• Nous avons recueilli des tirages depuis plusieurs années.

     

     

    années 1920 ère Ziegfeld Follies étoiles Ruth Noble - sépia Print - multiples tailles - Alfred Cheney-Johnston Pose classique [730-505] 

    Il s'agit du glamour et le style des premières années du XXe siècle.

    Il s'agit d'une image de Ziegfeld Star Alden Gay.

     

    Gay était une actrice et a été un des deux seuls membres

    fondateurs femelles de la Screen Actors Guild.

     

     

    1920

     

    années 1920 ère nue étude-"On the Beach" - noir & blanc Image - plusieurs tailles - Sexy sensuel érotique classique [730-414] 

    La photographie a été prise par Alfred Cheney-Johnston.

    Au début du XIXe siècle pour le milieu des années 1930 a été un âge d'or de la photographie et le cinéma, les deux aux États-Unis et partout dans le monde.

     

     

    années 1920 ère nue Image Flapper-Classic - noir & blanc - différentes tailles - Code pré Jazz Age Sexy [730-483] 

    Bon nombre des éléments dans cette section sont les premiers travaux de photographes ici et à l'étranger, qui ont été des expériences avec la lumière, le contraste et angles relative à la forme humaine.

    D'autres œuvres ici sont considérées comme "Code avant Hollywood", qui se réfère à l'époque dans les films américains entre l'introduction du son à la fin des années 1920 et l'application des lignes directrices censure Motion Picture Production Code [connu comme l'acte de Hays].

     

    Le Code a été adopté en 1930, mais n'a pas réellement commencé à être appliquées jusqu'au milieu de l'année 1934.

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    Jusqu'à ce moment-là, il y avait peu ou aucun règlement concernant la nudité ou l'érotisme dans le film.

     

     

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    1940

     

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    Les copies que vous achetez ont été soigneusement retouchées et restaurés au plus près l'original que possible.

     

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     SOURCES

    https://www.etsy.com/fr/listing/239809441/era-nue-film-noir-noir-et-blanc?ref=related-5

     

     

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  • Concrètement, avant le moyen-âge, c’était les romains. Les mecs bien coiffés, pas un poil au menton. La grande classe. Puis après, il y a eu les invasions barbares, avec les peuples germaniques, les francs, les wisigoths. C’est un autre style, genre barbouse et longue crinière de feu. Et pour les meufs, une longue tignasse. Cette mode va envahir le territoire, et au fur et à mesure que les siècles passent, on travaille les différentes coiffures.

     Les cheveux au fil des siècles

    Les peuples germaniques, ils ne rigolent pas avec leurs cheveux. Ils établissent même les hiérarchies militaires avec la tignasse. Plus tu as les cheveux longs, plus tu es gradé. Les mecs ils se nouent aussi les cheveux sur le dessus de la tête pour avoir l’air plus grands, et au contraire, les esclaves et les prisonniers sont totalement rasés, en signe de soumission. Les femmes, elles, sont majoritairement blondes, un idéal veut que les cheveux soient ondulés. 

    La fin du Vème siècle

    Les mérovingiens portent les cheveux très longs, surtout les Rois. Et quand ils voient que ça marche mal pour eux, ils rasent leurs adversaires. C’est souvent le cas des descendants qui kifferaient bien monter sur le trône. Uns fois les cheveux coupés, ils sont à tout jamais bannis du pouvoir. Les cheveux rasés sont un signe de soumission, c’est le cas des moines catholiques qui utilisent la tonsure. Tu sais le trou parfaitement rond sur leur haut de crane ? Bin voilà, c’est pour prouver leur soumission à Dieu et effacer leur péchés. En plus, le rond rappelle les auréoles saintes. Au cas où ils oublieraient ce pourquoi ils sont là. 

    Clodion Ier (390-450) est appelé le chevelu car il avait les cheveux encore plus longs que ces prédécesseurs.

     Entre le VIème et le XIème siècle

    La mode est aux grands fronts et aux cheveux très longs pour les femmes. Le problème de la mode, c’est qu’il y a toujours des dérives. Les meufs se rasent les bords du front pour qu’il soit plus grand. Mais est-ce beaucoup plus con que de s’épiler les sourcils ? Je ne pense pas. Dans tous les cas, on orne le front de couronne de fleurs, de pierres précieuses, et ça rend très bien avec des cheveux tressés.

    Aussi, les cheveux ont un caractère très érotique, donc si tu les laisses détacher, tu peux vite passer pour une chaudasse, une allumeuse, alors les femmes mariées les recouvrent d’un voile. La crinière de l’épouse devient alors la propriété de l’époux…

     

    « Toute femme qui prie sans avoir la tête voilée déshonore sa tête » Saint Paul, Première Épître aux Corinthiens, XI, 5). Mais oui.

    Aux XIIIème et XIVème siècles

    La coiffure en vogue est de faire deux tresses de chaque coté de la tête et de les faire se rejoindre sur le dessus du crane. On les attache alors avec des fils d’or ou de soie. Et on est à la pointe de la mode. Mais il existe plein d’autres coiffures. Vu que je suis vraiment très sympa, les voici. Si tu cliques sur le nom, tu as une illustration. La magie d’internet ! Truffau et barbettele voilela guimpela barbettele voile et la barbette, et ci-dessous, un hennin. Un bonnet pointu quoi. Avec un voile plus ou moins long. S’il touche le sol, la femme est reine ou princesse, aux pieds c’est une femme de chevalier, à la ceinture c’est de la simple bourgeoise.

