• La PROSTITUTION pendant la guerre de Sécession

     

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    Comme dans toutes les guerres, les soldats des deux camps se trouvèrent au cours de la guerre de sécession, privés de leurs compagnes pour une longue période.

    La nature étant ce qu'elle est, ils cherchèrent naturellement un palliatif à cette absence.

    Le moyen le plus simple restait encore le recours aux "professionnelles de l'amour" et on peut affirmer, sans se tromper, que la sexualité des soldats de la guerre civile américaine fut satisfaite avant tout par la prostitution.

     

    Au nord comme au sud, celle ci prit des proportions jusqu'alors jamais atteintes lors d'un conflit, mais cette guerre n'est t'elle pas précisément faites de "premières" ?

     

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    Surnommées "filles faciles", "filles de joie" ou encore "filles de petite vertu", ces femmes venus dans l'Ouest américain pour pratiquer le plus vieux métier du monde sont les premières dames de "l'American Frontier", les pionnières de l'Ouest.

    Les pionniers de l'Ouest américain étaient à la recherche d'or. Vivant dans des villes minières, ils ont rapidement attiré de nombreuses prostituées. Bagarre, jeux, alcools, elles ont subit la violence des hommes. Si certaines sont encore connues aujourd'hui, beaucoup sont mortes dans l'indifférence et dans la pauvreté.

    A travers les portraits des plus célèbres d'entre elles, ce film nous permet de cerner la réalité de leur difficile vie.

     

     

     

    Concernées avant tout: Les grandes villes. Washington compte 450 "bordels" répertoriés en 1862, (mais on en découvre de nouveaux tous les jours !) dont "Fort Sumter", "the Ironclad", "the blue goose" etc... et 5 000 prostituées en 1863 (contre 500 en 1860 !), plus 2 500 dans les villes voisines de Georgetown et Alexandria, décrite comme "une parfaite Sodome", sans compter les filles entretenues que des officiers font parfois

    passer pour leur épouse !!! .

    Un reporter, Franc B.Wilkie décrira avec dégoût son séjour à Washington à l'automne 1862 :

     

    « c'est le trou le plus pestilentiel depuis Sodome et Gomorrhe .

     

    La majorité des femmes dans les rues sont ouvertement de mauvaise vie… Les officiers ivres y sont en nombre suffisant pour prendre Richmond mais préfèrent les bars, les maisons de jeu et les maisons closes aux champs de bataille. »

     

    Dans la capitale fédérale, un quartier entier, "Murder bay" (appelé aussi "Hooker's division"), est voué à la prostitution.

     

     

    Puisque nous en parlons, le nom du général Hooker (ci-contre LC) reste lié à la prostitution même si le terme "hookers" désignant à la fois prostituées et beuveries était déjà employé bien avant la guerre.

     

    Par une amusante coïncidence, Hooker s'intéresse justement fortement au problème, ("payant"  de sa personne dit on) et pense que la présence de femmes dans les camps serait bonne pour le moral des troupes.

    "Nous sommes les filles de Hooker" s'exclament en guise de laissez-passer, les prostituées conduites dans les cantonnements fédéraux à la veille de la bataille de Chancellorsville en mai 1863.

     

    Un officier de cavalerie du Massachussetts dira de Hooker :

    «  Quand il avait le commandement, le quartier général de l'armée du Potomac n'était pas un endroit pour un homme respectable et aucune femme décente n'y avait sa place. C'était un mélange de bar louche et de bordel » .

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    En 1864, les autorités de Washington (qui restent bien impuissantes devant le phénomène malgré "raids" et amendes) classent 85 "maisons" (ou l'on vend le plus souvent de l'alcool illégalement), selon leur "qualité", des meilleures (N° 1) dans les beaux quartiers aux "pires" (N°3 ou sans numéro du tout !),

    on trouve même un certain nombre de "bordels" proposant exclusivement des filles de couleur !

     

    Le private Haydon note en novembre 1861 qu'on trouve trois types de gens dans la capitale: les soldats,

     

    " les deux autres grandes classes sont les politiciens et les prostituées, très nombreux et égaux en quantité, en honnêteté et en moralité. "


    En 1860 New York propose déjà 700 "maisons" et 2 500 filles sont sur les trottoirs.

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    Pendant la guerre, on y trouve au moins 8 000 prostituées.

    En 64/65, 2 000 filles hantent les rues et les "bordels " de Chicago.

