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    Comme dans toutes les guerres, les soldats des deux camps se trouvèrent au cours de la guerre de sécession, privés de leurs compagnes pour une longue période.

    La nature étant ce qu'elle est, ils cherchèrent naturellement un palliatif à cette absence.

    Le moyen le plus simple restait encore le recours aux "professionnelles de l'amour" et on peut affirmer, sans se tromper, que la sexualité des soldats de la guerre civile américaine fut satisfaite avant tout par la prostitution.

     

    Au nord comme au sud, celle ci prit des proportions jusqu'alors jamais atteintes lors d'un conflit, mais cette guerre n'est t'elle pas précisément faites de "premières" ?

     

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    Surnommées "filles faciles", "filles de joie" ou encore "filles de petite vertu", ces femmes venus dans l'Ouest américain pour pratiquer le plus vieux métier du monde sont les premières dames de "l'American Frontier", les pionnières de l'Ouest.

    Les pionniers de l'Ouest américain étaient à la recherche d'or. Vivant dans des villes minières, ils ont rapidement attiré de nombreuses prostituées. Bagarre, jeux, alcools, elles ont subit la violence des hommes. Si certaines sont encore connues aujourd'hui, beaucoup sont mortes dans l'indifférence et dans la pauvreté.

    A travers les portraits des plus célèbres d'entre elles, ce film nous permet de cerner la réalité de leur difficile vie.

     

     

     

    Concernées avant tout: Les grandes villes. Washington compte 450 "bordels" répertoriés en 1862, (mais on en découvre de nouveaux tous les jours !) dont "Fort Sumter", "the Ironclad", "the blue goose" etc... et 5 000 prostituées en 1863 (contre 500 en 1860 !), plus 2 500 dans les villes voisines de Georgetown et Alexandria, décrite comme "une parfaite Sodome", sans compter les filles entretenues que des officiers font parfois

    passer pour leur épouse !!! .

    Un reporter, Franc B.Wilkie décrira avec dégoût son séjour à Washington à l'automne 1862 :

     

    « c'est le trou le plus pestilentiel depuis Sodome et Gomorrhe .

     

    La majorité des femmes dans les rues sont ouvertement de mauvaise vie… Les officiers ivres y sont en nombre suffisant pour prendre Richmond mais préfèrent les bars, les maisons de jeu et les maisons closes aux champs de bataille. »

     

    Dans la capitale fédérale, un quartier entier, "Murder bay" (appelé aussi "Hooker's division"), est voué à la prostitution.

     

     

    Puisque nous en parlons, le nom du général Hooker (ci-contre LC) reste lié à la prostitution même si le terme "hookers" désignant à la fois prostituées et beuveries était déjà employé bien avant la guerre.

     

    Par une amusante coïncidence, Hooker s'intéresse justement fortement au problème, ("payant"  de sa personne dit on) et pense que la présence de femmes dans les camps serait bonne pour le moral des troupes.

    "Nous sommes les filles de Hooker" s'exclament en guise de laissez-passer, les prostituées conduites dans les cantonnements fédéraux à la veille de la bataille de Chancellorsville en mai 1863.

     

    Un officier de cavalerie du Massachussetts dira de Hooker :

    «  Quand il avait le commandement, le quartier général de l'armée du Potomac n'était pas un endroit pour un homme respectable et aucune femme décente n'y avait sa place. C'était un mélange de bar louche et de bordel » .

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    En 1864, les autorités de Washington (qui restent bien impuissantes devant le phénomène malgré "raids" et amendes) classent 85 "maisons" (ou l'on vend le plus souvent de l'alcool illégalement), selon leur "qualité", des meilleures (N° 1) dans les beaux quartiers aux "pires" (N°3 ou sans numéro du tout !),

    on trouve même un certain nombre de "bordels" proposant exclusivement des filles de couleur !

     

    Le private Haydon note en novembre 1861 qu'on trouve trois types de gens dans la capitale: les soldats,

     

    " les deux autres grandes classes sont les politiciens et les prostituées, très nombreux et égaux en quantité, en honnêteté et en moralité. "


    En 1860 New York propose déjà 700 "maisons" et 2 500 filles sont sur les trottoirs.

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    Pendant la guerre, on y trouve au moins 8 000 prostituées.

    En 64/65, 2 000 filles hantent les rues et les "bordels " de Chicago.

     

    Baltimore, Boston, Cincinnati, St Louis ne sont pas en reste. "Nous avons du bon temps ici, une garde de temps en temps et une fille toutes les nuits"

     

    (C.Hopkins, près de Cairo, Illinois, avril 1864).

    Irvin Bell Wiley note que toutes les villes du sud soumises à l'occupation yankee deviennent rapidement des "paradis du vice", les soldats attirant apparemment Ies prostituées comme des mouches !!!

     

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    Elles suivent même les armées semble t'il, un soldat nordiste note, en décembre 1863, que de nombreuses putains de Norfolk (Virginie) sont originaires du même état que lui, le Connecticut...

     

     
    Louisville, la Nouvelle Orléans, Portsmouth, Norfolk, New Bern, Chattanooga, Savannah, Nashville, Memphis etc...

     

    se transforment en lieux de débauche, souvent quelques semaines seulement après l'entrée des fédéraux (quand elles ne le sont pas déjà bien entendu, les "maisons" de Bourbon street a la Nouvelle Orléans "fonctionnaient" fort bien avant la venue des soldats bleus !!! !) .
     

     

    Un officier de l'Ohio écrit que

     

    "Memphis est maintenant une des places principales de la prostitution féminine du continent.

    La vertu n'est plus connue qu'en dehors de ses limites."

     

    "]e suis de garde presque tous les jours parce qu'il y a tellement de mauvais lieux ici que nous devons placer une sentinelle devant chaque porte pour maintenir l'ordre"

    (Samuel Jarrett à Savannah, janvier 1865).

     


    Nombreuses sont les filles de joie confédérées qui "changent de camp" quand l'occasion se présente, un soldat en vaut un autre, surtout quand il paye en bons dollars yankees!

     

    Notons que certaines choisiront tout de même de suivre les rebelles en retraite, ou, restant sur place, afficheront sans retenue leur patriotisme, allant jusqu'à faire de la contrebande ou même assassiner des soldats ennemis...

     

    Quand les autorités
    fédérales de Washington laissèrent libre passage aux femmes qui
    désiraient rejoindre le sud  (ici leur
    embarquement , LC), 600 choisirent de partir .
    Parmi-elles au moins 70 prostituées .

     

    City Point en Virginie est une importante base fédérale pendant le conflit: "le diable est dans la place. I1 y a une cité entière de putains. Oui père, une cité entière !" (Un employé de la "Sanitary commission" à sa famille, fin 1864). Si cela choque ce jeune homme, d'autres (les plus nombreux ?) ne s'en plaignent pas "Nous n'avons rien à faire ici à part baiser, et on le fait abondamment !" (F.R.Lyman, 1864) !!!

     

    Les soldats profitent parfois de leur "auréole de libérateur" auprès des prostituées noires, très appréciées pour "l'exotisme":

     

    "Elles tombent amoureuses de nous pensant que nous allons les emmener vers la liberté et elle ne nous font pas payer !" note avec satisfaction un yankee stationné à Memphis !

     


    Les soldats confédérés ont aussi leurs lieux de perdition:

     

    La Nouvelle Orléans, Mobile, Dalton(Géorgie), très réputée pendant les campagnes d'Atlanta et Chattanooga

    (Johnston tentera d'y intervenir sans grand succès):

     

    "I1 me parvient quotidiennement des plaintes concernant les nombreuses femmes de mauvaise vie de cette ville"

    écrit un officier du QG de l'armée du Tennessee à l'été 1864

     

    "Elles pullulent dans l'entourage immédiat des quartiers de nos soldats et ont des relations avec presque tous ceux ci. Des vols sont commis dans nos dépôts pour payer leurs services." .

     

     

    Mais c'est la capitale de la Confédération, Richmond qui emporte la palme. Petite ville provinciale promue capitale, Richmond a vu sa population passer de 40 000 à 100 000 personnes en deux ans ! "Une métropole boursouflée par le vice" dit le journal 1'Examiner".

     

     

    Dans les faubourgs de l'ouest, "Screamerville" (la ville des hurlements) n'est qu'une suite ininterrompue de saloons, de bordels et autres lieux louches.

     

    Une de ces "maisons de vice" va jusqu'à s'installer en face d'un des plus importants hôpitaux militaires, et les "propositions »  (gestes a l'appui !) fusent au dessus de la rue et des passantes respectables vers les soldats convalescents !!! µ

     

    Un auteur a estimé qu'en ces années la, Richmond contenait plus de prostituées de toutes catégories, que la Nouvelle-Orléans et Paris réunies !

    Petersburg, du fait de sa proximité avec le front, est également un "paradis " dans le genre, les soldats sudistes se communiquent les bonnes adresses d'une unité à une autre! Parfois, les filles vont même jusqu'aux lignes: "I1 y a deux semaines, une femme est venue de Petersburg et s'est arrêtée à deux cents yards du camp. Plusieurs des gars sont allés la voir et ont eu beaucoup d'amusements avec elle. Mais c'était pendant le drill et ils l'ont manqué, alors ils ont été punis" (un jeune Nord Carolinien fin 1863). « Je suis allé dans la grande ville de Petersburg et j'y ai eu deux belles femmes qui m'ont couté onze dollars. Tom Lane est venu deux fois avec moi sur la même fille. I1 dit qu'elle est un peu mieux que la veuve (illisible)..." (H.D.Cameron, 3d NC Cavalry, février 1863).
    Partout, soldats et officiers bleus ou gris s'affichent ouvertement avec des filles, dans les rues, aux spectacles, dans les bals, quand ce n'est pas lors de réceptions officielles !
    Plusieurs officiers nordistes seront d'ailleurs "démissionnés » pour leur conduite inconvenante. Le "Nashville daily press" note qu'une jeune prostituée se promenant dans la ville, nue de la taille aux pieds, en compagnie d'un officier de l'Union, y causa une perturbation considérable !

     

    Une carte de visite « d'actrice » pendant la guerre , carte qui peut tout aussi bien servir de publicité à une prostituée notoire ! Le genre de photos dont étaient friands les soldats de la guerre civile ...

     

    En janvier 1864, un journal de Cincinnati affirme que les "filles de joie" sont près d'avoir éliminé totalement les femmes décentes des promenades publiques.


    Au sud, il en va de même, le maire de Richmond en est outré.

     

    Ces "dames" étant souvent bien mieux vêtues que les vraies Ladies, on se pose des questions sur l'efficacité du blocus ...