    Les soins

     Se laver les cheveux

    Pour laver des cheveux, il n’y a pas dix mille solutions, soit tu les laves avec de l’eau et du savon, soit tu les nettoies à sec, avec de la poudre d’iris. La poudre d’iris est reconnue pour parfumer, mais aussi pour absorber l’excès de sébum. Le principe est le même que n’importe quel shampoing sec que tu trouves à Carrefour, sauf qu’il est bien plus naturel et bien moins agressif pour ton crane. Tu appliques donc de la poudre d’iris sur ta crinière, tu masses, tu masses et tu enlèves la poudre en trop avec un peigne. Rien de plus simple.

    Aussi, pour se débarrasser des pellicules, on utilise du jus de fleurs de genêt avec du vinaigre.

    En ce qui concerne les poux, on faisait pas grand chose en fait… L’épouillage, oui. Entre amoureux, mère et fille, ou bonniche et maîtresse. De manière générale, le pou avait bonne réputation, il permettait de se libérer du mauvais sang et d’éloigner les démons.

    Mais bon… ça démange…

     Se coiffer

    La brosse à cheveux n’existe pas, en revanche, le peigne oui. Il est souvent en bois, parfois en corne ou en os et ses dents sont plus ou moins espacées. Comme aujourd’hui, en fait. Les cheveux des femmes (surtout) étant très longs, c’est toujours un peu lent et chiant pour démêler le tout, du coup, on ruse. On fait des tresses ou des chignons pour limiter les nœuds. Porter un voile ou une coiffe en tissus permet de les protéger de la poussière et donc de les laver moins souvent #Astuce.

     Les artifices

    Vous le savez, l’herbe est toujours plus verte ailleurs. Aussi, les personnes brunes veulent avoir les cheveux clairs et les blondes veulent être brune. C’est une constante, l’humain est tellement prévisible. Il existe différentes méthodes pour modifier la couleur de ses cheveux. Voici quelques recettes.

    La décoloration

    Ah la décoloration, alors pour un blond de Cagole des plus parfaits, tu peux utiliser ton pipi. Ou celui de n’importe qui. Tu laisses reposer un bon litre d’urine quelques jours, et hop, tu as de l’ammoniac ! On utilise cette méthode en Italie et tout particulièrement à Venise. C’est d’ailleurs de cette technique que vient le nom du « blond vénitien ».

    Autre recette, du XIIIème siècle. Elle est tirée de l’Ornatus Mulierum. Je te la détaille.

    Il te faut faire bouillir la coque d’une noix avec de l’écorce de noyer. Ensuite, tu rajoutes dans l’eau de l’alun et des pommes de chêne. Et là tu te laves les cheveux comme d’habitude. Tu les essores et tu les enduis de ta mixture. Tu saupoudres le tout de safran, sang-dragon ou henné. Et là, tu laisses reposer 48h, puis tu rinces à l’eau chaude. Faut l’avouer, c’est un peu contraignant. Il te faut avoir une semaine juste pour tes cheveux quoi…

    Les colorations

    Pour les personnes blondes, ou celles qui ont plein de cheveux blancs alors qu’elles sont jeunes et fraîches (genre moi), il existe aussi des recettes plus ou moins miracles. Surtout moins.

    Pour avoir des cheveux châtains, on a besoin de noix de galle torréfiées et de feuilles de noyer que l’on fait bouillir. Et puis tu te laves les cheveux avec ça.

    Si tu veux avoir des cheveux vraiment noirs, il faut de la rouille de fer, des noix de galle, de l’alun et faire bouillir le tout dans du vinaigre et te laver les cheveux avec. Le mieux c’est de ne rincer qu’au bout de deux ou trois jours, comme ça, ça marque bien.

    Autre petite recette sympathique, ma préférée. Il faut fabriquer une petite mixture avec un petit lézard auquel tu as enlevé la tête et la queue et que tu as fait revenir dans l’huile. Tu prends des pommes de chêne et tu les fais frire. Ensuite tu mélanges le tout avec du vinaigre et tu laisses reposer quelques heures sur ta crinière.

    Tout ça alors que les cheveux sont presque toujours planqués sous quelques tissus…

    Recette bonus

    Pour favoriser la croissance des cheveux.

    Il te faut faire chauffer du pain d’orge, du sel, et de la graisse d’ours. Le cheveu deviendra plus gros et prendra une texture consistante en l’enduisant d’un mélange d’écorce d’orme, d’aigremoine, de racines de saule, et d’huile de graines de lin. Il faut cuire tout ça dans du lait de chèvre, laver et raser la partie que tu veux faire pousser, et puis tu enduis et tu rinces.

    Et si ça marche pas, bin… tu peux essayer de le transformer en dentifrice.

    sources /

    http://www.racontemoilhistoire.com/2015/03/02/coiffures-shampoing-moyen-age/

     

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    Suzy Solidor, de son vrai nom Suzanne Louise Marie Marion, est une chanteuse, actrice et romancière française, née le 18 décembre 1900 à Saint-Servan et morte le 30 mars 1983 à Cagnes-sur-Mer.

    Сюзи Солидор The many faces of Suzy Solidor 

     

     

    Figure emblématique des années 1930, symbole de la garçonne des « Années folles », elle a contribué à populariser auprès du grand public le milieu homosexuel parisien, célébrant dans plusieurs de ces chansons les amours lesbiennes (OuvreObsession, etc.).

    Biographie

    Suzy Solidor nait de père inconnu à Saint-Servan-sur-Mer (commune aujourd'hui rattachée à Saint-Malo) dans le quartier de la Pie. Sa mère, Louise Marie Adeline Marion, âgée de près de trente ans, est alors domestique de Robert Henri Surcouf, avocat, député de Saint-Malo et armateur, descendant de la famille du célèbre corsaire (selon Suzy Solidor, celui-ci serait son véritable père).

