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    •  Artist Tamara Lempicka in her bedroom, rue Méchain, 1930s:

      A Paris, à deux pas de l'avenue de l'Observatoire, donnant dans la rue du Faubourg-Saint-Jacques, la rue Méchain ne se remarque guère. Pourtant, derrière l'une de ses façades, se cache un immeuble au passé prestigieux.
    • D'une part, parce qu'il est signé Robert Mallet-Stevens, célèbre architecte du début du XXe siècle surtout connu pour ses réalisations de maisons, hôtels particuliers et magasins (rue Marbeuf, boulevards de la Madeleine, des Capucines, Haussmann et avenue de Wagram...). Une rue du 16e arrondissement conçue par l'architecte lui doit même son nom.
    • D'autre part, parce que dans cet immeuble, à l'origine commande d'un propriétaire privé qui souhaitait en faire un immeuble de rapport, a vécu dans les années 1930 la non moins célèbre Tamara de Lempicka, à laquelle vient récemment d'être consacrée une rétrospective au musée des Années 30 à Boulogne-Billancourt.

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    L'artiste peintre, d'origine polonaise, s'installe, en effet, à Paris en 1918 où elle vivra une vingtaine d'années avant d'émigrer _ montée du nazisme oblige _ aux Etats-Unis, puis au Mexique où elle mourra en 1980.

     

    A Paris, elle se passionne notamment pour le cubisme, déchaîne les passions et la chronique avec des nus parfois très provocants pour l'époque.

     

    Mais qu'importe ! Ne disait-elle pas :

     

    « Ne pas copier, créer un nouveau style, des couleurs lumineuses et brillantes, je veux qu'au milieu de cent autres on remarque mes oeuvres au premier coup d'oeil. »

     

     

    The studio on RUE MECHAIN PARIS 14è  1931:

    The studio on RUE MECHAIN PARIS 14è 1931

     

    C'est justement l'atelier d'artiste qu'elle occupait rue Méchain qui est aujourd'hui à vendre. Un lieu ô combien chargé d'histoire et qui vit défiler tout le gotha parisien de l'époque, entre autres, André Gide, Suzy Solidor, Paul Poiret, Georges Braque...

     

     Tamara de Lempicka. Tamara, convertida ya en baronesa, vive la guerra y la posguerra lejos de la Europa que la vio triunfar, ejerciendo en los Estados Unidos la función de dama del gran mundo que veía crecer las ruinas de su belleza, sin poder hacer nada por evitarlo.:

    Quand on pénètre dans le hall dont la porte d'entrée est signée Jean Prouvé (créateur notamment de la chaise Antony), on ne peut d'ailleurs s'empêcher d'être ému à l'idée que Tamara de Lempicka y créa une grande partie de ses  oeuvres qui l'ont rendue célèbre.

     

     

    Tamara de Lempicka's studio on Rue Mechain. Paris, 1931.  Tamara`s studio on the…:

     

    Tout ici semble resté intact : un jette-manteaux chromé, à l'époque réalisé par la soeur de l'artiste, campe encore dans le hall d'entrée de l'atelier, lui-même d'une hauteur sous plafond impressionnante : 6 mètres éclairés d'une immense verrière orientée plein nord, comme il se doit, et donnant sur le petit jardin de la résidence.

    Salon fumoir sur la mezzanine de la maison-studio de Tamara de Lempicka, rue Méchain, Paris 1930:

    En mezzanine, trône un bar-fumoir resté intact et aujourd'hui classé, de même que son mobilier Art déco d'origine.

     

    Un peu partout, on retrouve aussi la signature de Mallet-Stevens :

     

    miroirs offrant de belles perspectives, colonnes décoratives pour mettre en valeur des objets, rampe d'escalier à l'origine chromée mais malheureusement peinte depuis, éclairages indirects par des niches dissimulées dans les murs, vitraux aux dessins géométriques signés Louis Barillet, grand complice de Mallet-Stevens.