     

    On a beau s'indigner, tenter de chasser les "Cyprians", de les incarcérer, voire de les "refiler" aux "copains d'en face", rien n'y fait ...

     

    "Les nymphes du monde sont depuis toujours nécessaires aux grandes armées car elles en sont une émanation" explique le "Daily Inquirer" de Richmond.


    Leurs tarifs sont des plus variables, de quelques cents à des centaines, voir des milliers de dollars selon la "catégorie" et les milieux ou elles évoluent. La plupart des "maisons" sont tenues par des "maquerelles" aux noms d'emprunt (rarement des hommes), il existe une prostitution de la rue ou l'on trouve des "indépendantes" et de nombreux "souteneurs"...

     

    Rien de neuf sous le soleil !

    Généralement, les filles réduites à la prostitution n'ont pas choisi ce métier par vocation on s'en doute.

     

    La pauvreté, I'alcool, le veuvage même, peuvent faire glisser bien des femmes sur la pente du "vice".

     

    Cinq "filles" de Culpeper furent arrêtées un jour à Richmond, au cours de leur interrogatoire, deux d'entre elles affirmèrent avoir perdu leur époux dans les rangs de I'armée Confédérée.

     

    On ne les en traita pas mieux pour cela, personne ne semblant prêter attention à ce genre de déclaration.

     

    Le 30 avril 1861, une jeune fille de 16 ans fut arrêtée à Boston, racolant dans la rue.

     

    Elle était couturière mais ne gagnait pas assez pour nourrir sa mère.

     

    On pourrait multiplier les exemples de ce genre que le temps de guerre aggrave encore, particulièrement dans le sud ou des milliers de femmes connaissent le triste sort des réfugiés de toutes les époques: la perte de leur foyer, l'errance, souvent avec des enfants, la misère, la faim Comment s'étonner que beaucoup ne trouvent que dans le commerce de leur corps, les ressources nécessaires pour continuer a subsister ?

     

    Des « dames » dans leur boudoir . Pour ce genre de photographies « osées » , on recourait souvent au service de prostituées dans les studios ...

    Dès lors, la prostitution ne se rencontre plus seulement dans les grandes villes, mais dans toutes les agglomérations et encore plus généralement dans toutes les zones, urbaines ou rurales ou l'on trouve des soldats ou des troupes en marche. "Cette partie du pays abonde en femmes de mauvaise vie" (Sgt Vairin, CSA, 27/12/1862, Caroline du nord), "La moitié des femmes des environs, mariées ou célibataires, ont perdu leur respectabilité. "(Capitaine Key, CSA, 2/1/1864, ligne Georgie-Tennessee), "La vertu des femmes, si elle a jamais existé dans ce pays, semble maintenant avoir totalement fait naufrage. Les prostituées sont partout:

     

    dans les montagnes, les vallées, dans les hameaux et les cités. Je suppose que l'influence des armées a largement contribué à cet état de fait; les soldats ne semblent pas ressentir les mêmes restrictions loin de chez eux, ce qui régularisait auparavant leurs relations avec le beau sexe."

    (Major Mims, CSA, fin 1863, Tennessee de I'Est).

     

    II semble aussi que la prostitution n'hésitait pas à aller chercher les hommes jusque dans leurs campements si nécessaire: "Plusieurs fois par semaine, notre poste est visité par deux soeurs qui se vendent…

     

    Quelquefois elles emmènent une négresse avec elles..."

    (H.Levin, 2nd Virginia réserves, fin 1864).

     

    En avril 65, H.P.Hennon (87th Pennsylvanie) écrit que ses copains ont trouvé une vieille prostituée près d'un ponton, derrière une pile de tabac: "Tom tenait la lampe et elle reçu soixante grosses bites l'une après l'autre. ]'étais mort de rire et la sacrée vieille pute tenait bon". !!!

    Au début du conflit, un soldat confédéré remarquait qu'en plus des épouses et soeurs d'officiers et des cuisinières et lavandières, on trouvait aussi "ici et là une dame élégante et maniérée, touchante dans sa solitude, mais manquant du seul passeport de respectabilité pour une femme dans un camp: les liens du mariage" (I.Gibbons, 8/1862). Des "Cyprians », de haut vol ? A rapprocher du témoignage du soldat Haydon (US) notant le 25/5/1861 la visite de quelques jolies dames cherchant dans le camp des "frères" et des "cousins:

     

    "Elles étaient belles, c'est sur, mais les gars avaient tellement peu d'argent qu'à moins que l'amour soit plus fort que l'avarice, les discussions se terminaient de façon peu satisfaisante".

     

     

    Il semble que les lavandières n'ai pas toujours été irréprochables non plus si I'on en croit le soldat Olmanson du Minnesota en novembre 61: « Nous avons environ quarante femmes. dans le régiment, plusieurs font beaucoup d'argent par des voies naturelles..."

     

     

    Le plus souvent, rien ou presque ne distinguait une prostituée d'une femme honnête quand on la croisait dans la rue.

    De « première classe » elles suivaient la mode , de « deuxième choix », elles étaient vêtues comme les femmes de la campagne ou les ouvrières.

    L'image de la prostituée aguicheuse se promenant en « dessous » aux abords des camps de l'armée est totalement erronée.

    La plupart du temps, les filles devaient opérer discrètement et donc , éviter d'attirer l'attention des autorités sur leur personne ...

     

    Les prostituées aussi suivent la mode: "Elles se pavanaient dans leurs crinolines en se déhanchant. nos gars ont eu beaucoup de bon temps avec elles. », (Private Philipps, 92° Illinois).

     

    "Le colonel avait suivi plusieurs soldats qui se dissimulaient en allant dans le bois. S'approchant de 1'en droit, il vit deux dames en jupons et crinolines se livrant à un commerce lucratif; il resta et regarda suffisamment longtemps pour satisfaire sa curiosité..." (un soldat du.4° Maryland Rgt, octobre 1863).

     

    L'encombrant accessoire que constitue la crinoline reste un élément de séduction. même dans l'exercice du plus vieux métier du monde !


    En théorie, les prostituées n'avaient pas le droit de se trouver dans les camps militaires et en étaient immédiatement expulsées, en théorie seulement, car que penser des histoires qui suivent ?

     

     Après l'évacuation précipitée de l'Ile N° 10 par les sudistes sur le Mississippi, les unionistes découvrent dans les positions rebelles:

     

    « Un essaim de nymphes. les cheveux défaits, les bustes délacés. le camp portant toutes les marques de la féminité avec des crinolines et des pantalons de dessous suspendus aux arbres et les bagages des officiers confédérés mêlés aux calicos."

     

    Afficher l'image d'origineUn autre observateur note une scène similaire dans le Tennessee ou une vingtaine de prostituées abandonnées par les sudistes en retraite passaient le temps jusqu'à l'arrivée des forces US "souhaitant prodiguer leurs faveurs aux officiers nationaux comme précédemment à leurs protecteurs rebelles !" (cités par Miss Massey "Bonnet Brigade").

     

    Et encore: En mars 65, un parti yankee avait chassé un poste confédéré de White's tavern :

     

    "et découvert que nous avions interrompu une "partie".

     

    La petite était au lit, prête, payée mais inutilisée, nous étions trop gentlemen pour laisser une "dame" dans une telle détresse..."

     

    (Cite par T.Lowry, "sex in CW"). Visiblement les consignes étaient très souples !!!

    On comprend que dans ces conditions, beaucoup d'hommes aient fortement découragé les visites de leur épouse, mère, et soeur dans les campements !  Jesse Reid, du 4th South Carolina écrit à sa femme en juin 1861 sur les prostituées visitant son camp:

     

    " Si tu pouvais te trouver là en ces occasions, tu penserais qu'il n'y a pas un homme marié dans tout le régiment à part moi (ben voyons ! NDLR). Beaucoup le sont pourtant..."

     

     

    Et si parfois le règlement était plus stricte, ces "dames" trouvaient des astuces pour continuer leurs "affaires" en s'installant près du camp et débauchant les sentinelles par exemple:

     

    Deux pauvres gars sont ainsi exécutes pour abandon de poste dans le Tennessee, écrit le major Mims, CSA, à sa femme, ils avaient succombés aux charmes de "professionnelles".

     

     

    Le soldat Collins du Michigan provost guard, reçut dix jours au pain et à l'eau pour avoir eu des relations avec une prostituée alors qu'il était de garde à Détroit en mai 1863...Le lieutenant Parrott ( 16th Illinois) est privé de six mois de solde pour avoir eu des relations sexuelles avec une prostituée noire alors qu'il commandait un poste de garde dans le Tennessee en décembre 1862.

     


    On fait mieux encore, en endossant l'uniforme et en se fondant dans une unité avec la complicité de tous ceux qui y trouvent "un avantage", officiers compris !

     

    Le colonel Anglais Freemantle cite le cas d'une femme en uniforme gris, croisée dans un train non loin d'Atlanta en 1863 et expulsée de l'armée du Tennessee, elle avait été chassée pour sa conduite immorale malgré sa participation à plusieurs batailles.

     

    En septembre 1864, "1'Enquirer" de Richmond expose les cas semblables de Mary et Mollie Bell (alias Tom Parker et Bob Morgan), une "Canadian Lou" en uniforme fédéral est arrêtée en état d'ébriété à Memphis en décembre 1862, le soldat Bear du 116th Illinois parle de son lieutenant qui garde près de lui une certaine Kate, portant l'uniforme

    "Quelques gars de la compagnie aimeraient avoir un "accrochage" dans le camp avec elle. On peut difficilement en parler comme d'un homme..." ...etc.

     

     

    Difficile cependant de faire la différence entre prostituées ou concubines en uniforme et femmes soldats aux mobiles plus patriotiques. ou affectifs .

     

    Que penser de ce "sergent" US qui accouche dans l'armée de Rosecrans et ceci "en complète violation des lois militaires" note ce dernier ou de cet "officier" sudiste qui met au monde un gros garçon dans la prison de Johnson Island en décembre 1864 ?

    "Sans doute une femme" note le perspicace reporter du "Sandusky register", certes, mais prostituée ou pas ?

    Miss Massey dans son "Bonnet brigade" pense que la majorité des femmes en uniforme étaient des "filles", c'est aller beaucoup trop loin et les historiens d'aujourd'hui qui s'intéressent à elles ne partagent absolument pas cet avis.