     

    Suzy+Solidor+sudio+photo The many faces of Suzy Solidor 

     

    Pour échapper à sa condition de fille-mère, Louise Marion épouse le 10 septembre 1907 Eugène Prudent Rocher qui reconnaît la petite Suzanne, alors âgée de sept ans. Celle-ci prend dès lors le nom de Suzanne Rocher. La famille s'installe dans le quartier de Solidor à Saint-Servan, qui inspirera plus tard son nom de scène à Suzy. Elle est alors la voisine de Louis Duchesne, chemin de la Corderie, sur la cité d'Aleth.

     

     

    fougita The many faces of Suzy Solidor 

     

    Suzy Solidor, Foujita and Yvonne de Bremon, Deauville, 1920

     

    Une « garçonne »

     

    Elle apprend à conduire en 1916 et passe son permis l'année suivante, ce qui à l'époque était exceptionnel pour une femme. Peu avant l'armistice de 1918, promue chauffeur des états-majors, elle conduit des ambulances sur le front de l'Oise, puis de l'Aisne.

    Après la guerre, elle s'installe à Paris.

     

     

    C'est à cette époque qu'elle rencontre Yvonne de Bremond d'Ars, qui sera sa compagne pendant onze ans et avec laquelle elle s'initie au métier d'antiquaire.

     

    Après leur séparation en 1931, Suzy Solidor a plusieurs liaisons,

    dont une avec l'aviateur Jean Mermoz.Afficher l'image d'origine

     

     

    Elle se tourne vers la chanson en 1929, et prendra peu après le pseudonyme sous lequel elle est connue.

     

    Elle fait ses débuts à Deauville, au cabaret Le Brummel.

     

    Sa voix grave, quasi masculine ("une voix qui part du sexe" selon Jean Cocteau), son physique androgyne, ses cheveux blonds et sa frange au carré marquent les esprits. Icône de la chanson « maritime », elle se produit en 1933 avec succès à L'Européen puis ouvre rue Sainte-Anne « La Vie parisienne », un cabaret « chic et cher », lieu de rencontres homosexuelles, où chante entre autres le jeune Charles Trenet.

     

     

    Sa réputation lui vaut d'apparaître en 1936 dans l'adaptation cinématographique du roman sulfureux de Victor Margueritte, La Garçonne. Elle devient parallèlement l'égérie des photographes des magazines de mode et des peintres, sa silhouette sculpturale inspirant plus de 200 d'entre eux, parmi lesquels Raoul Dufy, Maurice de Vlaminck, Francis Picabia, Man Ray, Jean-Gabriel Domergue, Jean-Dominique Van Caulaert, Kees van Dongen, Arthur Greuell, Foujita, Marie Laurencin, Francis Bacon et Jean Cocteau. Son portrait le plus célèbre est réalisé par Tamara de Lempicka en 1933.

     

     

    Кабаре Сюзи Солидор в О де Кань The many faces of Suzy Solidor 

     

    L'Occupation

    Durant l’Occupation, son établissement est fréquenté par de nombreux officiers allemands. Suzy Solidor ajoute à son répertoire une adaptation française de Lili Marleen, une chanson allemande adoptée par les soldats de la Wehrmacht (avant de l'être par les armées alliées) qu'elle interprète de façon régulière à la radio.

     

    Ses activités (selon André Halimi, "elle mériterait un brevet d'endurance pour l'inlassable activité qu'elle mena pendant l'Occupation, car elle passe d'un cabaret à l'autre, d'une radio à l'autre, d'un music-hall à l'autre") lui valent d'être traduite à la Libération devant la commission d'épuration des milieux artistiques, qui lui inflige un simple blâme mais lui impose une interdiction provisoire d’exercer.

     

     

    32 The many faces of Suzy Solidor 

     

    Elle cède alors la direction du cabaret à la chanteuse Colette Mars, qui y avait fait ses débuts, et part pour les États-Unis.

    110 The many faces of Suzy Solidor

     

     

    L'Après-guerre

    De retour à Paris, elle ouvre en février 1954 le cabaret « Chez Suzy Solidor », rue Balzac (près des Champs-Élysées) qu'elle dirige jusqu'au début 1960 avant de se retirer sur la Côte d'Azur. Elle s'installe à Cagnes-sur-Mer où elle inaugure la même année un nouveau cabaret, « Chez Suzy », décoré de 225 de ses portraits.

     

    Elle s'y produit jusqu’en 1966 avant de prendre la direction d'un magasin d'antiquités, place du château de Haut-de-Cagnes.

     

     

    En 1973, elle offre à la ville de Cagnes-sur-Mer une quarantaine de ses portraits, qui figurent aujourd'hui parmi les œuvres remarquables du musée de la ville (musée-château Grimaldi). Elle meurt le 30 mars 1983 et est enterrée à Cagnes.

     

     

    Répertoire

     

    Romans

    Térésine, éditions de France, Paris, 1939 (220 p.)

      • Fil d'or, éditions de France, Paris, 1940 (217 p.) - roman dédié "à ceux du large et à ceux du bled, à tous ceux des avant-postes, à ceux qui tiennent les portes de l'Empire..."
      • Le Fortuné de l'Amphitrite, éditions de France, Paris, 1941 (213 p.)
      • La vie commence au large, éditions du Sablon, Bruxelles-Paris, 1944 (242 p.)