     

    Baltimore, Boston, Cincinnati, St Louis ne sont pas en reste. "Nous avons du bon temps ici, une garde de temps en temps et une fille toutes les nuits"

     

    (C.Hopkins, près de Cairo, Illinois, avril 1864).

    Irvin Bell Wiley note que toutes les villes du sud soumises à l'occupation yankee deviennent rapidement des "paradis du vice", les soldats attirant apparemment Ies prostituées comme des mouches !!!

     

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    Elles suivent même les armées semble t'il, un soldat nordiste note, en décembre 1863, que de nombreuses putains de Norfolk (Virginie) sont originaires du même état que lui, le Connecticut...

     

     
    Louisville, la Nouvelle Orléans, Portsmouth, Norfolk, New Bern, Chattanooga, Savannah, Nashville, Memphis etc...

     

    se transforment en lieux de débauche, souvent quelques semaines seulement après l'entrée des fédéraux (quand elles ne le sont pas déjà bien entendu, les "maisons" de Bourbon street a la Nouvelle Orléans "fonctionnaient" fort bien avant la venue des soldats bleus !!! !) .
     

     

    Un officier de l'Ohio écrit que

     

    "Memphis est maintenant une des places principales de la prostitution féminine du continent.

    La vertu n'est plus connue qu'en dehors de ses limites."

     

    "]e suis de garde presque tous les jours parce qu'il y a tellement de mauvais lieux ici que nous devons placer une sentinelle devant chaque porte pour maintenir l'ordre"

    (Samuel Jarrett à Savannah, janvier 1865).

     


    Nombreuses sont les filles de joie confédérées qui "changent de camp" quand l'occasion se présente, un soldat en vaut un autre, surtout quand il paye en bons dollars yankees!

     

    Notons que certaines choisiront tout de même de suivre les rebelles en retraite, ou, restant sur place, afficheront sans retenue leur patriotisme, allant jusqu'à faire de la contrebande ou même assassiner des soldats ennemis...

     

    Quand les autorités
    fédérales de Washington laissèrent libre passage aux femmes qui
    désiraient rejoindre le sud  (ici leur
    embarquement , LC), 600 choisirent de partir .
    Parmi-elles au moins 70 prostituées .

     

    City Point en Virginie est une importante base fédérale pendant le conflit: "le diable est dans la place. I1 y a une cité entière de putains. Oui père, une cité entière !" (Un employé de la "Sanitary commission" à sa famille, fin 1864). Si cela choque ce jeune homme, d'autres (les plus nombreux ?) ne s'en plaignent pas "Nous n'avons rien à faire ici à part baiser, et on le fait abondamment !" (F.R.Lyman, 1864) !!!

     

    Les soldats profitent parfois de leur "auréole de libérateur" auprès des prostituées noires, très appréciées pour "l'exotisme":

     

    "Elles tombent amoureuses de nous pensant que nous allons les emmener vers la liberté et elle ne nous font pas payer !" note avec satisfaction un yankee stationné à Memphis !

     


    Les soldats confédérés ont aussi leurs lieux de perdition:

     

    La Nouvelle Orléans, Mobile, Dalton(Géorgie), très réputée pendant les campagnes d'Atlanta et Chattanooga

    (Johnston tentera d'y intervenir sans grand succès):

     

    "I1 me parvient quotidiennement des plaintes concernant les nombreuses femmes de mauvaise vie de cette ville"

    écrit un officier du QG de l'armée du Tennessee à l'été 1864

     

    "Elles pullulent dans l'entourage immédiat des quartiers de nos soldats et ont des relations avec presque tous ceux ci. Des vols sont commis dans nos dépôts pour payer leurs services." .

     

     

    Mais c'est la capitale de la Confédération, Richmond qui emporte la palme. Petite ville provinciale promue capitale, Richmond a vu sa population passer de 40 000 à 100 000 personnes en deux ans ! "Une métropole boursouflée par le vice" dit le journal 1'Examiner".

     

     

    Dans les faubourgs de l'ouest, "Screamerville" (la ville des hurlements) n'est qu'une suite ininterrompue de saloons, de bordels et autres lieux louches.

     

    Une de ces "maisons de vice" va jusqu'à s'installer en face d'un des plus importants hôpitaux militaires, et les "propositions »  (gestes a l'appui !) fusent au dessus de la rue et des passantes respectables vers les soldats convalescents !!! µ

     

    Un auteur a estimé qu'en ces années la, Richmond contenait plus de prostituées de toutes catégories, que la Nouvelle-Orléans et Paris réunies !