     

    On peut lire dans le Newark Daily Advertiser du 31/5/1864:

    " Les autorités militaires de Washington montrent que 150 femmes ont déjà été découvertes  dans l'armée. »

    Curieusement, plus de soixante dix servaient comme "aide de camp" d'officiers au moment de leur découverte.

    Dans un régiment, il y avait dix sept de ces femmes portant pantalons et sack coats au lieu de calicos et crinolines.

    Même un général, qui a glané de multiples lauriers, avait a son service un beau jeune homme dont le vrai nom se révéla être Mary Jane G , d'une famille de la bonne société de Trenton. Elle expliqua qu'elle voulait « voir le monde". Respectable ambition, mais quelles étaient vraiment les exactes relations de ces officiers et de leurs "aides de camp" ?

     

    Le général Kilpatrick homme à femmes (à « filles » même) et soldat . des plus contestés ! (LC)

     

    Le général US James C.Rice s'entoure d'un essaim de jolies femmes dans son QG de Redwood près de Culpeper (Va), il les appellent ses « nonnes » ! Une certaine Annie Jones, se vante d'avoir été « l'invitée » des généraux Sigel, Stahel, Custer et Kilpatrick . Ce dernier aimait assurément s'entourer de jeunes dames à la vertu douteuse .

     

    Il est vu , ainsi que le général Estes, en compagnie d'un « Charley » et d'un « Franck » qui sous leurs uniformes se révéleront être des femmes . Kilpatrick semble également avoir eu un faible pour une « Molly » et une « Alice » qu'il présentait comme une institutrice qu'il escortait vers le nord , « On croyait généralement dans le commandement qu'il l'avait avec lui pour des motifs moins honorables » (J.Miller 5th Ohio cavalry).

    On notera que la seule mention de prostitution masculine à l'époque se trouve dans le numéro du 13 mai 1862 du "Richmond dispatch", condamnant la "vulgarité des prostitués des deux sexes" dans les rues de la capitale sudiste…

     

    Bien évidemment, la conséquence inévitable de cette prostitution galopante fut la prolifération de maladies "sexuellement transmissibles", aggravée par le manque d'hygiène et la presque totale ignorance de la médecine de l'époque en la matière.

     

    Pour une nuit avec « Vénus », le soldat risquait de passer toute sa vie avec « Mercure » (le mercure était le traitement le plus commun contre les maladies vénériennes à l'époque).

    Des statistiques de l'armée fédérale portant sur 468 275 soldats blancs entre mai 61 et juin 66 donnent 182 779 cas de maladies vénériennes (73 382 cas de Syphilis, 109 397 de Gonorrhée) dont 136 mortels.

     

    Entre juin 1864 et juin 1866 sur 63 645 soldats de couleur, 14 257 sont infectes, 32 trouvent la mort.

     

    Un statisticien du département médical de !'Union a calculé que lors de la première année du conflit, un yankee sur douze souffrait d'une maladie "honteuse" et que pour la période entière de la guerre, le taux était de 82 pour 1000.

     

    Coté confédéré, on admet généralement que les maladies vénériennes firent moins de ravages du fait des ressources moindres des soldats (moins d'occasions d'aller voir les filles, alors que les recrues et les vétérans de !'Union qui se rengageaient se trouvaient avoir les poches pleines de dollars) et des séjours des troupes beaucoup plus prolongés en rase campagne plutôt qu'a proximité des cités.

     

    Mais, on l'a vu, des prostituées, on en trouvait partout, et puis on pouvait très souvent "payer en nature" plutôt qu'en argent, alors il est bien difficile d'en tirer des conclusions, d'autant que les archives sudistes sont loin d'être complètes sur ce sujet là aussi...

     

     

     

    Photographie de l'Hôpital N°11 a Nashville, traitant les prostituées atteintes de maladies vénériennes. On pense d'habitude qu'il s'agit des lavandières attachées à l'établissement, mais d'après l'historien, j. Hoobler, le personnel étant exclusivement noir, les femmes blanches sur ce cliché seraient plus certainement des prostituées de la ville en cours de traitement.
    (National Archives)

     

    Quelques chiffres partiels montreront tout de même que les rebelles aussi étaient touchés: En juillet 61, pour 12 régiments représentant 11 452 hommes, on signale 204 nouveaux cas de Gonorrhée et 44 de syphilis.

     

     

    En aout pour 29 unités et 27 042 soldats, 152 nouveaux cas de Gonorrhée et 102 de syphilis. En septembre, 38 régiments regroupant 33 284 hommes ajoutent 148 cas de plus pour la première maladie, et 70 pour la seconde. etc...

     


    Au nord comme au sud, les premiers mois de la guerre se montreront redoutables en ce domaine pour des milliers et des milliers de jeunes hommes tout juste arrivés de leurs campagnes et confrontés à la proximité des grandes villes et de leurs inévitables tentations.

     

    Ensuite, la discipline prenant le dessus, les infections régressent (sans disparaître), mais reprennent largement dès que les troupes cantonnent près d'une cité.

     

    Les micro organismes responsables de la syphilis et de la gonorrhée ne seront identifiés respectivement qu'en 1905 et 1879. Les traitements adéquats ne seront mis au point qu'en 1910 et 1945 !!!

     

    Alors en 1860, les remèdes sont. ce qu'ils sont et leur efficacité des plus douteuses, si la maladie peut être jugulée, on reste au mieux, contagieux, mais souvent la mort est au bout, ce n'est qu'une question de temps

     

    On ne saura jamais combien de soldats rentrant de la guerre ont infectés leur femme ou leur fiancée, ni les effets désastreux de ces maladies sur les enfants nés atteints du mal...

     


    Pour tenter de remédier au problème des maladies vénériennes, les autorités prirent parfois des initiatives, certes intéressantes mais pas toujours couronnées de succès, tel le général Rosecrans, qui en 1863 à Nashville, plaça 111 prostituées atteintes du mal, sur un navire, l'ldaho, à destination de Louisville. Après une "croisière" peu agréable de 28 jours (lire ci-dessous) , la plupart des filles regagnèrent Nashville et se remirent au "travail".

     

    Quelques chiffres partiels montreront tout de même que les rebelles aussi étaient touchés:

     

    En juillet 61, pour 12 régiments représentant 11 452 hommes, on signale 204 nouveaux cas de Gonorrhée et 44 de syphilis.

     

    En aout pour 29 unités et 27 042 soldats, 152 nouveaux cas de Gonorrhée et 102 de syphilis.

     

    En septembre, 38 régiments regroupant 33 284 hommes ajoutent 148 cas de plus pour la première maladie, et 70 pour la seconde. etc...
     

     

    Au nord comme au sud, les premiers mois de la guerre se montreront redoutables en ce domaine pour des milliers et des milliers de jeunes hommes tout juste arrivés de leurs campagnes et confrontés à la proximité des grandes villes et de leurs inévitables tentations.

     

    Ensuite, la discipline prenant le dessus, les infections régressent (sans disparaître), mais reprennent largement dès que les troupes cantonnent près d'une cité. Les micro organismes responsables de la syphilis et de la gonorrhée ne seront identifiés respectivement qu'en 1905 et 1879.

     

    Les traitements adéquats ne seront mis au point qu'en 1910 et 1945 !!!

     

    Alors en 1860, les remèdes sont. ce qu'ils sont et leur efficacité des plus douteuses, si la maladie peut être jugulée, on reste au mieux, contagieux, mais souvent la mort est au bout, ce n'est qu'une question de temps

     

    On ne saura jamais combien de soldats rentrant de la guerre ont infectés leur femme ou leur fiancée, ni les effets désastreux de ces maladies sur les enfants nés atteints du mal...


    Pour tenter de remédier au problème des maladies vénériennes, les autorités prirent parfois des initiatives, certes intéressantes mais pas toujours couronnées de succès, tel le général Rosecrans, qui en 1863 à Nashville, plaça 111 prostituées atteintes du mal, sur un navire, l'ldaho, à destination de Louisville.

     

    Après une "croisière" peu agréable de 28 jours (lire ci-dessous) , la plupart des filles regagnèrent Nashville et se remirent au "travail".

     

    Le curieux voyage de l'Idaho :

    En juillet 1863, le général Rosecrans réquisitionna un nouveau navire de transport de passagers, l'Idaho, du capitaine Newcomb. On ordonna à ce dernier de transporter toutes les prostituées de Nashville jusqu'à Louisville. Newcomb protesta mais dut embarquer les 111 filles que l'on rafla dans la ville. Sans escorte militaire et avec seulement trois membres d'équipage, le capitaine entama son drôle de voyage inaugural.

    Afficher l'image d'origine

     

    Dès qu'il s'ancrait quelque part, l'Idaho était pris d'assaut par des soldats qui arrivaient de partout à la nage. Impuissant (?!) Newcomb regardait alors les dégâts que les filles ivres et les soldats qui ne l'étaient pas moins , causaient à son bâtiment. Quand il parvint à Louisville il fut envoyé sur Cincinnati, de là à Newport (Kentucky) ou il fut renvoyé sur Louisville qui le renvoya à nouveau sur Nashville !

     

    Pendant tout ce temps, vingt huit jours de « croisière », il ne fut jamais admis à quais. Il perdit son bateau et toute la nourriture et les médicaments pour ses « passagères ». Les 4 300 $ qu'il réclama en dédommagement aux autorités fédérales lui furent payées ...en 1866 ! L'Idaho devait resté dans l'histoire comme « le bordel flottant » ...

     

     

    Fin 1863 les autorités fédérales de la ville "prennent en charge" la prostitution locale, fournissant des licences aux filles ayant passé l'inspection conduite par le corps médical afin de dépister les maladies sexuellement transmissibles et les traiter.

    Celles qui refusaient de se plier à la règle étaient emprisonnées jusqu'à ce qu'elles obtiennent le certificat de "bonne santé". Apparemment le système s'avéra efficace; au 30 avril 1864, 352 filles étaient licenciées et 92 en traitement.

     

    Devant le succès de l'opération, on étendit le contrôle aux prostituées de couleur. II semble que les manières et l'apparence des filles concernées se soit améliorées suite à ce programme sans précédent.