     

     

    Théâtre

      • 1937 : L'Opéra de quat'sous de Bertolt Brecht, adaptation française de André Mauprey et Ninon Tallon, mise en scène de Raymond Rouleau et Francesco von Mendelssohn, théâtre de l'Étoile : Jenny-la-Paille
      • 1951 : L'École des hommes de Jean-Pierre Giraudoux, théâtre Michel - pièce écrite pour elle, où elle incarne une artiste peintre qui n'aime pas les hommes.

     

     

    Filmographie

      • Escale (1935) de Jean Dalray
      • La Garçonne (1936) de Jean de Limur, d'après le roman-éponyme de Victor Margueritte
      • La Femme du bout du monde (1937) de Jean Epstein
      • Ceux du ciel (1941) de Yvan Noé

     

     

     

    Notes et références

     

    Voir aussi

    Bibliographie

      • Véronique Mortaigne, « Solidor, furieux baisers », Le Monde 19552 du mardi 4 décembre 2007
      • Marie-Hélène Carbonel, Suzy Solidor : Une vie d'amours, coll. Temps mémoire, éd. Autres Temps, 2007
      • Didier Eribon (dir.), Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes, Larousse, 2003.

     

     

    Discographie

      • Martin Pénet (éd.), Chansons interlopes, 1906-1966, Labelchanson, 2006 (2CD)
      • Martin Pénet (éd.), Suzy Solidor au cabaret, enregistrements rares et inédits (1933-1963), Labelchanson, 2007

     

     

    SOURCES / http://www.musicme.com/Suzy-Solidor/biographie/

     

     

     

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    PETITE HISTOIRE DE L’ALLAITEMENT

    L’histoire de l’alimentation infantile est le témoin privilégié de l’évolution de la société. Le lait de la mère a toujours été considéré comme le meilleur aliment pour nourrir l’enfant, toutefois, la nature, la coquetterie, ou la pauvreté pousse certaines mères à trouver des solutions alternatives à l’allaitement.


    L’ALLAITEMENT MATERNEL

    Dès le Moyen-âge, l’habitude est prise de confier son enfant à une nourrice. Les nobles, suivies par la Bourgeoisie et finalement toutes les classes sociales urbaines font allaiter leurs enfants par des nourrices, contre l’avis des médecins de l’époque.

     

    A l’origine, cette pratique concerne surtout les milieux aristocratiques et bourgeois. Il s’agit alors des « nourrices sur lieu », qui viennent à Paris s’installer dans les maisons de familles aisées pour allaiter les enfants. Les « nourrices sur place » se voient quant à elles confier les enfants abandonnés de l’Assistance et les enfants de familles plus modestes, qu’elles élèvent à la campagne.

    L’allaitement est remis en cause par les femmes car cela les épuise et les expose à l’inconvenance, à la réclusion sociale (pour les femmes du monde). Elles y laisseraient leur beauté, leur fraîcheur sans compter les maris frustrés de n’avoir pas de relations intimes pendant la durée de l’allaitement qui peut durer longtemps. En outre, pour les femmes d’ouvriers ou d’artisans qui travaillent, l’allaitement est une contrainte, et elles n’ont pas d’autres choix que la mise en nourrice ou l’abandon.

    Avec la création de l’Assistance Publique au 19e siècle, la mortalité de ces nourrissons, très importante sous l’Ancien régime, baisse de façon significative. Les nourrices sont plus contrôlées, elles sont soumises à des visites médicales régulières, la durée d’allaitement est limitée à deux années, etc.

    Cette profession disparait au 20e siècle avec l’utilisation grandissante du biberon ainsi qu’avec la création d’autres modes de garde (crèches, assistantes maternelles à domicile…) destinées aux femmes qui travaillent. Toutefois, les donneuses de lait vont persister à l’Assistance Publique. Aujourd’hui les lactariums les ont remplacées, alimentés par des donneuses volontaires.

    • Un bureau de nourrices, José Frappa, 19e siècle

    Autre étape importante dans l’histoire de l’alimentation : la création de la première « Consultation de nourrissons ». Constatant un fort taux de mortalité dans les premiers mois suivant l’accouchement, le Docteur Budin crée en 1892 une consultation à l’hôpital de la Charité. Les jeunes accouchées reviennent ainsi régulièrement et gratuitement à l’hôpital avec leur nourrisson afin qu’il soit pesé et examiné. Elles allaitent leur enfant mais pour celles qui ne le peuvent pas, un lait stérilisé leur est fourni. L’alimentation est ainsi contrôlée et les règles de puériculture enseignées aux mères.

    Il en va de même pour les « Gouttes de lait ». Gaston Variot, docteur des hôpitaux de l’Assistance Publique, crée en 1892 La goutte de lait de Belleville. Cette visite au dispensaire se décompose en trois étapes : la pesée, la consultation et la distribution de lait. Devant le succès de ces expériences, l’administration décide de créer d’autres consultations et dispensaires dans Paris.

    • Consultation de nourrissons, début 20e siècle

    A la fin du 19e siècle, devant la recrudescence de cas de syphilis infantile la solution expérimentée par les hôpitaux est la substitution du lait maternel par du lait animal. En effet, les enfants malades ne peuvent pas être allaités par les nourrices par crainte de contagion. Le Docteur Parrot décide donc de fonder une nourricerie d’ânesses à l’hospice des Enfants-Trouvés, le lait d’ânesse étant celui qui se rapproche le plus de celui de la femme. Le nourrisson est placé directement au pis de l’animal de façon à éviter toute autre contamination. Les résultats sont peu concluants : une ânesse produit moins de 2 litres de lait par jour, lait qui se conserve mal et ne suffit pas à sustenter les nombreux petits patients.