    Petersburg, du fait de sa proximité avec le front, est également un "paradis " dans le genre, les soldats sudistes se communiquent les bonnes adresses d'une unité à une autre! Parfois, les filles vont même jusqu'aux lignes: "I1 y a deux semaines, une femme est venue de Petersburg et s'est arrêtée à deux cents yards du camp. Plusieurs des gars sont allés la voir et ont eu beaucoup d'amusements avec elle. Mais c'était pendant le drill et ils l'ont manqué, alors ils ont été punis" (un jeune Nord Carolinien fin 1863). « Je suis allé dans la grande ville de Petersburg et j'y ai eu deux belles femmes qui m'ont couté onze dollars. Tom Lane est venu deux fois avec moi sur la même fille. I1 dit qu'elle est un peu mieux que la veuve (illisible)..." (H.D.Cameron, 3d NC Cavalry, février 1863).
    Partout, soldats et officiers bleus ou gris s'affichent ouvertement avec des filles, dans les rues, aux spectacles, dans les bals, quand ce n'est pas lors de réceptions officielles !
    Plusieurs officiers nordistes seront d'ailleurs "démissionnés » pour leur conduite inconvenante. Le "Nashville daily press" note qu'une jeune prostituée se promenant dans la ville, nue de la taille aux pieds, en compagnie d'un officier de l'Union, y causa une perturbation considérable !

     

    Une carte de visite « d'actrice » pendant la guerre , carte qui peut tout aussi bien servir de publicité à une prostituée notoire ! Le genre de photos dont étaient friands les soldats de la guerre civile ...

     

    En janvier 1864, un journal de Cincinnati affirme que les "filles de joie" sont près d'avoir éliminé totalement les femmes décentes des promenades publiques.


    Au sud, il en va de même, le maire de Richmond en est outré.

     

    Ces "dames" étant souvent bien mieux vêtues que les vraies Ladies, on se pose des questions sur l'efficacité du blocus ...

     

    On a beau s'indigner, tenter de chasser les "Cyprians", de les incarcérer, voire de les "refiler" aux "copains d'en face", rien n'y fait ...

     

    "Les nymphes du monde sont depuis toujours nécessaires aux grandes armées car elles en sont une émanation" explique le "Daily Inquirer" de Richmond.


    Leurs tarifs sont des plus variables, de quelques cents à des centaines, voir des milliers de dollars selon la "catégorie" et les milieux ou elles évoluent. La plupart des "maisons" sont tenues par des "maquerelles" aux noms d'emprunt (rarement des hommes), il existe une prostitution de la rue ou l'on trouve des "indépendantes" et de nombreux "souteneurs"...

     

    Rien de neuf sous le soleil !

    Généralement, les filles réduites à la prostitution n'ont pas choisi ce métier par vocation on s'en doute.

     

    La pauvreté, I'alcool, le veuvage même, peuvent faire glisser bien des femmes sur la pente du "vice".

     

    Cinq "filles" de Culpeper furent arrêtées un jour à Richmond, au cours de leur interrogatoire, deux d'entre elles affirmèrent avoir perdu leur époux dans les rangs de I'armée Confédérée.

     

    On ne les en traita pas mieux pour cela, personne ne semblant prêter attention à ce genre de déclaration.

     

    Le 30 avril 1861, une jeune fille de 16 ans fut arrêtée à Boston, racolant dans la rue.

     

    Elle était couturière mais ne gagnait pas assez pour nourrir sa mère.

     

    On pourrait multiplier les exemples de ce genre que le temps de guerre aggrave encore, particulièrement dans le sud ou des milliers de femmes connaissent le triste sort des réfugiés de toutes les époques: la perte de leur foyer, l'errance, souvent avec des enfants, la misère, la faim Comment s'étonner que beaucoup ne trouvent que dans le commerce de leur corps, les ressources nécessaires pour continuer a subsister ?

     

    Des « dames » dans leur boudoir . Pour ce genre de photographies « osées » , on recourait souvent au service de prostituées dans les studios ...