     

    De part les garanties de sécurité et le confort qu'il offrait, il attira même, venant des villes du nord, de nombreuses "Cyprians" de la meilleure classe à Nashville …

     

    L'hôpital N° 11 qui traitait les filles fut surnommé "la maison du fléau" . Au 31 janvier 1865, 207 femmes y étaient en cure. Au 31 décembre 1864, sur les 1 000 premiers soldats traités dans l'hôpital N° 15 (celui qui accueillait les yankees atteints ), seul 30 avaient contractés la maladie à Nashville, ce qui atteste de l'efficacité du système instauré sur place, mais aussi de l'échec ailleurs, Memphis exceptée, ou une opération similaire de légalisation et de contrôle de la prostitution connut un certain succès là encore.. Bien sur, une fois la guerre terminée, ces expériences furent arrêtées…

     

     

    A gauche, Licence délivrée à Anna Johnson par les autorités militaires US à Nashville
    en 1863, afin "d'exercer sa vocation ", l'absence de ce document étant passible d'au moins 30 jours de prison...
    (National Archives)

    A droite, la prostituée Bettie Duncan a satisfait à l'examen de santé hebdomadaire, le 30 décembre 1863.
    (National Archives)

     

    En règle général, la prostitution pendant la guerre de sécession est largement tolérée car reconnue comme un mal , mais comme un mal nécessaire , tout comme dans la société victorienne en temps ordinaire d'ailleurs. Les appétits charnels (des hommes uniquement bien sûr) étant bien connus, ils doivent être apaisés.

     

    En offrant aux soldats un dérivatif à leurs frustrations, les prostituées contribuaient ainsi à préserver la si précieuse vertu des femmes respectables que l'on pensait , à tort ou à raison, en grand danger !

    P.AILLIOT
    (cet article est paru dans le numéro 66 du « Courrier de la guerre d'Amérique »
    revue interne du Club Confédéré et Fédéral de France)

     

    Sources :

    « Sex in the CW » T.P. Lowry
    « Life of Billy yank » & « Life of Johnny reb » I.B.Wiley
    « Bonnet brigade, women in the CW » M.E Massey
    « la prostitution dans les armées CS », S.Noirsain CHAB
    « The CW bawdy houses of Washington DC » T.P Lowry

    « Prostitution in mid XIXth century America » E.A Topping

     

    Quelques termes d'époque en matière de prostitution

     

    Brothel (bordel) :

    House of ill repute (maison de mauvaise réputation), Sporting house (maison sportive), Temple of Venus (temple de Vénus), Den of Vice (antre du vice), Disorderly house (maison déréglée)


    Condoms (préservatifs) : French letters (lettres françaises), French male safes (sureté française des mâles), french secrets (secrets français ) !!!


    Female genitals (organes génitaux féminins) : The box (la boite), pandora's box (la boite de Pandore)


    Prostitutes (prostituées) : degraded daughters of Eve (filles déchues d'Eve), Soiled Doves (colombes souillées), Fallen Women (femmes déchues), Daughters of Pleasure (filles de plaisir) , The fair but frail (belle mais fragile), Immoral temptress (tentatrice immorale), Aspasia, Girl on the town (fille sur la ville), The unfortunate children of sorrow (les infortunés enfants de la peine), bawds (les paillardes)


    Prostitution : The great social evil (la grande diablerie sociale), the horizontal trade (le commerce horizontal), the frail sisterhood ( la frèle fraternité), the practice of debauchery (la pratique de la débauche), criminal connection (relation criminelle)


    Veneral disease (Maladie vénérienne) : Social disease (maladie sociale, pour les hommes), the bad disorder (le mauvais désordre), the frightful physical malady (l'effroyable maladie physique), the private disease (la maladie privée, pour les femmes)

     

    SOURCES

     

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    La pudeur leur va si bien quand elles en ont, si bien

    quand elles n’en ont plus, que je ne conçois

    guère de femmes qui ne désirent pas en avoir

      

    (Paul MORAND).

    article écrit par Nadine
         ----------------------------------

     

     

    Le XIXè siècle en France voit monarchie et république se succéder avec leur cortège de turbulences et d’abominations.

      

    C’est le siècle de la pudibonderie et de notre Code civil ou Code Napoléon.

    Alors que la noblesse et le clergé s’affaiblissent, la bourgeoise s’affirme et stimule l’avancée industrielle du siècle.Les mentalités évoluent et la science progresse dans tous les domaines.
     
    Les lois "Ferry" de 1881 et 1882 rendent l'école laïque,
    obligatoire et gratuite.
     
    La France étend son influence sur la planète.
      
    Elle annexe la Nouvelle-Calédonie en 1853, où seront déportées les premières femmes en 1872 et les dernières en 1897.
     
    Toutefois leur départ volontaire est « encouragé »
    puisqu’aux termes de la loi de 1854,
     
     
    "les femmes condamnées aux travaux forcés ne sont pas astreintes à la transportation".
     
     
     
    Ce siècle se révèle être d’une profonde instabilité politique. Le progrès économique n’aura pas entraîné dans son sillage le progrès social et si de nouvelles classes sociales fascinent, d’autres sont discréditées.
      
    Les « filles de noces » en sont.
     
    La bourgeoisie rayonne et, hypocrisie morale oblige, une réglementation de 1804 attribue une existence légale aux maisons closes.
     
    Il faut comprendre que les prostituées tant décriées intéressent fortement ces messieurs de la bourgeoisie.
     
    Dans l’aristocratie, ou ce qu’il en reste, ce sont les pères qui invitent leurs fils à se rendre auprès de courtisanes pour affirmer leur virilité.

     

    Les maisons de luxe réputées, qui reçoivent entre autres les hommes politiques, considèrent fort bien leurs pensionnaires qui doivent avant tout rester élégantes et distinguées. Ces dernières ne sont pas subordonnées à une cadence,

    c’est-à-dire tenues à un nombre élevé de passes.

     

     

    A l’inverse, existent les « maisons d’abattage », où les conditions de travail sont bien souvent sordides.
     

    Les pensionnaires peuvent être amenées à effectuer 100 passes par jour.

      

    Ces derniers établissements fonctionnent sous l’autorité des municipalités.

     

    Flaubert (1821-1880), fils de famille bourgeoise, décrit fort bien cette situation à travers ses analyses psychologiques, entre autres dans « Madame Bovary » et « L’éducation sentimentale ».
     
    L’article 2 de la loi de 1829 interdit de pratiquer cette activité hors de lieux clos, mais les prostituées résistent fort bien à cette restriction.

    Néanmoins en cas de désobéissance, des punitions administratives sont élaborées et la prison ou l’infirmerie-prison sont le passage obligé pour de très nombreuses prostituées clandestines.

    Dès 1833, un nouveau courant de pensée est animé par Claire Démar. 
     
     
     
     

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle

     

      

      

    Son « Appel au peuple sur l’affranchissement de la femme » dénonce une prostitution légale de la femme à travers l’institution du mariage.

    L’opinion publique scandalisée réagit vivement et elle est aussitôt taxée d’immoralisme. A peine la trentaine abordée, elle se suicide d'une balle dans la tête la même année.

     

     

    Nonobstant, des pétitions en faveur du rétablissement du divorce circulent.

    A deux reprises les députés votent en faveur de la loi qui est néanmoins rejetée par la Chambre des pairs.

     
      
      
      
      
    Ce XIXè siècle jette un double regard sur la prostitution :
    «admiration/répulsion », l’éternelle dualité.
     
     
    D’une part, il y a la peur exacerbée du péché et de l’enfer; de l’autre le plaisir de la chair qui reste irrésistible.

      

      

    La société est alors très influencée par la religion, et parallèlement la science a découvert que la nature pouvait aussi détruire.

      

    Or la femme véhicule la syphilis.

     
      
    A Paris, les malades affluent à l’hôpital de Lourcine, qui sert également d’asile aux enfants dont les parents meurent du choléra.
     
      
    L’établissement prendra le nom d’hôpital Broca vers la fin du siècle et une annexe sera construite et réservée à la gynécologie.
     
     
     
    Décédé de syphilis en 1893, Maupassant laissera à la postérité quelques ouvrages réservés à la condition des prostituées qu'il célèbre... "Boule de Suif", "Mademoiselle Fifi", et… "la maison Tellier" dont je vous propose de parcourir un court passage que je perçois d’une délicatesse raffinée, presque émouvante.
     
     
     

    "Madame" dans la maison Tellier

     

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle

     

     

     

     
      
    «On allait chaque soir, vers onze heure, comme au café, simplement.
    Ils s’y retrouvaient, à six ou huit, toujours les mêmes, non pas des noceurs, mais des hommes honorables, des commerçants, des jeunes gens de la ville ; et l’on prenait sa chartreuse en lutinant quelque peu les filles, ou bien on causait sérieusement avec Madame, que tout le monde respectait.
    Puis, on rentrait se coucher avant minuit.
      
      
      
    Les jeunes gens quelquefois restaient.
     
      
      
    La maison était familiale, toute petite, peinte en jaune, à l’encoignure d’une rue derrière l’église Saint Etienne ; et, par les fenêtres, on percevait le bassin plein de navires qu’on déchargeait, le grand marais salant appelé La Retenue, et, derrière, la côte de la Vierge avec sa vieille chapelle toute grise.
      
      
    Madame, issue d’une bonne famille de paysans du département de l’Eure, avait accepté cette profession absolument comme elle serait devenue modiste ou lingère.
      
      
    Le préjugé du déshonneur attaché à la prostitution, si violent et si vivace dans les villes, n’existe pas dans la campagne normande.
     
    Le paysan dit : « c’est un bon métier », et il envoie son enfant tenir un harem de filles comme il l’enverrait diriger un pensionnat de demoiselles.
    …/…
     

    C’étaient de braves gens qui se firent aimer tout de suite par leur personnel et des voisins. Monsieur mourut d’un coup de sang deux ans plus tard.

    Sa nouvelle profession l’entretenant dans la mollesse et l’immobilité, il était devenu très gros, et la santé l’avait étouffé ».

     

    Néanmoins il m’apparaît utile de mettre un bémol sur cette description presque idyllique dans la mesure où les prostituées qui évoluaient en « maisons de tolérance », telle la maison Tellier, vivaient sous la dépendance de la tenancière de l’établissement.

      

      

    Cette dernière conservait leurs papiers et argent mais surtout contrôlait leurs sorties qui restaient rares.

    Un code vestimentaire est toujours présent.

      
      
    Quand bien même ce XIXè siècle n’impose plus de couleurs aux prostituées, il n’empêche que le choix du jaune, tant dans les peintures réservées aux pièces des bordels que dans la couleur des textiles, fait toujours autorité.
      
      
      
      
    Le port d’une ceinture dorée par les prostituées aussi.
      
      
    Il leur est seulement interdit de porter des couleurs trop voyantes et en cas d’infraction, elles risquent l’incarcération.
     
     
    Néanmoins, il est de bon ton qu’elles aient la tête et les épaules couvertes de manière à attirer le moins possible les regards.
      
    Le port du châle semble tout indiqué.

