• Origine : l’Opéra, le « marché aux putains » ( I )

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    Origine : l’Opéra, le « marché aux putains »

    Au XVIIIe siècle, les alentours des salles de spectacles étaient des endroits très fréquentés par les prostituées.

    On disait d’ailleurs de l’Opéra qu’il était le « marché aux putains ».

    Les mères vendent leurs filles ratées

    Mais si la prostitution avait cours à l’extérieur, au XIXe siècle, elle s’exerçait aussi à l’intérieur, les danseuses faisant commerce de leurs charmes (plus ou moins volontairement). 

    Mlle Marconnier - Album Reutlinger (Gallica BNF) 

     

     

    Il n’était d’ailleurs pas rare, au foyer des artistes de l’Opéra, derrière la scène, de trouver des mères venant ‘vendre’ leurs filles, danseuses plus ou moins ratées, aux messieurs les plus offrants.

    Mlle de Saunoy - Album Reutlinger, Gallica BNF

    Mais alors que beaucoup de danseuses se contentaient d’effectuer des passes, certaines des plus cotées devenaient des maîtresses

    attitrées de messieurs de la haute société qui, laissant leurs épouses à leur domicile,

     

     

    Mlle Marconnier - Album Reutlinger (Gallica BNF)

     

     

    s’affichaient volontiers avec leur proie à laquelle ils offraient un logement et train de vie généralement plus que décent.

     

    Mlle Deschamps - Album Reutlinger (Gallica BNF)

     

    Et c’est de ces dépenses d’entretien de leur maîtresse danseuse que vient notre expression dont le sens, par extension, a évolué vers toutes les dépenses très, voire trop importantes consacrées à une passion.

    Théâtres, cabarets, actrices, chanteuses…

    Cela dit, l’Opéra n’avait pas du tout l’exclusivité des danseuses prostituées ou, dit plus élégamment au vu du beau monde qu’elles fréquentaient parfois et de la manière moins systématique avec laquelle elles faisaient

     

     

    commerce de leur corps, les courtisanes, la danse classique n’étant pas la seule touchée par ce phénomène ‘artistique’ qui concernait aussi bien les théâtres que les cabarets,

     

    Mlle Amélie Colombier, par Nadar (Gallica BNF)

     

    les actrices que les chanteuses et danseuses.

     

    Il suffit de se rappeler de quelques noms célèbres comme Lola Montès,

    la belle Otero ou Liane de Pougy, pour ne citer qu’elles.

    « Je viens enfin de recevoir ta boîte merveilleuse de compas !

    Tu es archi-fou,

    je t’assure que tu as besoin d’un conseil judiciaire.

    Je suis ta danseuse, ton écurie, ta collection, je te reviens à des prix fous. » 

    – André Gide – Correspondance 1890-1942

     

    Mlle Lekain - Album Reutlinger (Gallica BNF) 

    https://matricien.org/patriarcat/sociologie/prostitution/prostitution-mondaine/

     

     

    Le foyer de la danse à l'Opéra de la rue Le Peletier (Edgar Degas, 1872, Musée d'Orsay) 

     

    « HISTOIRE de la PROSTITUTION en FRANCE Épouses et concubines »
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