    Dès lors, la prostitution ne se rencontre plus seulement dans les grandes villes, mais dans toutes les agglomérations et encore plus généralement dans toutes les zones, urbaines ou rurales ou l'on trouve des soldats ou des troupes en marche. "Cette partie du pays abonde en femmes de mauvaise vie" (Sgt Vairin, CSA, 27/12/1862, Caroline du nord), "La moitié des femmes des environs, mariées ou célibataires, ont perdu leur respectabilité. "(Capitaine Key, CSA, 2/1/1864, ligne Georgie-Tennessee), "La vertu des femmes, si elle a jamais existé dans ce pays, semble maintenant avoir totalement fait naufrage. Les prostituées sont partout:

     

    dans les montagnes, les vallées, dans les hameaux et les cités. Je suppose que l'influence des armées a largement contribué à cet état de fait; les soldats ne semblent pas ressentir les mêmes restrictions loin de chez eux, ce qui régularisait auparavant leurs relations avec le beau sexe."

    (Major Mims, CSA, fin 1863, Tennessee de I'Est).

     

    II semble aussi que la prostitution n'hésitait pas à aller chercher les hommes jusque dans leurs campements si nécessaire: "Plusieurs fois par semaine, notre poste est visité par deux soeurs qui se vendent…

     

    Quelquefois elles emmènent une négresse avec elles..."

    (H.Levin, 2nd Virginia réserves, fin 1864).

     

    En avril 65, H.P.Hennon (87th Pennsylvanie) écrit que ses copains ont trouvé une vieille prostituée près d'un ponton, derrière une pile de tabac: "Tom tenait la lampe et elle reçu soixante grosses bites l'une après l'autre. ]'étais mort de rire et la sacrée vieille pute tenait bon". !!!

    Au début du conflit, un soldat confédéré remarquait qu'en plus des épouses et soeurs d'officiers et des cuisinières et lavandières, on trouvait aussi "ici et là une dame élégante et maniérée, touchante dans sa solitude, mais manquant du seul passeport de respectabilité pour une femme dans un camp: les liens du mariage" (I.Gibbons, 8/1862). Des "Cyprians », de haut vol ? A rapprocher du témoignage du soldat Haydon (US) notant le 25/5/1861 la visite de quelques jolies dames cherchant dans le camp des "frères" et des "cousins:

     

    "Elles étaient belles, c'est sur, mais les gars avaient tellement peu d'argent qu'à moins que l'amour soit plus fort que l'avarice, les discussions se terminaient de façon peu satisfaisante".

     

     

    Il semble que les lavandières n'ai pas toujours été irréprochables non plus si I'on en croit le soldat Olmanson du Minnesota en novembre 61: « Nous avons environ quarante femmes. dans le régiment, plusieurs font beaucoup d'argent par des voies naturelles..."

     

     

    Le plus souvent, rien ou presque ne distinguait une prostituée d'une femme honnête quand on la croisait dans la rue.

    De « première classe » elles suivaient la mode , de « deuxième choix », elles étaient vêtues comme les femmes de la campagne ou les ouvrières.

    L'image de la prostituée aguicheuse se promenant en « dessous » aux abords des camps de l'armée est totalement erronée.

    La plupart du temps, les filles devaient opérer discrètement et donc , éviter d'attirer l'attention des autorités sur leur personne ...

     

    Les prostituées aussi suivent la mode: "Elles se pavanaient dans leurs crinolines en se déhanchant. nos gars ont eu beaucoup de bon temps avec elles. », (Private Philipps, 92° Illinois).

     

    "Le colonel avait suivi plusieurs soldats qui se dissimulaient en allant dans le bois. S'approchant de 1'en droit, il vit deux dames en jupons et crinolines se livrant à un commerce lucratif; il resta et regarda suffisamment longtemps pour satisfaire sa curiosité..." (un soldat du.4° Maryland Rgt, octobre 1863).

     

    L'encombrant accessoire que constitue la crinoline reste un élément de séduction. même dans l'exercice du plus vieux métier du monde !


    En théorie, les prostituées n'avaient pas le droit de se trouver dans les camps militaires et en étaient immédiatement expulsées, en théorie seulement, car que penser des histoires qui suivent ?

     

     Après l'évacuation précipitée de l'Ile N° 10 par les sudistes sur le Mississippi, les unionistes découvrent dans les positions rebelles:

     

    « Un essaim de nymphes. les cheveux défaits, les bustes délacés. le camp portant toutes les marques de la féminité avec des crinolines et des pantalons de dessous suspendus aux arbres et les bagages des officiers confédérés mêlés aux calicos."

     

    Afficher l'image d'origineUn autre observateur note une scène similaire dans le Tennessee ou une vingtaine de prostituées abandonnées par les sudistes en retraite passaient le temps jusqu'à l'arrivée des forces US "souhaitant prodiguer leurs faveurs aux officiers nationaux comme précédemment à leurs protecteurs rebelles !" (cités par Miss Massey "Bonnet Brigade").