      

      

    En évoquant la prostitution dans « Paris, ses organes, ses fonctions et sa vie jusqu’en 1870 », Maxime Du Camp ne fait-il pas état de

      

    « …Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée... »

     

    Le port du châle par des gourgandines pose un problème de tolérance dans cette société qui en a fait un accessoire vestimentaire porté par la plupart des "honnêtes femmes".
     
    C’est aussi un produit de luxe, symbole de la bourgeoisie, et il est porté hiver comme été.
     
     
     
     

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle

     

     

     

    Les prostituées demeurent sous la surveillance de la police et des médecins qui les soumettent à une visite médicale hebdomadaire.

    Cependant de très nombreuses « filles de noces » opèrent dans la clandestinité et échappent de ce fait à ces mesures. Souvent elles ne sont qu’occasionnelles, telle Nana de Zola.

     

    Sous couvert de conserver leurs autorisations d’exploitation administratives, des signes distinctifs doivent permettre aux établissements d’être reconnus : lanterne sur la façade, vitres opaques ou persiennes verrouillées et porte d’entrée surplombée d’un numéro aux dimensions extravagantes.

      

     

    En fait c’était surtout la hauteur des chiffres qui pouvait atteindre 60 cm, qui déterminait l’activité exercée à l’intérieur de l’immeuble, un peu comme une affiche publicitaire.
     
     
     
    Le Code civil voit le jour, et établit des statistiques. Les prostituées déclarées ou clandestines n’y échappent pas et des fichiers descriptifs sont constitués.

     

    A Paris, la prostitution se répand partout et les règles vestimentaires ne font plus autorité.

    La prostitution "française" s'étend extra-muros. Dès 1831, la France institue des quartiers de prostitution à Alger mais également dans ses autres colonies africaines.

     

    Honoré de Balzac, éternel amoureux et observateur de femmes s’il en est, qualifie ce style brouillé qui ne permet plus vraiment de déterminer l’activité sociale ou morale dès le premier regard, de « macédoine sociale ».
     
     
    L’auteur de la Comédie humaine, traduit fort bien son émotion à travers ses nombreux romans et notamment dans « La fille aux yeux d’Or », où la malheureuse Paquita Valdes est vendue par sa mère aux fins de prostitution ; pratique courante au XIXè siècle.
     
     
     
    A travers Eponine dans les Misérables, mais également "Notre-Dame de Paris" ou "Marion Delorme", célèbre courtisane du XVIIè siècle portée au théâtre, son ami Victor Hugo pointe du doigt l’hypocrisie démesurée de la bourgeoisie tout en attribuant une certaine morale à bien des prostituées.

     nine (Les Misérables - Victor Hugo)

      

      

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle

     

     

     

    "Marion Delorme" - Pièce de Victor Hugo

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle

     

    Dans l’Europe industrielle de ce siècle, les ouvriers sont très mal payés et leurs conditions de travail, pénibles voire atroces.

    La condition des ouvrières, surtout célibataires avec enfant(s) est encore pire, car leur salaire est moindre que celui des hommes.

    La vie misérable des familles pousse de nombreuses femmes à la prostitution occasionnelle qui leur confère quelques revenus d’appoint pour palier à la faim et/ou à l’éducation des enfants.

    La misère est parfois telle que ce sont les parents qui poussent leurs enfants à se prostituer.

     

    Sous menace de licenciement ou de maltraitance, le "droit de cuissage" est rétabli par quelques patrons voyous, chefs d'ateliers mais aussi fils de patrons voyous, et pour bien des jeunes femmes, il est plus rentable de se prostituer que d’aller travailler.

    L’impunité est assurée pour ces gougnafiers, dans la mesure où les femmes n’osent ou ne peuvent réagir.

     

    Comble de l’hypocrisie, apparaît une distinction entre prostituées.

    D’une part, il y a la « bonne prostituée », qui se consacre à cette activité parce qu’elle est dans la misère et qu’elle n’a pas d’autre ressource pour se nourrir ou pour nourrir ses enfants.

    Et d’autre part, il y a la « mauvaise prostituée », celle qui opère par « vocation », qu’elle soit courtisane ou fille de joie dans un bordel.

     

    Julie LEBOEUF (1838-1886), célèbre courtisane parisienne et artiste de théâtre mieux connue sous le nom de Marguerite Bellanger, « Saumuroise de petite vertu, artiste au talent limité et à la rouerie certaine » déclareront certains, deviendra dans les années 1860 la maîtresse de Napoléon III.

    Le caricaturiste Paul Hadol en a fait une chatte dans sa série de caricatures sur la « Ménagerie impériale ».

     

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle


     

    Il est toutefois cocasse de lire qu’elle avait dû obtenir une autorisation de la préfecture de Paris pour pouvoir porter un costume d’homme.

      Le XXè siècle jette l’Europe et le monde dans une tourmente infernale.Guerres, affrontements idéologiques, crises financières et économiques ponctuent la marche du siècle et les morts se comptent dorénavant par million.
     
    La science et la médecine font des avancées considérables, assistées en ce sens par les performances remarquables de la technologie.
     
     
    Début XXè s à Paris - French cancan
     
     
     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle
     
     
    La flambée de la prostitution pendant la première guerre mondiale amène les autorités à prendre des mesures fermes.
     

    Les prostituées déclarées sont « mises en carte ». Aujourd’hui on utiliserait le mot « fichées ».

    Au début du siècle, arrivée ou déménagement dans une ville doit être déclaré au commissariat.
    Il est interdit aux prostituées d’habiter à proximité des églises ou des établissements scolaires et elles ne peuvent plus circuler sur la voie publique après le coucher du soleil.
    Elles n’ont pas le droit de se rendre au théâtre ou au concert.

    Il faut préciser que ces mesures ne font pas l’objet d’une réglementation nationale.

    Elles sont prises à la discrétion des municipalités et laissées à l’arbitraire des services de police, ce qui explique que la pratique de la prostitution est rendue plus ou moins facile et accessible d’une ville à une autre.

    Il n’empêche que les prostituées sont nombreuses à négliger les règles imposées, et dans bien des endroits, la police perd rapidement leur trace.

    Le racolage est interdit, mais cependant indispensable à l’exercice de la profession.
    Ceci a pour conséquence de maintenir les prostituées à la merci des services de police.
     
    Selon un principe puéril « ce qu’on ne voit pas, on ne sait pas », la société se satisfait donc d’une prostitution encadrée et réglementée.
     
    Considérant ces pratiques non opposables à la loi naturelle et aux textes sacrés, l’Eglise catholique ne les condamne pas. On peut regretter qu’elle les ait toutefois légitimées.
    L’autorité de l’Eglise fait force de loi jusqu’au XVIIIè siècle, et même en ce début de XXè siècle, oser contester cette « vérité » fait figure d’impiété.

     

    Un courant abolitionniste a émergé et en 1926 Marcelle LEGRAND FALCO fonde l’« Union Temporaire contre la Prostitution Réglementée et la Traite des Femmes », qui va exiger des enquêtes sur les abus et sévices commis par des soldats sur les femmes employées dans les « bordels militaires de campagnes » (BMC), et qui étaient recrutées dans les colonies d’Afrique du Nord.
     

    Le mouvement abolitionniste obtient des succès et sa lutte aboutit à des accords internationaux en 1904, 1910, 1921 et 1933 suivis de mesures prises par la Société des Nations en 1927 et 1932.

     

    Conformément aux progressions acquises, la législation évolue favorablement après la seconde guerre mondiale.

    En 1946, est votée en France la loi Marthe Richard, du nom d’une prostituée (1889-1982) ; loi qui s’attaque aux formes sournoises de proxénétisme et qui aboutit à l’interdiction de l’exploitation de maisons closes. 

      

     

    Marthe Richard

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle  iellement cette loi ne mit pas fin à l’existence des maisons closes,

    pas pluu'elle n’entrava leur développement.  

     

     

     

     

     

    Marthe Richard, qui mena la campagne pour la fermeture des bordels en 1946.

     

    Se présentant comme une héroïne de la Résistance, elle fut démasquée plus tard comme un imposteur — en fait une ancienne prostituée et collaboratrice qui avait fourni des femmes aux Nazis.

     

    lien

     

    © Musée de l'Érotisme, Paris • Paris pour les pervers 

     

     

    La Déclaration des Droits de l’Homme
      
    intervient 2 ans plus tard sous l’égide des Nations Unies et le 2 décembre 1949 est signée la « Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui ».
     
     
    La France, pays des Droits de l’Homme, ne ratifie qu’en 1960 cette convention, cependant qu’aucune mesure d’interdiction de la prostitution ne l’accompagne.
    Curieusement, la loi sur le racolage passif est abrogée suite aux manifestations de 1975.
     
    Si le proxénétisme est interdit, la prostitution reste l’enjeu de nombreuses manifestations féministes qui dénoncent d’autres formes d’aliénation, notamment à travers les « échanges économico-sexuels ».

    A l’instar des Pays-Bas, plus modérément de la Belgique, et sous le principe très honorable de santé publique, l’idée de la réouverture de lieux destinés à la prostitution est régulièrement évoquée en France vers la fin du XXè siècle.
      
      
    Bernard Kouchner et Françoise de Panafieu s’en font les porte-paroles officiels.
     
     
     

     
     
    Parallèlement, plusieurs associations militent alors en France pour que les prostituées obtiennent la reconnaissance sociale et professionnelle de leur activité, et puissent à ce titre bénéficier de l’accès aux soins.
     
    Elles dénoncent les dangers du concept « prohibitionniste » en cours notamment en Suède et s’y opposent fermement tout en prenant acte du souhait de certaines prostituées de se regrouper en syndicat afin d’obtenir un statut.
     
    Néanmoins, conservateurs, parlementaires de Gauche et un nombre considérable d’associations féministes, souhaitent d’abord pénaliser les clients, et les amendements proposés vont en ce sens.
     
    Le monde politique est influencé par l’économie et le commerce de la prostitution qui ne concerne plus uniquement la femme.
      
    Les différents courants de parlementaires, français et européens, n’entendent pas se charger d’une réglementation ferme et incontournable à l'encontre des nouvelles formes d’exploitation sexuelle en expansion, mais préfèrent continuer à nourrir des ambiguïtés inavouables.

     

    Il faut noter que les 15, 16 et 17 octobre 2005, eut lieu à Bruxelles (Belgique) une « Conférence Européenne des Prostituées », qui a débouché sur la rédaction d’un manifeste et d’une déclaration des Droits des travailleurs du sexe.
     
