• Joséphine Baker aurait sa place au Panthéon

     

    Joséphine Baker aurait sa place au Panthéon

    L'artiste américaine naturalisée française mériterait cet honneur suprême, estime l'écrivain Régis Debray.

    Pardon? La meneuse de revue juste vêtue de sa fameuse ceinture de bananes, la chanteuse de « Ma tonkiki, ma tonkiki, ma tonkinoise », une Noire américaine, rejoignant Emile Zola, Marie Curie et Jean Moulin dans le temple de la nation française?

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    En rêvant tout haut de voir Joséphine Baker entrer au Panthéon,

    dans « le Monde », l'écrivain Régis Debray surprend ceux qui n'avaient d'yeux que pour Olympe de Gouges et la Révolution française, l'ethnologue et résistante Germaine Tillion ou

    l'écrivaine et féministe Simone de Beauvoir.

     

    Alors que le président de la République souhaite faire entrer des femmes place des Grands-Hommes — qui n'en compte que deux,

     

    Marie Curie et Sophie Berthelot —, Régis Debray rappelle dans sa tribune combien Joséphine Baker, grande résistante et militante humaniste, née dans le Missouri en 1906 et morte à Paris en 1975, a lié son destin à celui de la France.

     

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    « Rien ne serait plus dépaysant, moins hypocrite et narcissique, que de hisser cette Américaine naturalisée en 1937, libertaire et gaulliste, croix de guerre et médaille de la Résistance, au cœur de la nation »,

     

    écrit l'iconoclaste baroudeur.

     

    Arrivée en France avec « la Revue nègre » à 19 ans, Joséphine Baker, née Freda Josephine McDonald, n'en repartira jamais.

     

    En 1937, la star noire de l'entre-deux-guerres se marie avec un Français et avec la France, en prenant la double nationalité

    « pour remercier ce pays qui m'a tout donné ».

     

    En 1939, lorsque la guerre éclate, elle chante pour les troupes françaises et entre dans la Résistance comme espionne au sein du 2e Bureau

    et sous-lieutenante des forces féminines de l'armée de l'air, puis en cachant des maquisards dans son château des Milandes, dans le Périgord.

    Un engagement qui lui vaudra cinq médailles à titre militaire.

    Après-guerre, celle qui a deux amours, son pays et Paris, s'engage dans la lutte contre le racisme aux Etats-Unis en soutenant le mouvement pour les droits civiques de Martin Luther King et en France la Licra

    (future Licra, Ligue contre le racisme et l'antisémitisme).

     

    Surtout, elle fait des Milandes « le village du monde et la capitale de la fraternité universelle » et y installe les douze enfants de pays et religions différentes qu'elle a adoptés :

     

    un petit Coréen victime de la guerre, deux rescapés de la guerre d'Algérie, un Algérien et une Française, qu'elle prénomme Marianne.

     

    Une « tribu arc-en-ciel » qui fera son bonheur et sa ruine.

    Sans doute sa vie romanesque correspond-elle au portrait de la femme

    « panthéonisable » que dressait Philippe Bélaval, le président du Centre des monuments nationaux, à François Hollande en octobre dernier :

     

    « Des femmes du XXe siècle qui se sont illustrées par leur courage et leur engagement républicain. »

     

    En tout cas, les enfants de Joséphine Baker, qui ne connaissent

    pas Régis Debray et s'expriment pour la première fois, soutiennent en chœur sa proposition.

    Par la voix de Jean-Claude Bouillon-Baker, son 5e enfant adoptif, ils se disent fiers et enthousiastes, même s'ils souhaitent que son corps demeure dans le caveau familial de Monaco :

     

    « Ce serait une immense reconnaissance pour cette fille de France qui a beaucoup œuvré pour la liberté, le métissage et la position des femmes dans la société, clame son fils, qui lui a consacré une biographie*.

     

    Quarante ans après sa disparition, c'est l'opportunité pour nous de faire découvrir à la nouvelle génération l'humaniste derrière

    l'égérie des Années folles. »

    * « Un château sur la Lune : le Rêve brisé de Joséphine Baker », 

     

     

    « JOSEPHINE BAKER, une GRANDE RESISTANTE LES FEMMES ENGAGEES dans les FORCES FRANCAISES LIBRES »
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