     

    Et encore: En mars 65, un parti yankee avait chassé un poste confédéré de White's tavern :

     

    "et découvert que nous avions interrompu une "partie".

     

    La petite était au lit, prête, payée mais inutilisée, nous étions trop gentlemen pour laisser une "dame" dans une telle détresse..."

     

    (Cite par T.Lowry, "sex in CW"). Visiblement les consignes étaient très souples !!!

    On comprend que dans ces conditions, beaucoup d'hommes aient fortement découragé les visites de leur épouse, mère, et soeur dans les campements !  Jesse Reid, du 4th South Carolina écrit à sa femme en juin 1861 sur les prostituées visitant son camp:

     

    " Si tu pouvais te trouver là en ces occasions, tu penserais qu'il n'y a pas un homme marié dans tout le régiment à part moi (ben voyons ! NDLR). Beaucoup le sont pourtant..."

     

     

    Et si parfois le règlement était plus stricte, ces "dames" trouvaient des astuces pour continuer leurs "affaires" en s'installant près du camp et débauchant les sentinelles par exemple:

     

    Deux pauvres gars sont ainsi exécutes pour abandon de poste dans le Tennessee, écrit le major Mims, CSA, à sa femme, ils avaient succombés aux charmes de "professionnelles".

     

     

    Le soldat Collins du Michigan provost guard, reçut dix jours au pain et à l'eau pour avoir eu des relations avec une prostituée alors qu'il était de garde à Détroit en mai 1863...Le lieutenant Parrott ( 16th Illinois) est privé de six mois de solde pour avoir eu des relations sexuelles avec une prostituée noire alors qu'il commandait un poste de garde dans le Tennessee en décembre 1862.

     


    On fait mieux encore, en endossant l'uniforme et en se fondant dans une unité avec la complicité de tous ceux qui y trouvent "un avantage", officiers compris !

     

    Le colonel Anglais Freemantle cite le cas d'une femme en uniforme gris, croisée dans un train non loin d'Atlanta en 1863 et expulsée de l'armée du Tennessee, elle avait été chassée pour sa conduite immorale malgré sa participation à plusieurs batailles.

     

    En septembre 1864, "1'Enquirer" de Richmond expose les cas semblables de Mary et Mollie Bell (alias Tom Parker et Bob Morgan), une "Canadian Lou" en uniforme fédéral est arrêtée en état d'ébriété à Memphis en décembre 1862, le soldat Bear du 116th Illinois parle de son lieutenant qui garde près de lui une certaine Kate, portant l'uniforme

    "Quelques gars de la compagnie aimeraient avoir un "accrochage" dans le camp avec elle. On peut difficilement en parler comme d'un homme..." ...etc.

     

     

    Difficile cependant de faire la différence entre prostituées ou concubines en uniforme et femmes soldats aux mobiles plus patriotiques. ou affectifs .

     

    Que penser de ce "sergent" US qui accouche dans l'armée de Rosecrans et ceci "en complète violation des lois militaires" note ce dernier ou de cet "officier" sudiste qui met au monde un gros garçon dans la prison de Johnson Island en décembre 1864 ?

    "Sans doute une femme" note le perspicace reporter du "Sandusky register", certes, mais prostituée ou pas ?

    Miss Massey dans son "Bonnet brigade" pense que la majorité des femmes en uniforme étaient des "filles", c'est aller beaucoup trop loin et les historiens d'aujourd'hui qui s'intéressent à elles ne partagent absolument pas cet avis.

     

    On peut lire dans le Newark Daily Advertiser du 31/5/1864:

    " Les autorités militaires de Washington montrent que 150 femmes ont déjà été découvertes  dans l'armée. »

    Curieusement, plus de soixante dix servaient comme "aide de camp" d'officiers au moment de leur découverte.

    Dans un régiment, il y avait dix sept de ces femmes portant pantalons et sack coats au lieu de calicos et crinolines.

    Même un général, qui a glané de multiples lauriers, avait a son service un beau jeune homme dont le vrai nom se révéla être Mary Jane G , d'une famille de la bonne société de Trenton. Elle expliqua qu'elle voulait « voir le monde". Respectable ambition, mais quelles étaient vraiment les exactes relations de ces officiers et de leurs "aides de camp" ?