    Il n’est toutefois pas permis de prêter aux élu(e)s et parlementaires une volonté ferme de mise en place de protections ou de réformes allant dans ce sens, dans la mesure où plusieurs pays européens, tels l’Allemagne, la Suisse, les Pays-Bas et l’Espagne entre autres, accepteraient l’ouverture de supermarchés du sexe sur leur territoire ;
      
    « sympathiques surfaces » où des femmes,
    toutes volontaires nous assure-t-on,
    seraient alors louées à l’instar de matériels ou machines.
     
     
     
     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle
     
     
     
     
    Prostitution légale et encadrée par des lois, maisons closes légale et encadrée par des lois  Prostitution légale et encadrée par des lois, mais les maisons closes sont illégales  Prostitution (échange d'argent pour des relations sexuelles) légale, mais pas réglementée, les activités organisées (maisons closes ou proxénétisme) sont illégales  Prostitution illégale-les prostituées sont punies par la loi  Les clients sont punis par la loi, mais pas les prostituées 

     

    Si vous n’avez déjà eu l’occasion de le faire, je vous invite à regarder le documentaire du cinéaste Patrick JEAN «La domination masculine »,
    sorti en novembre 2009.
      
    L’auteur déclarait alors :
     
    - «Je veux que les spectateurs se disputent en sortant de la salle.
      
    Peut-on croire qu'au XXIème siècle, des hommes exigent le retour aux valeurs ancestrales du patriarcat : les femmes à la cuisine et les hommes au pouvoir ?
      
    Peut-on imaginer que des jeunes femmes instruites recherchent un " compagnon dominant ? " 
      
     

    Dégageant cependant des budgets et des gains considérables, les très nombreuses associations de lutte contre le proxénétisme et la prostitution, les multiples productions cinématographiques traitant de la prostitution de la femme et de l’enfant, les campagnes publicitaires ou d’information, les animations en tous lieux et places de conférences, et l’extraordinaire abondance d’articles de presse ne semblent toujours pas contrarier ni contrer le puissant lobby pro-proxénétisme qui, sans la moindre retenue avance un argument d’une imbécilité et d’une perversité incommensurables, à savoir :

     

    - « Peut-on priver les personnes handicapées d’une vie sexuelle que seules les prostituées seraient susceptibles de leur servir ».
     
     
    Pour comprendre, il faut sans doute savoir que les lobbies du sexe constituent des puissances financières colossales cotées en bourse, et que par conséquent, ils ont les moyens de leur prétention.
     

    Lors d‘un récent débat public, un homme paraplégique avait répondu à cet argument irrecevable :

     

    - « Quel que soit mon handicap, je n’humilierai jamais une femme pour mon plaisir ».

     

    Que n'ai-je été sidérée d'entendre des élu(e)s « Verts » proposer une mesure de protection pour les prostituées; à savoir un centre contrôlé par les inspecteurs du Travail et de l’Hygiène, plutôt que le Bois de Vincennes.

    Cette réflexion dénote d’une sérieuse méconnaissance du dossier, mais aussi de l'ignorance de mesures semblables totalement inefficaces souvent prises par le passé, de la cruelle réalité du présent…et du nombre réel d’inspecteurs du Travail et de l’Hygiène encore sur le terrain en France.


    Même si en France on se satisfait d'une avancée timide de la législation dans le domaine parfois très controversé de la criminalité et délinquance sexuelles, on peut néanmoins vivement regretter l’interprétation fallacieuse qui en est trop souvent faite, que ce soit à l’échelle juridique ou morale, afin de dégager les puissants de ce monde de leurs responsabilités.
      
    Comme vous sans doute, je constate amèrement que nos Institutions se font trop souvent la complice passive de pratiques crapuleuses inavouables et intolérables.

    Nous sommes face à une image parfaitement abstraite de l'être humain qui est imposée à une société formatée.

     

    Tandis que le CDH belge (parti humaniste) a lancé une campagne contre la prostitution s’opposant fermement à la création d’Eros Center; le 13 avril 2011 en France, une énième mission d’information parlementaire de l’Assemblée Nationale sur la prostitution, qui précise en outre « qu’il ne s’agit pas d’emprisonner la majorité des clients » a rendu un rapport qui « devrait » déboucher sur une loi en 2012. Vœu pieu ? Oxymore ?
      
    Le «Lobby européen des Femmes » vient de lancer une campagne pour éradiquer la prostitution en Europe.
     

    Céline FREMAULT, députée bruxelloise et présidente des femmes du CDH, déclare :

     

    - «Le CDH veut réaffirmer que le corps n’est pas une marchandise et que la prostitution n’est pas un métier comme un autre. Nous considérons qu’elle constitue une atteinte à la dignité humaine et que c’est aussi une violence de genre. » 

      

     

    Pourtant il semble bien qu’une fois encore les sites pornographiques et autres escort-girls ne seront pas inquiétés.
      
    C’est la seule prostitution de rue qui est ciblée.
     
     
    sources
     
    http://www.come4news.com/la-prostitution-de-la-
    femme-du-xixe-au-xxi-e-siecle-809438
     
     
     
     
     
     
     
     
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    La pudeur leur va si bien quand elles en ont, si bien

    quand elles n’en ont plus, que je ne conçois

    guère de femmes qui ne désirent pas en avoir

      

    (Paul MORAND).

    article écrit par Nadine
         ----------------------------------

     

     

    Le XIXè siècle en France voit monarchie et

    république se succéder avec leur cortège

    de turbulences et d’abominations.

      

    C’est le siècle de la pudibonderie et de notre Code civil ou Code Napoléon.

    Alors que la noblesse et le clergé s’affaiblissent, la bourgeoise s’affirme et stimule l’avancée industrielle du siècle.Les mentalités évoluent et la science progresse dans tous les domaines.
     
    Les lois "Ferry" de 1881 et 1882 rendent l'école laïque,
    obligatoire et gratuite.
     
    La France étend son influence sur la planète.
      
    Elle annexe la Nouvelle-Calédonie en 1853, où seront déportées les premières femmes en 1872 et les dernières en 1897.
     
    Toutefois leur départ volontaire est « encouragé » puisqu’aux termes de la loi de 1854,
     
     
    "les femmes condamnées aux travaux forcés ne sont pas astreintes à la transportation".
     
     
     
    Ce siècle se révèle être d’une profonde instabilité politique. Le progrès économique n’aura pas entraîné dans son sillage le progrès social et si de nouvelles classes sociales fascinent, d’autres sont discréditées.
      
    Les « filles de noces » en sont.
     
    La bourgeoisie rayonne et, hypocrisie morale oblige, une réglementation de 1804 attribue une existence légale aux maisons closes.
     
    Il faut comprendre que les prostituées tant décriées intéressent fortement ces messieurs de la bourgeoisie.
     
    Dans l’aristocratie, ou ce qu’il en reste, ce sont les pères qui invitent leurs fils à se rendre auprès de courtisanes pour affirmer leur virilité.

     

    Les maisons de luxe réputées, qui reçoivent entre autres les hommes politiques, considèrent fort bien leurs pensionnaires qui doivent avant tout rester élégantes et distinguées. Ces dernières ne sont pas subordonnées à une cadence,

    c’est-à-dire tenues à un nombre élevé de passes.

     Afficher l'image d'origine

     

    A l’inverse, existent les « maisons d’abattage »,
    où les conditions de travail sont bien souvent sordides.
     

    Les pensionnaires peuvent être amenées à effectuer 100 passes par jour.

      

    Ces derniers établissements fonctionnent sous l’autorité des municipalités.

     

    Flaubert (1821-1880), fils de famille bourgeoise, décrit fort bien cette situation à travers ses analyses psychologiques, entre autres dans « Madame Bovary » et « L’éducation sentimentale ».
     
    L’article 2 de la loi de 1829 interdit de pratiquer cette activité hors de lieux clos, mais les prostituées résistent fort bien à cette restriction.

    Néanmoins en cas de désobéissance, des punitions administratives sont élaborées et la prison ou l’infirmerie-prison sont le passage obligé pour de très nombreuses prostituées clandestines.

    Dès 1833, un nouveau courant de pensée est animé par Claire Démar. 
     
     
     
     

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle

     

    NANA de JEAN RENOIR en entier
     
    https://www.youtube.com/watch?v=xb3dWAyW2kY

      

      

    Son « Appel au peuple sur l’affranchissement de la femme » dénonce une prostitution légale de la femme à travers l’institution du mariage.

    L’opinion publique scandalisée réagit vivement et elle est aussitôt taxée d’immoralisme. A peine la trentaine abordée, elle se suicide d'une balle dans la tête la même année.

     

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    Nonobstant, des pétitions en faveur du rétablissement du divorce circulent.

    A deux reprises les députés votent en faveur de la loi qui est néanmoins rejetée par la Chambre des pairs.

     
      
      

    Henri de Toulouse-LautrecAu Moulin Rouge

    © The Art Institute of Chicago

    De L'Olympia de Manet à L'Absinthe de Degas, des incursions dans les maisons closes de Toulouse-Lautrec et Munch aux figures audacieuses de Vlaminck, Van Dongen ou Picasso, l'exposition s'attache à montrer la place centrale occupée par ce monde interlope dans le développement de la peinture moderne. Le phénomène est également appréhendé dans ses dimensions sociales et culturelles à travers la peinture de Salon, la sculpture, les arts décoratifs et la photographie. Un riche matériau documentaire permet enfin d'évoquer le statut ambivalent des prostituées, de la splendeur des demi-mondaines à la misère des "pierreuses".

    Splendeurs et misères. Images de la prostitution, 1850-1910

     
      
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    Léopold Reutlinger - La Belle Otéro, 1875-1917
    Crédits :Bibliothèque Nationale de France, Paris
     
     
    Ce XIXè siècle jette un double regard sur la prostitution :
    «admiration/répulsion », l’éternelle dualité.
     

    On les appelle les "petites femmes", les "courtisanes" ou encore les "pierreuses"… Toutes sont des prostituées qui participent à la célébrité de Paris et qui inspirent les pinceaux et les plumes de la fin du XIXe siècle. Ces femmes font aussi l'éducation sexuelle des hommes de l'époque parce qu'elles incarnent une sexualité associée au plaisir.

    Qu'elles soient dans les bordels ou dans les hôtels particuliers, les prostituées intriguent et questionnent même le corps médical. En 1827, une grande enquête est menée par un médecin, le Dr Alexandre Parent-Duchâtelet. "Il prouve que le clitoris des prostituées n'est pas plus gros que la moyenne, ce qui lui permet de prouver que "les prostituées ne deviennent pas prostituées" à cause d'une excitation sexuelle et d'un désir libidinal beaucoup plus fort que les femmes mais qu'il faut trouver des raisons ailleurs", raconte Lola Gonzalez-Quijano, historienne.