    L’expérience ne dure que de 1881 à 1893.

     

    SOURCES / http://aphp.ebl.fr/hopitalimentation/page5.html

    • La nourricerie Parrot, Haennen, 19e siècle

    L’ALLAITEMENT ARTIFICIEL : BIBERONS, TÉTINES…

    L’essor du biberon et de « l’allaitement à la main » se produit au 19e siècle et se trouve directement lié à la 1ère révolution industrielle et à l’arrivée des femmes dans le monde du travail. Les quelques 150 biberons de la collection du musée témoignent de l’évolution des formes et des matériaux. Le biberon suit l’évolution sanitaire des hôpitaux et reflète l’engagement de plusieurs médecins de l’Assistance Publique dans la diffusion d’une nouvelle discipline : la puériculture.

    De l’Antiquité au 17e siècle, le biberon revêt différentes formes : gutti, petit pot en terre cuite, corne de bovin, cuillère en bois… Il n’est alors qu’un simple ustensile réutilisé à des fins d’allaitement.

    • Biberon, terre cuite moulée, époque gallo-romaine

    Le véritable biberon nait au 17e siècle. A l’origine en étain ou en fer blanc, le biberon en verre n’apparaît qu’au 18e siècle. Sa forme évolue de la simple bouteille à une forme plus élaborée comme celle du biberon limande, plat et allongé pour, semble-t-il, faciliter la prise en main de l’enfant.

    • Biberon, étain, 17e-18e siècle

    La tétine est fabriquée à partir d’un simple linge retenu par un lien de coton. L’usage de ce tissu également appelé « drapeau » perdure jusqu’au début du 19e siècle, époque durant laquelle il est remplacé par de véritables tétines. Le tissu est alors concurrencé par l’ivoire, le bois, l’os, ces matériaux permettant la fabrication d’embouts plus adaptés à un débit régulier et à une meilleure hygiène.

    • Tétines, matériaux divers, fin 19e-début 20e siècle

    Aux 19e et 20e siècles, les modèles qui apparaissent présentent la particularité de porter le nom de leur inventeur : c’est la naissance des marques et de la production manufacturée.

    La marque la plus célèbre est Robert. Ce fabricant crée le biberon à soupape et à long tuyau qui permet au bébé de se nourrir seul. Ce biberon connaît un grand succès jusqu’à son interdiction en 1910 : il est en effet la cause de nombreux décès car impossible à nettoyer d’où son surnom de « biberon tueur ».

    • Biberon Robert, plaque émaillée, 1873

    Des médecins de l’institution s’attachent à promouvoir la puériculture et l’allaitement. Ils vont jusqu’à créer des biberons qui répondent aux besoins nutritifs des nourrissons : c’est le cas du Docteur Budin et son galactophore, mais aussi du Docteur Variot et son biberon gradué physiologiquement. Il s’agit du premier de la sorte et il sera utilisé dans plusieurs biberonneries de l’Assistance Publique car il facilite nettoyage et stérilisation.

    « L’asepsie des biberons étant le complément indispensable de la stérilisation du lait, il faut donc délaisser tous les anciens appareils plus ou moins ingénieux imaginés pour régler l’écoulement du lait »

    Dr Variot, 1910

    La stérilisation est facilitée par le matériau et la forme des biberons mais aussi par l’utilisation de nouvelles matières pour les tétines. L’invention de la vulcanisation du caoutchouc par Goodyear en 1839 est une révolution dans le domaine. Par ce procédé chimique, le caoutchouc est ainsi rendu plus souple et résistant.

    • Galactophore du Dr Budin, verre, fin 19e siècle

    Depuis les années 1980, les tétines en silicone et les biberons en plastique (Bisphénol A) se répandent. Légers et joliment décorés, ils sont aussi potentiellement dangereux car leur composition chimique contient des perturbateurs endocriniens qui peuvent altérer la santé notamment la croissance. Aujourd’hui, dans les maternités et crèches du personnel de l’AP-HP, le Bisphénol est proscrit et le biberon à usage unique est la règle.

    • Biberon sérigraphié, Bambéric, fin 20e siècle

     
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  • Quel avenir pour l’Oratoire 
    de l’hôpital Saint Vincent de Paul ?

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    Depuis 2010 on a assisté à la disparition programmée de

    l’Hôpital Saint Vincent de Paul avec, en premier lieu, la fermeture des urgences, puis le transfert progressif de ses divers services soit à Cochin, soit à Necker.


    Façade de l'Hospice des Enfants Assistés 

    A l’heure où nous écrivons il ne reste en fonctionnement sur le site, dans la partie dite ‘’de l’Oratoire’’, que ‘’le Centre d’ Accueil d’Urgence pour l’Enfance ’’.

     

    Il s’agit d’un établissement public départemental spécialisé dans l’accueil des enfants nécessitant protection dès la naissance.

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    Le déménagement de ce service public à la Porte des Lilas était prévu pour fin décembre ; il a été reporté au 15 janvier 2014. Une fois ce transfert réalisé que deviendront les locaux abandonnés ?

     

    En particulier que deviendra la chapelle dédiée à ‘’la Sainte Trinité et à l’Enfant Jésus’’ située 76 avenue Denfert Rochereau, et dont le portail et la façade avec rosace, sont connus de tous les habitants du XIVème arrondissement ?

    img_bul206_05Hospice des Enfants assistés – Carte postale ancienne (Coll. YAB)

    Un bref point d’histoire : cette chapelle a été construite entre 1655 et 1657 par l’architecte Daniel Gittard. Elle était le lieu de culte du  noviciat de l’Ordre de l’Oratoire et cela dura jusqu’en 1792 (1).