     

    Le général Kilpatrick homme à femmes (à « filles » même) et soldat . des plus contestés ! (LC)

     

    Le général US James C.Rice s'entoure d'un essaim de jolies femmes dans son QG de Redwood près de Culpeper (Va), il les appellent ses « nonnes » ! Une certaine Annie Jones, se vante d'avoir été « l'invitée » des généraux Sigel, Stahel, Custer et Kilpatrick . Ce dernier aimait assurément s'entourer de jeunes dames à la vertu douteuse .

     

    Il est vu , ainsi que le général Estes, en compagnie d'un « Charley » et d'un « Franck » qui sous leurs uniformes se révéleront être des femmes . Kilpatrick semble également avoir eu un faible pour une « Molly » et une « Alice » qu'il présentait comme une institutrice qu'il escortait vers le nord , « On croyait généralement dans le commandement qu'il l'avait avec lui pour des motifs moins honorables » (J.Miller 5th Ohio cavalry).

    On notera que la seule mention de prostitution masculine à l'époque se trouve dans le numéro du 13 mai 1862 du "Richmond dispatch", condamnant la "vulgarité des prostitués des deux sexes" dans les rues de la capitale sudiste…

     

    Bien évidemment, la conséquence inévitable de cette prostitution galopante fut la prolifération de maladies "sexuellement transmissibles", aggravée par le manque d'hygiène et la presque totale ignorance de la médecine de l'époque en la matière.

     

    Pour une nuit avec « Vénus », le soldat risquait de passer toute sa vie avec « Mercure » (le mercure était le traitement le plus commun contre les maladies vénériennes à l'époque).

    Des statistiques de l'armée fédérale portant sur 468 275 soldats blancs entre mai 61 et juin 66 donnent 182 779 cas de maladies vénériennes (73 382 cas de Syphilis, 109 397 de Gonorrhée) dont 136 mortels.

     

    Entre juin 1864 et juin 1866 sur 63 645 soldats de couleur, 14 257 sont infectes, 32 trouvent la mort.

     

    Un statisticien du département médical de !'Union a calculé que lors de la première année du conflit, un yankee sur douze souffrait d'une maladie "honteuse" et que pour la période entière de la guerre, le taux était de 82 pour 1000.

     

    Coté confédéré, on admet généralement que les maladies vénériennes firent moins de ravages du fait des ressources moindres des soldats (moins d'occasions d'aller voir les filles, alors que les recrues et les vétérans de !'Union qui se rengageaient se trouvaient avoir les poches pleines de dollars) et des séjours des troupes beaucoup plus prolongés en rase campagne plutôt qu'a proximité des cités.

     

    Mais, on l'a vu, des prostituées, on en trouvait partout, et puis on pouvait très souvent "payer en nature" plutôt qu'en argent, alors il est bien difficile d'en tirer des conclusions, d'autant que les archives sudistes sont loin d'être complètes sur ce sujet là aussi...

     

     

     

    Photographie de l'Hôpital N°11 a Nashville, traitant les prostituées atteintes de maladies vénériennes. On pense d'habitude qu'il s'agit des lavandières attachées à l'établissement, mais d'après l'historien, j. Hoobler, le personnel étant exclusivement noir, les femmes blanches sur ce cliché seraient plus certainement des prostituées de la ville en cours de traitement.
    (National Archives)

     

    Quelques chiffres partiels montreront tout de même que les rebelles aussi étaient touchés: En juillet 61, pour 12 régiments représentant 11 452 hommes, on signale 204 nouveaux cas de Gonorrhée et 44 de syphilis.

     

     

    En aout pour 29 unités et 27 042 soldats, 152 nouveaux cas de Gonorrhée et 102 de syphilis. En septembre, 38 régiments regroupant 33 284 hommes ajoutent 148 cas de plus pour la première maladie, et 70 pour la seconde. etc...

     


    Au nord comme au sud, les premiers mois de la guerre se montreront redoutables en ce domaine pour des milliers et des milliers de jeunes hommes tout juste arrivés de leurs campagnes et confrontés à la proximité des grandes villes et de leurs inévitables tentations.

     

    Ensuite, la discipline prenant le dessus, les infections régressent (sans disparaître), mais reprennent largement dès que les troupes cantonnent près d'une cité.

     

    Les micro organismes responsables de la syphilis et de la gonorrhée ne seront identifiés respectivement qu'en 1905 et 1879. Les traitements adéquats ne seront mis au point qu'en 1910 et 1945 !!!