    Au fil du XIXe siècle, la prostitution envahit l'espace public avec une crainte : celle de voir la syphilis se propager. Une prostituée sur trois est touchée par ce mal. En 1804, le consulat légalise les maisons de tolérance dans le but de créer une surveillance policière et médicale. Mais c'est sans compter sur laprostitution clandestine. Lorsqu'une prostituée racole dans un milieu défendu, elle risque quinze jours à un mois de prison, et c'est à Saint-Lazare qu'elle atterrit.

    Avant l'arrivée des antibiotiques, les prostituées tentent tant bien que mal de se protéger contre les maladies sexuellement transmissibles : des bains méticuleux, des douches périnéales, des passages obligatoires devant les tenancières, et les premiers préservatifs. Maquillage, baudruche… tout est bon pour dissimuler les maladies de la prostitution comme l'explique Lola Gonzalez-Quijano : "les femmes ont tendance à essayer de cacher les maladies vénériennes lors des visites. Et elles ne sont pas les seules, les tenancières de maison font tout pour que leurs pensionnaires les cachent parce qu'une femme emprisonnée est une femme qui ne travaille pas et qui est donc moins rentable".

    Si les femmes des maisons closes ne cachent pas leur activité, dans la rue, les dites prostituées insoumises s'affichent avec des codes de séduction bien à elles. Un monde de femmes devenues des figures incontournables de la littérature, des arts, de la photo et de la vidéo. À travers ces "verseuses", ces "filles en carte", ces "demi-mondaines", c'est l'intérêt des corps et du sexe féminin qui est mis en scène.

     
     
    D’une part, il y a la peur exacerbée du péché et de l’enfer; de l’autre le plaisir de la chair qui reste irrésistible.

    Afficher l'image d'origine  

      

    La société est alors très influencée par la religion, et parallèlement la science a découvert que la nature pouvait aussi détruire.

      

    Or la femme véhicule la syphilis.

     
      
    A Paris, les malades affluent à l’hôpital de Lourcine, qui sert également d’asile aux enfants dont les parents meurent du choléra.
     
      
    L’établissement prendra le nom d’hôpital Broca vers la fin du siècle et une annexe sera construite et réservée à la gynécologie.
     
     
     
    Décédé de syphilis en 1893, Maupassant laissera à la postérité quelques ouvrages réservés à la condition des prostituées qu'il célèbre... "Boule de Suif", "Mademoiselle Fifi", et… "la maison Tellier" dont je vous propose de parcourir un court passage que je perçois d’une délicatesse raffinée, presque émouvante.
     
     
     

    "Madame" dans la maison Tellier

     

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle

      

     
      
    «On allait chaque soir, vers onze heure, comme au café, simplement.
    Ils s’y retrouvaient, à six ou huit, toujours les mêmes, non pas des noceurs, mais des hommes honorables, des commerçants, des jeunes gens de la ville ; et l’on prenait sa chartreuse en lutinant quelque peu les filles, ou bien on causait sérieusement avec Madame, que tout le monde respectait.
    Puis, on rentrait se coucher avant minuit.
      
      
      
     
    Les jeunes gens quelquefois restaient.
     
      
      
    La maison était familiale, toute petite, peinte en jaune, à l’encoignure d’une rue derrière l’église Saint Etienne ; et, par les fenêtres, on percevait le bassin plein de navires qu’on déchargeait, le grand marais salant appelé La Retenue, et, derrière, la côte de la Vierge avec sa vieille chapelle toute grise.
      
      
    Madame, issue d’une bonne famille de paysans du département de l’Eure, avait accepté cette profession absolument comme elle serait devenue modiste ou lingère.
      
      
    Le préjugé du déshonneur attaché à la prostitution, si violent et si vivace dans les villes, n’existe pas dans la campagne normande.
     
    Le paysan dit : « c’est un bon métier », et il envoie son enfant tenir un harem de filles comme il l’enverrait diriger un pensionnat de demoiselles.
    …/…
     

    C’étaient de braves gens qui se firent aimer tout de suite par leur personnel et des voisins. Monsieur mourut d’un coup de sang deux ans plus tard.

    Sa nouvelle profession l’entretenant dans la mollesse et l’immobilité, il était devenu très gros, et la santé l’avait étouffé ».

     

    Néanmoins il m’apparaît utile de mettre un bémol sur cette description presque idyllique dans la mesure où les prostituées qui évoluaient en « maisons de tolérance », telle la maison Tellier, vivaient sous la dépendance de la tenancière de l’établissement.

      

      

    NANA de JEAN RENOIR 

     

    Cette dernière conservait leurs papiers et argent mais surtout contrôlait leurs sorties qui restaient rares.

    Un code vestimentaire est toujours présent.

      
      
    Quand bien même ce XIXè siècle n’impose plus de couleurs aux prostituées, il n’empêche que le choix du jaune, tant dans les peintures réservées aux pièces des bordels que dans la couleur des textiles, fait toujours autorité.
      
      
      
      
    Le port d’une ceinture dorée par les prostituées aussi.
      
      
    Il leur est seulement interdit de porter des couleurs trop voyantes et en cas d’infraction, elles risquent l’incarcération.
     
     
    Néanmoins, il est de bon ton qu’elles aient la tête et les épaules couvertes de manière à attirer le moins possible les regards.
      
    Le port du châle semble tout indiqué.

      

      

    En évoquant la prostitution dans « Paris, ses organes, ses fonctions et sa vie jusqu’en 1870 », Maxime Du Camp ne fait-il pas état de

      

    « …Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée... »

     

    Le port du châle par des gourgandines pose un problème de tolérance dans cette société qui en a fait un accessoire vestimentaire porté par la plupart des "honnêtes femmes".
     
    C’est aussi un produit de luxe, symbole de la bourgeoisie, et il est porté hiver comme été.
     
     
     
     

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle

     

     

     

    Les prostituées demeurent sous la surveillance de la police et des médecins qui les soumettent à une visite médicale hebdomadaire.

    Cependant de très nombreuses « filles de noces » opèrent dans la clandestinité et échappent de ce fait à ces mesures. Souvent elles ne sont qu’occasionnelles, telle Nana de Zola.

     

    Sous couvert de conserver leurs autorisations d’exploitation administratives, des signes distinctifs doivent permettre aux établissements d’être reconnus : lanterne sur la façade, vitres opaques ou persiennes verrouillées et porte d’entrée surplombée d’un numéro aux dimensions extravagantes.

      

     

    En fait c’était surtout la hauteur des chiffres qui pouvait atteindre 60 cm, qui déterminait l’activité exercée à l’intérieur de l’immeuble, un peu comme une affiche publicitaire.
     
     
     
    Le Code civil voit le jour, et établit des statistiques.
    Les prostituées déclarées ou clandestines n’y échappent pas et des fichiers descriptifs sont constitués.

     

    A Paris, la prostitution se répand partout et les règles vestimentaires ne font plus autorité.

    La prostitution "française" s'étend extra-muros. Dès 1831, la France institue des quartiers de prostitution à Alger mais également dans ses autres colonies africaines.

     

    Honoré de Balzac, éternel amoureux et observateur de femmes s’il en est, qualifie ce style brouillé qui ne permet plus vraiment de déterminer l’activité sociale ou morale dès le premier regard, de « macédoine sociale ».
     
     
    L’auteur de la Comédie humaine, traduit fort bien son émotion à travers ses nombreux romans et notamment dans « La fille aux yeux d’Or », où la malheureuse Paquita Valdes est vendue par sa mère aux fins de prostitution ; pratique courante au XIXè siècle.
     
     
     
    A travers Eponine dans les Misérables, mais également "Notre-Dame de Paris" ou "Marion Delorme", célèbre courtisane du XVIIè siècle portée au théâtre, son ami Victor Hugo pointe du doigt l’hypocrisie démesurée de la bourgeoisie tout en attribuant une certaine morale à bien des prostituées.

     nine (Les Misérables - Victor Hugo)

      

      

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle

     

     

     

    "Marion Delorme" - Pièce de Victor Hugo

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle

     

    Dans l’Europe industrielle de ce siècle, les ouvriers sont très mal payés et leurs conditions de travail, pénibles voire atroces.

    La condition des ouvrières, surtout célibataires avec enfant(s) est encore pire, car leur salaire est moindre que celui des hommes.

    La vie misérable des familles pousse de nombreuses femmes à la prostitution occasionnelle qui leur confère quelques revenus d’appoint pour palier à la faim et/ou à l’éducation des enfants.

    La misère est parfois telle que ce sont les parents qui poussent leurs enfants à se prostituer.

     

    Sous menace de licenciement ou de maltraitance, le "droit de cuissage" est rétabli par quelques patrons voyous, chefs d'ateliers mais aussi fils de patrons voyous, et pour bien des jeunes femmes, il est plus rentable de se prostituer que d’aller travailler.

    L’impunité est assurée pour ces gougnafiers, dans la mesure où les femmes n’osent ou ne peuvent réagir.

     

    Comble de l’hypocrisie, apparaît une distinction entre prostituées.

    D’une part, il y a la « bonne prostituée », qui se consacre à cette activité parce qu’elle est dans la misère et qu’elle n’a pas d’autre ressource pour se nourrir ou pour nourrir ses enfants.

    Et d’autre part, il y a la « mauvaise prostituée », celle qui opère par « vocation », qu’elle soit courtisane ou fille de joie dans un bordel.

     

    Julie LEBOEUF (1838-1886), célèbre courtisane parisienne et artiste de théâtre mieux connue sous le nom de Marguerite Bellanger, « Saumuroise de petite vertu, artiste au talent limité et à la rouerie certaine » déclareront certains, deviendra dans les années 1860 la maîtresse de Napoléon III.

    Le caricaturiste Paul Hadol en a fait une chatte dans sa série de caricatures sur la « Ménagerie impériale ».

     

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle


     

    Il est toutefois cocasse de lire qu’elle avait dû obtenir une autorisation de la préfecture de Paris pour pouvoir porter un costume d’homme.

      Le XXè siècle jette l’Europe et le monde dans une tourmente infernale.Guerres, affrontements idéologiques, crises financières et économiques ponctuent la marche du siècle et les morts se comptent dorénavant par million.
     
    La science et la médecine font des avancées considérables, assistées en ce sens par les performances remarquables de la technologie.
     