     

    Après la Révolution l’Institution de l’Oratoire devint  à partir de 1814 un hospice pour enfants trouvés de moins de 2 ans.

     

    Il faut rappeler qu’un ‘’ tour ‘’ avait été installé  dans le mur  de l’hospice donnant  sur la  rue d’Enfer, appellation à l’époque, de notre actuel boulevard : on pouvait déposer sur la partie du plateau donnant sur la rue, l’enfant  que l’on décidait d’abandonner ;

     

    le plateau en tournant faisait entrer l’enfant à l’intérieur des locaux de l’hospice où les sœurs de Saint Vincent de Paul le prenaient en charge.

     

    Ce ‘’tour ‘’ a fonctionné jusqu’en 1860, année à compter de laquelle l’Institution de l’Oratoire a pris le nom d’Hospice des Enfants Assistés’’. 

     

    Au fil des ans de nombreux bâtiments furent construits et l’ensemble ainsi constitué fut dénommé en 1942, ’’Hôpital-hospice  Saint Vincent de Paul’’. Au sein de cet ensemble hospitalier ’l’Oratoire ‘’ dit aussi la ‘’Pouponnière‘’, a continué de fonctionner  jusqu’à  nos jours.

    Donc après transfert, que va devenir ce bâtiment qui a vu passer de si nombreuses générations d’enfants en difficulté ?

     

    Le Plan Local d’Urbanisme a classé l’Oratoire dans la catégorie des immeubles à préserver. 

     

    Reste la question : comment  sera sauvegardé ce lieu ou une partie de ce lieu, où convergent  tant de mémoires d’adultes, qui, enfants, y ont séjourné ?  Y revenant même pour y retrouver …quelque trace ?

    img_bul206_06Hospice des Enfants Assistés – La crèche – Carte postale ancienne (Coll. YAB)

     

    C’est la question que s’est posée lors de son départ en retraite Geneviève Lecuyer-Albert longtemps attachée à ‘’l’Oratoire’’ comme psychologue.

    C’est pour faire en sorte qu’une réponse soit  donnée à cette question qu’elle a décidé, sur une idée de Guillaume Normand, archiviste, de créer avec d’autres collègues, une association dont l’objet est d’œuvrer à ce que,

    Afficher l'image d'origine 

    malgré les restructurations et destructions qu’implique, hélas,  toute opération immobilière de l’envergure de celle qui se prépare, cet endroit et ce bel immeuble du XVIIème siècle soient préservés, et deviennent un lieu de mémoire.

     

     

    img_bul206_07Hospice des Enfants Assistés – La crèche

    – Carte postale ancienne (Coll. YAB)

    La Société Historique du XIVème arrondissement, soucieuse de la préservation des lieux ou chemins de mémoire et du patrimoine de l’arrondissement, a décidé de soutenir les initiatives que cette nouvelle association sera conduite à prendre.

    Elle demande donc aux sociétaires intéressés par les buts que se donne cette association, de se faire connaitre auprès du signataire du présent article.

    Jean-Pierre Terseur 

     

    SOURCES Blog sensationnel

    http://www.sha14.asso.fr/bulletins/bulletin-n206/

     

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    Les Tuileries et les galeries du Palais-Royal sont le centre de la prostitution parisienne au XVIIIe siècle.

    Au cours du XIXe siècle, les maisons closes s’éparpillent dans Paris, notamment sur les grands boulevards où foisonne la vie ainsi que dans les passages couverts à l’architecture moderne et à la forte fréquentation, où tout se vend et tout s’achète. Les galeries du Palais-Royal sont peu à peu délaissées.

     


    16 rue Blondel, Paris, France, octobre 1920
    Autochrome de Frédéric Gadmer, Inv. A 24050
    © Musée Albert-Kahn - Département des Hauts-de-Seine

     

     

    L'architecture de la maison borgne

     

     

     

    Les maisons closes ou borgnes tiennent leurs noms de leur architecture spécifique : tournées vers l’intérieur, elles présentent des façades dépouillées et neutres, aux fenêtres souvent grillagées ou masquées pour empêcher les femmes de racoler.

      

    En revanche, l’intérieur est très soigné et les décors théâtraux, la maison s’articule autour d’un escalier central desservant tout l’immeuble entièrement consacré à la prostitution.

      

      

     

      Afficher l'image d'origine

      

    Au-dessus de la double-porte d’entrée se trouve la mythique lanterne rouge, héritée des lupanars antiques, éclairant le numéro à la nuit tombée.

      

    Certaines maisons portent parfois une enseigne. Les immeubles occupés par les maisons borgnes ne sont souvent large que d’une seule pièce, les rendant immédiatement reconnaissable depuis la rue.

      

    Ne donnant aucune vision directe sur l'intérieur depuis la rue, la porte d'entrée s'orne parfois d'éléments de décor attrayants tandis que les clients quittent l'endroit par une porte dérobée.

     

     
     
     
      

     

     

    Une pratique répandue

     

      

    Au XIXe siècle, la maison close est un endroit chic que les hommes d'affaires comme les étudiants côtoient sans se cacher. 200 établissements officiels, contrôlés par la police et des médecins sont recensés dans Paris.

      

    L'Etat profite du commerce en prélevant par l'intermédiaire du fisc, 50 à 60 pour cent sur les bénéfices.

      

    Entre 1870 et 1900, 155 000 femmes sont déclarées comme prostituées ; à ce nombre s'ajoutent de nombreuses femmes qui pratiquent la prostitution clandestine.