     

    Alors en 1860, les remèdes sont. ce qu'ils sont et leur efficacité des plus douteuses, si la maladie peut être jugulée, on reste au mieux, contagieux, mais souvent la mort est au bout, ce n'est qu'une question de temps

     

    On ne saura jamais combien de soldats rentrant de la guerre ont infectés leur femme ou leur fiancée, ni les effets désastreux de ces maladies sur les enfants nés atteints du mal...

     


    Pour tenter de remédier au problème des maladies vénériennes, les autorités prirent parfois des initiatives, certes intéressantes mais pas toujours couronnées de succès, tel le général Rosecrans, qui en 1863 à Nashville, plaça 111 prostituées atteintes du mal, sur un navire, l'ldaho, à destination de Louisville. Après une "croisière" peu agréable de 28 jours (lire ci-dessous) , la plupart des filles regagnèrent Nashville et se remirent au "travail".

     

    Quelques chiffres partiels montreront tout de même que les rebelles aussi étaient touchés:

     

    En juillet 61, pour 12 régiments représentant 11 452 hommes, on signale 204 nouveaux cas de Gonorrhée et 44 de syphilis.

     

    En aout pour 29 unités et 27 042 soldats, 152 nouveaux cas de Gonorrhée et 102 de syphilis.

     

    En septembre, 38 régiments regroupant 33 284 hommes ajoutent 148 cas de plus pour la première maladie, et 70 pour la seconde. etc...
     

     

    Au nord comme au sud, les premiers mois de la guerre se montreront redoutables en ce domaine pour des milliers et des milliers de jeunes hommes tout juste arrivés de leurs campagnes et confrontés à la proximité des grandes villes et de leurs inévitables tentations.

     

    Ensuite, la discipline prenant le dessus, les infections régressent (sans disparaître), mais reprennent largement dès que les troupes cantonnent près d'une cité. Les micro organismes responsables de la syphilis et de la gonorrhée ne seront identifiés respectivement qu'en 1905 et 1879.

     

    Les traitements adéquats ne seront mis au point qu'en 1910 et 1945 !!!

     

    Alors en 1860, les remèdes sont. ce qu'ils sont et leur efficacité des plus douteuses, si la maladie peut être jugulée, on reste au mieux, contagieux, mais souvent la mort est au bout, ce n'est qu'une question de temps

     

    On ne saura jamais combien de soldats rentrant de la guerre ont infectés leur femme ou leur fiancée, ni les effets désastreux de ces maladies sur les enfants nés atteints du mal...


    Pour tenter de remédier au problème des maladies vénériennes, les autorités prirent parfois des initiatives, certes intéressantes mais pas toujours couronnées de succès, tel le général Rosecrans, qui en 1863 à Nashville, plaça 111 prostituées atteintes du mal, sur un navire, l'ldaho, à destination de Louisville.

     

    Après une "croisière" peu agréable de 28 jours (lire ci-dessous) , la plupart des filles regagnèrent Nashville et se remirent au "travail".

     

    Le curieux voyage de l'Idaho :

    En juillet 1863, le général Rosecrans réquisitionna un nouveau navire de transport de passagers, l'Idaho, du capitaine Newcomb. On ordonna à ce dernier de transporter toutes les prostituées de Nashville jusqu'à Louisville. Newcomb protesta mais dut embarquer les 111 filles que l'on rafla dans la ville. Sans escorte militaire et avec seulement trois membres d'équipage, le capitaine entama son drôle de voyage inaugural.

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    Dès qu'il s'ancrait quelque part, l'Idaho était pris d'assaut par des soldats qui arrivaient de partout à la nage. Impuissant (?!) Newcomb regardait alors les dégâts que les filles ivres et les soldats qui ne l'étaient pas moins , causaient à son bâtiment. Quand il parvint à Louisville il fut envoyé sur Cincinnati, de là à Newport (Kentucky) ou il fut renvoyé sur Louisville qui le renvoya à nouveau sur Nashville !

     

    Pendant tout ce temps, vingt huit jours de « croisière », il ne fut jamais admis à quais. Il perdit son bateau et toute la nourriture et les médicaments pour ses « passagères ». Les 4 300 $ qu'il réclama en dédommagement aux autorités fédérales lui furent payées ...en 1866 ! L'Idaho devait resté dans l'histoire comme « le bordel flottant » ...

     

     

    Fin 1863 les autorités fédérales de la ville "prennent en charge" la prostitution locale, fournissant des licences aux filles ayant passé l'inspection conduite par le corps médical afin de dépister les maladies sexuellement transmissibles et les traiter.

