faim qui tenaille les entrailles.

    Honoré Daumier, La soupe (vers 1864-1865)

     

    Les immeubles au XIXe siècle étaient recouverts de peinture au plomb. C’est ce qui donne à Paris un aspect d’une blancheur immaculée, en arrière plan de cette peinture.

     


    Lorsqu’on découvrira l’aspect nocif du plomb, les façades seront modifiées mais le peuple se plaindra d’avoir perdu le blanc des immeubles.

     

     

    Honoré Daumier, La Blanchisseuse (vers 1863)

     

    La musique est également très appréciée, on le voit dans ce dessin à travers la fascination du petit garçon en habit de travail.

     

    Les joueurs d’orgues servaient également de contacts à la police.

     

     

    Honoré Daumier, Le joueur d’orgue de barbarie (vers 1864-1865)

     

    Mais Honoré Daumier était surtout connu pour ses lithographies et ses caricatures.

     

     

    Honoré Daumier, Les gens de justice n°15

     

    Le parcours se poursuit sur le thème de l’indigence. Les conditions de précarité sont telles que certaines personnes peuvent basculer dans la pauvreté en cas de maladie, d’accident ou de chômage. On fait alors appel au Mont-de-piété en engageant ses effets contre un peu d’argent. La population qui se rend au Mont-de-piété est très variée : ouvriers, grisettes, dandys désargentés…
    Le plus souvent, on engageait son matelas pour une raison très simple : ceux-ci étaient systématiquement nettoyés et débarrassés des puces et autres vermines qui l’infestaient. Il suffisait de le récupérer quelques jours plus tard.

    Ferdinand Heilbuth, Le Mont de Piété (1861)

     

    La figure du chiffonnier illustre bien cette précarité. Ceux-ci travaillent la nuit et inquiètent la police au point de devoir se faire référencer.
    Au XIXe siècle, des piles de détritus dans les rues attendaient le passage des tombereaux au petit matin. Les chiffonniers récupéraient les chiffons mais également les os de boucherie. Les sucreries sont alors en pleine expansion et le sucre est extrait du raisin et de la betterave. Coloré à l’origine, on blanchit ce sucre en le filtrant avec de l’os calciné… ou du sang de cheval.
    Les chiffonniers récupéraient également la suie et les boîtes en métal pour la fabrication des jouets. En 1883, M. Poubelle mettra leur activité en danger. On autorisera alors les chiffonniers à fouiller les piles dans les rues une heure seulement.

    Chiffonnier en 1899

     

    Les abandons d’enfants sont légion car les mères n’ont pas les moyens de les garder. Ils sont déposés à l’assistance publique.
    Devant les couvents, on trouve une petite porte qu’on ouvre avant de déposer les nouveau-nés dans un tour d’abandon, on sonne une cloche pour prévenir de son « dépôt » avant de s’enfuir dans la nuit. Les orphelins sont pris en charge par l’Eglise puis mis dehors dès qu’ils sont en âge de se débrouiller seuls. Livrés à eux-mêmes, ces enfants sombrent très rapidement dans la délinquance.
    Parallèlement, la philanthropie se développe ce qui n’est pas sans nous rappeler certains passages de Germinal (Cécile étranglée par le père Maheu alors qu’elle vient faire la charité avec ses parents) ou des Misérables (la visite de Jean Valjean et Cosette aux Thénardiers).

    Tour d’abandon – L’internaute Magazine – Crédit photo : Mélanie Layec

     

    La dernière salle évoque à nouveau le danger que représente le peuple aux yeux des classes supérieures. La peur du crime va augmenter au cours du XIXe siècle. Peur qui s’accompagne d’une certaine fascination jusqu’à l’âge d’or du fait divers à la Belle Epoque.
    C’est dans ce contexte que nous retrouvons le nom de Baptiste-Joseph Billoir dans l’affaire du crime de Saint-Ouen. Cet homme avait en effet assassiné sa compagne, une bretonne nommée Jeanne-Marie Le Manach, avant de la dépecer et de balancer les restes dans la Seine. Cette affaire, comme celle de l’incendie du Bazar de la Charité attirera de nombreuses personnes à la morgue qui viendront « en visite ».

    On évoque également les barricades qui ont jalonnées le siècle : l’issue des trois Glorieuses de 1830, de février et juin 1848 et de la Commune en 1871 qui furent réprimées dans le sang. Dernière image de l’exposition : un bourgeois qui demande du feu à un chiffonnier sous les yeux amusées d’un témoin. Deux mondes qui se croisent, aux antipodes l’un de l’autre, sans vraiment se rencontrer. Ou la parfaite illustration de la lutte des classes.

    Hippolyte Bellangé, Les Extrêmes se touchent (1823)

     

     

     

    Repères chronologiques

    - 1785-1790 : édification de l’enceinte des Fermiers généraux. 
    - 1791 : lois d’Allarde et Le Chapelier supprimant les corporations et interdisant toute association. 
    - 1801 : création des Hospices civils de Paris. 
    - 1808 : création des dépôts de mendicité, interdiction de mendicité dans le département de la Seine. 
    - 27-29 juillet 1830 : insurrection parisienne (Les « trois Glorieuses ») et installation de la monarchie de Juillet. 
    - 1832 : épidémie de choléra à Paris (décès de 1 habitant sur 46). 
    - 1841-1846 : construction de l’enceinte dite de Thiers. 
    - 23-25 février 1848 : révolution, proclamation de la deuxième République, puis (23-26 juin 1848) nouvelle insurrection et répression. 
    - 1850 : loi sur l’hygiène publique. 
    - 1853 : Haussmann, préfet de la Seine, entreprend de grands travaux à Paris. 
    - 1860 : Paris s’agrandit et passe de 12 à 20 arrondissements. 
    - 1864 : reconnaissance du droit de grève. 
    - 18 mars - 28 mai 1871 : révolte de la Commune de Paris contre le gouvernement de la 3ème République. 
    - 1884 : reconnaissance de la liberté syndicale. 
    - 1892-1894 : vague d’attentats anarchistes à Paris. 
    - 1893 : loi sur l’hygiène du travail. 
    - 1898 : loi sur les accidents de travail. 
    - 1901 : reconnaissance de la liberté d’association. 
    - 1906 : loi sur le repos hebdomadaire, accordé aux salariés hormis les gens de maison et les concierges.

     

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