      

    En 1911, la police autorise les « maisons de rendez-vous », moins identifiables de l’extérieur, où les prostituées ne vivent pas mais viennent seulement travailler.

      

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    Ces établissements modernes font la satisfaction d’une clientèle aisée et discrète dans les années 20.

      

    Parallèlement à ces maisons officielles, on trouve des cafés à serveuses

    « montantes » ou des instituts de bains et de massage à la prostitution déguisée. Mais il existe un type de maison close destiné au bas de l’échelle sociale, les maisons d’abattage.

      

      

    Soumises à la même réglementation que les maisons closes classiques ou luxueuses, le travail s’y effectue à la chaîne. La clientèle est constituée d’ouvriers ou de soldats. Les plus grandes de ces maisons peuvent faire travailler jusqu’à 50 femmes soutenant un rythme effréné (chacune peut recevoir plus de 20 clients par jour).

     

     

     Rue Blondel

     

    Et réglementée

    Afficher l'image d'origine 

     

    La prostitution est soumise à une réglementation qui s'élabore au fil des ans. En 1796, Napoléon institue un registre de la prostitution, quelques années plus tard en 1802, la visite médicale devient obligatoire.

      

    La légalisation de la « tolérance » et des maisons closes se précise en 1804 : une brigade des mœurs contrôle les filles et les maisons. Les prostituées doivent alors s'inscrire d'abord à la préfecture et ensuite dans une maison. Les filles des rues sont dites « en carte », celles des maisons closes sont dites « à numéro ».


    Le règlement détaillé édité en 1823 par le préfet de police Dubois reste inchangé jusqu’en 1946.

     

     

     

     

    Hygiénisme et moralité

     

      

    La mise en place d’un système de tolérance implique une surveillance sanitaire dès la fin du XIXe siècle.


    Au début du XXe, la propagation des maladies vénériennes, dont la syphilis, alerte les autorités : les débats portent à la fois sur les questions d’hygiène et sur la moralité, remettant en cause la réglementation existante considérée comme hypocrite.

     

     

    Rue Sainte Appoline

      

      

    Le Comité national d’Etudes sociales et politiques créé par Albert Kahn se penche sur ces questions et publie plusieurs rapports en 1928.

     

    L’idée de l’abolitionnisme fait son chemin et le 13 avril 1946, le projet de loi sur la fermeture des maisons closes initié par l’ancienne prostituée Marthe Richard est finalement voté. 1500 établissements, dont 180 à Paris, ferment leurs portes.

     

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    Persiennes et gros numéros

     

      

    L’image codifiée de la maison close est ancrée dans la mémoire collective, peu modifiée en un siècle et demi d’existence officielle : gros numéros, persiennes et lanternes rouges ont été fixés et diffusés par les artistes, observateurs ou amateurs de ces paradis artificiels.

     

     

      

    L’évocation des maisons closes et des lieux de plaisir peuple le monde de l’artà l’entre deux guerre, assouvissant l’infini besoin d’étourdissement et de jouissance qui caractérise cette période.

    La crise de 1929 met fin à ces années vouées aux plaisirs légers.

     

     

     

     

      

    http://albert-kahn.hauts-de-seine.net/archives-de-la-planete/dossier/maisons-closes/

     

     

    photos google

     

     

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    Jetons pour maisons closes.

     

     

    http://www.delcampe.fr/items?catLists%5B0%5D=9492&language=F&page=1&useAsDefault=N&buyingFormatForm%5Bsale_type%5D=sale_type_auction&sortByForm%5Bsort%5D=date_fin_ASC

     

     

     

     

     http://cultures-j.com/au-coeur-des-maisons-closes-avec-fraulein-france-de-romain-sardou/

     

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  • Marie Ernestine Blanche Antigny

    dite Blanche d’Antigny

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    « Nana » d’Emile Zola :

    une société désespérée par la prostitution

     

    BLANCHE D'ANTIGNY

    Par Bernard Vassor

    Une des deux lionnes ayant servi de modèle à Zola pour le portrait de Nana

      

    Nous apprenons dans le registre des archives de la Police, (série BB)  un lourd volume in-folio, près de mille pages, ayant des ais de bois et un fermoir avec des coins en cuivre) que

     

     

    Ernestine Blanche dite Blanche d'Antigny

    vivait au jour le jour dès l'âge de 17 ou 18 ans, fréquentant les endroits publics, dont le bal Mabille, véritable terrain de chasse pour les courisanes en herbe.

     

     

    Elle habitait alors un garni  6 cité d'Antin, puis, plus tard au 17. Elle était avec Pépita Sanchez sous la coupe de la Guimont, célèbre procureuse de la rue Joubert.

     

     

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    Voici la description presque photographique d’un témoin de son temps :

      

    « C’était une belle, bonne, blonde, réjouie et plantureuse fille aux yeux bleu saphir, à la chair couleur de lait, toujours en gaité et en santé.. Elle avait un buste superbe, une gorge opulente, modelée et arrogante, qui contrastaient légèrement avec la partie inférieure de son corps, relativement grêle. Au total, ragoûtante au possible et ne manquant que d’une seule chose, la distinction. (…)

     

    Elle fut un moment une des reines de Paris.

     

    Elle se promenait au bois avec un curieux atelage russe et des trotteurs de l’Ukraine, conduite par un moujik en blouse de soie, qui attirait tous les regards. (…)

     

    Les hommes à la mode, les jeunes seigneurs les plus courrus, les nababs les plus étincelants, les parvenus les plus cossus lui faisaient une cour acharnée et rivalisaient à son égard de générosité et de passion. »

      

    Elle était parmi les dames galantes,

    parmi celles qui ont consommé le plus de livres.