    Celles qui refusaient de se plier à la règle étaient emprisonnées jusqu'à ce qu'elles obtiennent le certificat de "bonne santé". Apparemment le système s'avéra efficace; au 30 avril 1864, 352 filles étaient licenciées et 92 en traitement.

     

    Devant le succès de l'opération, on étendit le contrôle aux prostituées de couleur. II semble que les manières et l'apparence des filles concernées se soit améliorées suite à ce programme sans précédent.

     

    De part les garanties de sécurité et le confort qu'il offrait, il attira même, venant des villes du nord, de nombreuses "Cyprians" de la meilleure classe à Nashville …

     

    L'hôpital N° 11 qui traitait les filles fut surnommé "la maison du fléau" . Au 31 janvier 1865, 207 femmes y étaient en cure. Au 31 décembre 1864, sur les 1 000 premiers soldats traités dans l'hôpital N° 15 (celui qui accueillait les yankees atteints ), seul 30 avaient contractés la maladie à Nashville, ce qui atteste de l'efficacité du système instauré sur place, mais aussi de l'échec ailleurs, Memphis exceptée, ou une opération similaire de légalisation et de contrôle de la prostitution connut un certain succès là encore.. Bien sur, une fois la guerre terminée, ces expériences furent arrêtées…

     

     

    A gauche, Licence délivrée à Anna Johnson par les autorités militaires US à Nashville
    en 1863, afin "d'exercer sa vocation ", l'absence de ce document étant passible d'au moins 30 jours de prison...
    (National Archives)

    A droite, la prostituée Bettie Duncan a satisfait à l'examen de santé hebdomadaire, le 30 décembre 1863.
    (National Archives)

     

    En règle général, la prostitution pendant la guerre de sécession est largement tolérée car reconnue comme un mal , mais comme un mal nécessaire , tout comme dans la société victorienne en temps ordinaire d'ailleurs. Les appétits charnels (des hommes uniquement bien sûr) étant bien connus, ils doivent être apaisés.

     

    En offrant aux soldats un dérivatif à leurs frustrations, les prostituées contribuaient ainsi à préserver la si précieuse vertu des femmes respectables que l'on pensait , à tort ou à raison, en grand danger !

    P.AILLIOT
    (cet article est paru dans le numéro 66 du « Courrier de la guerre d'Amérique »
    revue interne du Club Confédéré et Fédéral de France)

     

    Sources :

    « Sex in the CW » T.P. Lowry
    « Life of Billy yank » & « Life of Johnny reb » I.B.Wiley
    « Bonnet brigade, women in the CW » M.E Massey
    « la prostitution dans les armées CS », S.Noirsain CHAB
    « The CW bawdy houses of Washington DC » T.P Lowry

    « Prostitution in mid XIXth century America » E.A Topping

     

    Quelques termes d'époque en matière de prostitution

     

    Brothel (bordel) :

    House of ill repute (maison de mauvaise réputation), Sporting house (maison sportive), Temple of Venus (temple de Vénus), Den of Vice (antre du vice), Disorderly house (maison déréglée)


    Condoms (préservatifs) : French letters (lettres françaises), French male safes (sureté française des mâles), french secrets (secrets français ) !!!


    Female genitals (organes génitaux féminins) : The box (la boite), pandora's box (la boite de Pandore)


    Prostitutes (prostituées) : degraded daughters of Eve (filles déchues d'Eve), Soiled Doves (colombes souillées), Fallen Women (femmes déchues), Daughters of Pleasure (filles de plaisir) , The fair but frail (belle mais fragile), Immoral temptress (tentatrice immorale), Aspasia, Girl on the town (fille sur la ville), The unfortunate children of sorrow (les infortunés enfants de la peine), bawds (les paillardes)


    Prostitution : The great social evil (la grande diablerie sociale), the horizontal trade (le commerce horizontal), the frail sisterhood ( la frèle fraternité), the practice of debauchery (la pratique de la débauche), criminal connection (relation criminelle)


    Veneral disease (Maladie vénérienne) : Social disease (maladie sociale, pour les hommes), the bad disorder (le mauvais désordre), the frightful physical malady (l'effroyable maladie physique), the private disease (la maladie privée, pour les femmes)

     

    SOURCES

     

    « Le roi d’Angleterre Édouard VII "amoureux" de la France.....Danses et Bals pendant la Guerre de Sécession »
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