     
    Début XXè s à Paris - French cancan
     
     
     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle
     
     
    La flambée de la prostitution pendant la première guerre mondiale amène les autorités à prendre des mesures fermes.
     

    Les prostituées déclarées sont « mises en carte ». Aujourd’hui on utiliserait le mot « fichées ».

    Au début du siècle, arrivée ou déménagement dans une ville doit être déclaré au commissariat.
    Il est interdit aux prostituées d’habiter à proximité des églises ou des établissements scolaires et elles ne peuvent plus circuler sur la voie publique après le coucher du soleil.
    Elles n’ont pas le droit de se rendre au théâtre ou au concert.

    Il faut préciser que ces mesures ne font pas l’objet d’une réglementation nationale.

    Elles sont prises à la discrétion des municipalités et laissées à l’arbitraire des services de police, ce qui explique que la pratique de la prostitution est rendue plus ou moins facile et accessible d’une ville à une autre.

    Il n’empêche que les prostituées sont nombreuses à négliger les règles imposées, et dans bien des endroits, la police perd rapidement leur trace.

    Le racolage est interdit, mais cependant indispensable à l’exercice de la profession.
    Ceci a pour conséquence de maintenir les prostituées à la merci des services de police.
     
    Selon un principe puéril « ce qu’on ne voit pas, on ne sait pas », la société se satisfait donc d’une prostitution encadrée et réglementée.
     
    Considérant ces pratiques non opposables à la loi naturelle et aux textes sacrés, l’Eglise catholique ne les condamne pas. On peut regretter qu’elle les ait toutefois légitimées.
    L’autorité de l’Eglise fait force de loi jusqu’au XVIIIè siècle, et même en ce début de XXè siècle, oser contester cette « vérité » fait figure d’impiété.

     

    Un courant abolitionniste a émergé et en 1926 Marcelle LEGRAND FALCO fonde l’« Union Temporaire contre la Prostitution Réglementée et la Traite des Femmes », qui va exiger des enquêtes sur les abus et sévices commis par des soldats sur les femmes employées dans les « bordels militaires de campagnes » (BMC), et qui étaient recrutées dans les colonies d’Afrique du Nord.
     

    Le mouvement abolitionniste obtient des succès et sa lutte aboutit à des accords internationaux en 1904, 1910, 1921 et 1933 suivis de mesures prises par la Société des Nations en 1927 et 1932.

     

    Conformément aux progressions acquises, la législation évolue favorablement après la seconde guerre mondiale.

    En 1946, est votée en France la loi Marthe Richard, du nom d’une prostituée (1889-1982) ; loi qui s’attaque aux formes sournoises de proxénétisme et qui aboutit à l’interdiction de l’exploitation de maisons closes. 

      

     

    Marthe Richard

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle  iellement cette loi ne mit pas fin à l’existence des maisons closes,

    pas pluu'elle n’entrava leur développement.  

     

     

     

     

     

    Marthe Richard, qui mena la campagne pour la fermeture des bordels en 1946.

     

    Se présentant comme une héroïne de la Résistance, elle fut démasquée plus tard comme un imposteur — en fait une ancienne prostituée et collaboratrice qui avait fourni des femmes aux Nazis.

     

    lien

     

    © Musée de l'Érotisme, Paris • Paris pour les pervers 

     

     

    La Déclaration des Droits de l’Homme
      
    intervient 2 ans plus tard sous l’égide des Nations Unies et le 2 décembre 1949 est signée la « Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui ».
     
     
    La France, pays des Droits de l’Homme, ne ratifie qu’en 1960 cette convention, cependant qu’aucune mesure d’interdiction de la prostitution ne l’accompagne.
    Curieusement, la loi sur le racolage passif est abrogée suite aux manifestations de 1975.
     
    Si le proxénétisme est interdit, la prostitution reste l’enjeu de nombreuses manifestations féministes qui dénoncent d’autres formes d’aliénation, notamment à travers les « échanges économico-sexuels ».

    A l’instar des Pays-Bas, plus modérément de la Belgique, et sous le principe très honorable de santé publique, l’idée de la réouverture de lieux destinés à la prostitution est régulièrement évoquée en France vers la fin du XXè siècle.
      
      
    Bernard Kouchner et Françoise de Panafieu s’en font les porte-paroles officiels.
     
     
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    Parallèlement, plusieurs associations militent alors en France pour que les prostituées obtiennent la reconnaissance sociale et professionnelle de leur activité, et puissent à ce titre bénéficier de l’accès aux soins.
     
    Elles dénoncent les dangers du concept « prohibitionniste » en cours notamment en Suède et s’y opposent fermement tout en prenant acte du souhait de certaines prostituées de se regrouper en syndicat afin d’obtenir un statut.
     
    Néanmoins, conservateurs, parlementaires de Gauche et un nombre considérable d’associations féministes, souhaitent d’abord pénaliser les clients, et les amendements proposés vont en ce sens.
     
    Le monde politique est influencé par l’économie et le commerce de la prostitution qui ne concerne plus uniquement la femme.
      
    Les différents courants de parlementaires, français et européens, n’entendent pas se charger d’une réglementation ferme et incontournable à l'encontre des nouvelles formes d’exploitation sexuelle en expansion, mais préfèrent continuer à nourrir des ambiguïtés inavouables.

     

    Il faut noter que les 15, 16 et 17 octobre 2005, eut lieu à Bruxelles (Belgique) une « Conférence Européenne des Prostituées », qui a débouché sur la rédaction d’un manifeste et d’une déclaration des Droits des travailleurs du sexe.
     
    Il n’est toutefois pas permis de prêter aux élu(e)s et parlementaires une volonté ferme de mise en place de protections ou de réformes allant dans ce sens, dans la mesure où plusieurs pays européens, tels l’Allemagne, la Suisse, les Pays-Bas et l’Espagne entre autres, accepteraient l’ouverture de supermarchés du sexe sur leur territoire ;
      
    « sympathiques surfaces » où des femmes,
    toutes volontaires nous assure-t-on,
    seraient alors louées à l’instar de matériels ou machines.
     
     
     
     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle
     
     
     
     
    Prostitution légale et encadrée par des lois, maisons closes légale et encadrée par des lois  Prostitution légale et encadrée par des lois, mais les maisons closes sont illégales  Prostitution (échange d'argent pour des relations sexuelles) légale, mais pas réglementée, les activités organisées (maisons closes ou proxénétisme) sont illégales  Prostitution illégale-les prostituées sont punies par la loi  Les clients sont punis par la loi, mais pas les prostituées 

     

    Si vous n’avez déjà eu l’occasion de le faire, je vous invite à regarder le documentaire du cinéaste Patrick JEAN «La domination masculine »,
    sorti en novembre 2009.
      
    L’auteur déclarait alors :
     
    - «Je veux que les spectateurs se disputent en sortant de la salle.
      
    Peut-on croire qu'au XXIème siècle, des hommes exigent le retour aux valeurs ancestrales du patriarcat : les femmes à la cuisine et les hommes au pouvoir ?
      
    Peut-on imaginer que des jeunes femmes instruites recherchent un " compagnon dominant ? " 
      
     

    Dégageant cependant des budgets et des gains considérables, les très nombreuses associations de lutte contre le proxénétisme et la prostitution, les multiples productions cinématographiques traitant de la prostitution de la femme et de l’enfant, les campagnes publicitaires ou d’information, les animations en tous lieux et places de conférences, et l’extraordinaire abondance d’articles de presse ne semblent toujours pas contrarier ni contrer le puissant lobby pro-proxénétisme qui, sans la moindre retenue avance un argument d’une imbécilité et d’une perversité incommensurables, à savoir :

     

    - « Peut-on priver les personnes handicapées d’une vie sexuelle que seules les prostituées seraient susceptibles de leur servir ».
     
     
    Pour comprendre, il faut sans doute savoir que les lobbies du sexe constituent des puissances financières colossales cotées en bourse, et que par conséquent, ils ont les moyens de leur prétention.
     

    Lors d‘un récent débat public, un homme paraplégique avait répondu à cet argument irrecevable :

     

    - « Quel que soit mon handicap, je n’humilierai jamais une femme pour mon plaisir ».

     

    Que n'ai-je été sidérée d'entendre des élu(e)s « Verts » proposer une mesure de protection pour les prostituées; à savoir un centre contrôlé par les inspecteurs du Travail et de l’Hygiène, plutôt que le Bois de Vincennes.

    Cette réflexion dénote d’une sérieuse méconnaissance du dossier, mais aussi de l'ignorance de mesures semblables totalement inefficaces souvent prises par le passé, de la cruelle réalité du présent…et du nombre réel d’inspecteurs du Travail et de l’Hygiène encore sur le terrain en France.


    Même si en France on se satisfait d'une avancée timide de la législation dans le domaine parfois très controversé de la criminalité et délinquance sexuelles, on peut néanmoins vivement regretter l’interprétation fallacieuse qui en est trop souvent faite, que ce soit à l’échelle juridique ou morale, afin de dégager les puissants de ce monde de leurs responsabilités.
      
    Comme vous sans doute, je constate amèrement que nos Institutions se font trop souvent la complice passive de pratiques crapuleuses inavouables et intolérables.

    Nous sommes face à une image parfaitement abstraite de l'être humain qui est imposée à une société formatée.

     

    Tandis que le CDH belge (parti humaniste) a lancé une campagne contre la prostitution s’opposant fermement à la création d’Eros Center; le 13 avril 2011 en France, une énième mission d’information parlementaire de l’Assemblée Nationale sur la prostitution, qui précise en outre « qu’il ne s’agit pas d’emprisonner la majorité des clients » a rendu un rapport qui « devrait » déboucher sur une loi en 2012. Vœu pieu ? Oxymore ?
      
    Le «Lobby européen des Femmes »
    vient de lancer une campagne pour éradiquer la prostitution en Europe.
     

    Céline FREMAULT, députée bruxelloise et présidente des femmes du CDH, déclare :

     

    - «Le CDH veut réaffirmer que le corps n’est pas une marchandise et que la prostitution n’est pas un métier comme un autre. Nous considérons qu’elle constitue une atteinte à la dignité humaine et que c’est aussi une violence de genre. » 

      

     

    Pourtant il semble bien qu’une fois encore les sites pornographiques
    et autres escort-girls ne seront pas inquiétés.
      
    C’est la seule prostitution de rue qui est ciblée.
     
     
    sources
     
    http://www.come4news.com/la-prostitution-de-la-
    femme-du-xixe-au-xxi-e-siecle-809438
     
     
    http://sofei-vandenaemet.skynetblogs.be/tag/militaire 
     
     
     
     
     
     
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