     

    Elle était une habituée de la « Librairie Nouvelle » du boulevard des Italiens, où tout ce qui se passe et tout ce qui se dit à Paris est raconté et commenté parfois par des témoins oculaires.

     

    Née en 1840, elle fréquenta dès l'age de 15 ans le bal Bullier. Elle est engagée comme écuyère au Cirque d'Hiver en 1856.

     

    A 18 ans, elle se fait remarquer par sa façon de danser au bal Mabille et obtient ainsi un engagement au théâtre de la Porte Saint Martin.

     

    Elle obtint de nombreux succès, et sa notoriété va devenir immense.

     

    En 1862, elle prend pour secrétaire le jeune Arthur Meyer (futur fondateur de journaux et du musée Grévin) lui permettant ainsi grâce à ses relations, une ascension rapide dans le monde du journalisme.

    Curieusement, Arthur Meyer fut également secrétaire du préfet Janvier de la Motte !!!

    Afficher l'image d'origine  

    En 1863, un prince russe l'emène à Moscou où elle devint la maîtresse du très riche et très puissant préfet de Police Mesentof du Tsar qui en fit la plus recherchée et la plus chère à entretenir des courtisanes du royaume.

     

    Revenue à Paris elle occupe les plus grands rôles dans les salles parisiennes et des tournées en province. .........................................................................................................

    Pendant la guerre franco-prussienne, elle accueille les blessés dans son hôtel particulier de l'avenue Friedland.

     

    Elle passe la période de la Commune de Paris dans sa maison de Saint Germain en Laye.

     

    En 1872, au cours d'un voyage à Londres, elle rencontre d'anciens communards proscrits auxquels elle accorde une aide discrète. Jean Baptiste Clément fou amoureux lui decicace une chanson.

      

    Son amour n'étant pas récompensé, il modifie sa dédicace au profit de la Comune de Paris. Pour echapper à ses créanciers, elle part pour l'Egypte en 1873.

    Elle contracte une maladie et rentre en France où ruinée, elle est hébergée par son amie Caroline Letessier qui lui donne asile et la fait soigner(morte en 1892 et maîtresse de Maurice Janvier de la Motte, le second et digne fils du célèbre préfet)

     

    Elle figure dans le carnet de notes préparatoires de Zola pour Nana page 311 avec ces indications : "laide, agée. Esprit. Très mordantes" elle était née vers 1837 Zola en 1840 !).

      

    Le portrait dans Nana est double :

     

    Blanche de Sivry blonde au visage charmant et un peu gras.

     

    Le fin du récit est directement inspiré de la mort douloureuse de Blanche d'Antigny.

     

    Pour le reste, c'est surtout Valtesse de La Bigne qui est l'inspiratrice du romancier.

    Blanche d'Antigny est morte le 28 juin 1874, d'une fièvre typhoïde 93 boulevard Haussman.

    Elle fut inhumée dans le caveau de Caroline Letessier au Père Lachaise. Suivaient le convoi, des banquiers ou agents de Change : Dolfus, Guntzbourg, Alequier, et des "collègues" de Blanche :

    Hortense Schneider, Alice Régnault, Lucie Verneuil, Lucie Levy et les acteurs Train et Dupuis....................................................

      

      

    Sources :

     

    Parmi ses "collègues en bicherie" on y a rencontré :

    Alice Regnault, qui deviendra plus tard la femme de Mirbeau,

    Marguerite de Bosredon, Hortense Schneider,

    Laure Eyman Berthe Legrand et

    Pauline Nozières..................

     

    Archives de la préfecture de Police

    Archives de Paris

     

     

     

    « Comme il passait devant le foyer des artistes, il avait aperçu, par les portes ouvertes, le délabrement de la vaste pièce, honteuse de taches et d’usure au grand jour. Mais ce qui le surprenait, en sortant de l’obscurité et du tumulte de la scène, c’étaient la clarté blanche, le calme profond de cette cage d’escalier, qu’il avait vue, un soir, enfumée de gaz, sonore d’un galop de femmes lâchées à travers les étages. On sentait les loges désertes, les corridors vides, pas une âme, pas un bruit ; tandis que, par les fenêtres carrées, au ras des marches, le pâle soleil de novembre entrait, jetant des nappes jaunes où dansaient des poussières, dans la paix morte qui tombait d’en haut. »

    Emile Zola, Nana

    Cet ouvrage est le 9ème de la saga des Rougon-Macquart.

    D’un ton léger mais de la plume impeccable qu’on lui connaît, Zola nous offre une peinture de la prostitution de l’époque.
    Nana apparaît sur scène en Vénus, laissant entrevoir une nudité qui affole les hommes.

     

    De là, elle fera payer ses charmes, jusqu’à ruiner ses amants.
     

     

    Son pouvoir sur la gent masculine agacera ses concurrentes et rendra fous d’amour de nombreux prétendants.
     

     

    Le Comte Muffat, Vandoeuvres, Georges et Philippe Hugon, Steiner… il les lui faudra tous !
    Nana est impulsive, naïve, obstinée… elle est l’image même de la cocotte du XIXème siècle, face aux carcans de la bourgeoisie.
     

     

    J’ai beaucoup apprécié la lecture de ce chef d’œuvre, que je ne peux que vous recommander.

     

    Pas de longues phrases sans fin, mais une fluidité extraordinaire pour un sujet bien plus profond que le titre ne pouvait le laisser présager.

      

    blog : http://autourduperetanguy.blogspirit.com/une_nana_d_emile_zola/

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