    A lui seul, l'atelier développe 60 m2 et s'adjoint une chambre, un bureau et deux salles de douches.

     Tamara de Lempicka:

     

     

    Aux niveaux supérieurs, desservis par ascenseur intérieur, s'installent une cuisine, deux autres chambres, une salle de bains et deux douches.

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    De même que deux chambres de service, deux caves, un box et deux parkings.

     

    Cerise sur le gâteau : deux terrasses, l'une de 18 m2, l'autre de 22 m2.

     

    Depuis certaines pièces, on peut aussi admirer les beaux jardins et potagers du couvent des soeurs bénédictines.


    En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/08/09/2006/LesEchos/19747-531-ECH_a-paris--l-atelier-de-tamara-de-lempicka.htm#SuVr3GIavgz2ZGGY.99

     

     Gravot. Rue Méchain, the dressing table:

    A l'apogée de sa carrière, Tamara s'installe dans un nouvel appartement-atelier. Conseillée sans doute par sa sœur architecte Adrienne Gorska, elle a choisi un immeuble ultra moderne, signé Mallet-Stevens, qui vient d'être construit près du quartier Montparnasse, haut lieu de la vie artistique à Paris.

      

      

    La complémentarité entre l'artiste adulée pour son art, sa beauté, son élégance et un décor où sont rassemblés les meilleurs créateurs de son époque, est immédiatement salué dans la presse par de nombreux articles.

     scandinaviancollectors:  Tamara de Lempicka s Rue Méchain apartment, the drawing room.:

    De brillantes réceptions rassemblent les parisiens dont on parle. 

      

      

      

    La sœur de Tamara, était architecte membre de l'U.A.M. (Union des Architectes Modernes) dont faisait également partie Robert Mallet-Stevens qui construisit l'immeuble de la rue Méchain où Tamara installa son atelier en 1929. Adrienne épousa Pierre de Montaut, autre membre de l'U.A.M. et tous les deux se spécialisèrent dans la conception de salles de cinéma.

      Tamara`s apartment Rue Mechain, Paris:

    C'est elle qui prit en charge la décoration de l'atelier de Tamara pour lequel elle créa quelques meubles en métal chromé.

     

    Ils s'harmonisaient parfaitement avec ceux de ses confrères Djo-Bourgeois,

    René Herbst et bien sûr Mallet-Stevens qui complétaient l'ameublement.

    Adrienne (Ada de Montaut) est décédée en 1969.

    Adresse: 7 rue Méchain Paris 14e. Un long article intitulé "Architectures modernes; L'atelier de Mme de Lempicka" paru en Janvier 1931 dans "Mobilier et Décoration" décrit l'atelier en détail (10 pages, 15 photos par Gravot).


    L'ambiance de l'atelier était parfaitement définie dans la légende, rédigée en style télégraphique, accompagnant la première photo:

     

    Tamara`s apartment Rue Mechain, Paris:

     

    The studio on Rue Mechain

    Tamara`s studio on the Rue Méchain in the building designed by the architect Robert Mallet-Stevens in 1929,

    furniture by Rene Herbst with light grey walls and ceiling.

    Tamara's sister, Adrienne de Montaut (Gorska), designed the upstairs smoking room paneled in polished walnut. Tamara's initials are woven into the brown upholstery.

    After the war, Tamara returned to her Rue Méchain studio and redecorated it in the rococo style.

    The 1950s Art & Décoration article which featured Lempicka's new scheme commented on her intentional juxtaposition of the clean, severe architecture with the bourgeois neo-Louis XV style.

    "Hall d'entrée, par Adrienne Gorska. Porte fer et tubes chromés harmonie gris froid et métal". Le ton était donné; cet atelier était une épure...

     

    (lire l'article complet en Bibliographie, voir "Remon") Un article de Darnetal paru dans "Notre Temps" de décembre 1932, restitue bien l'atmosphère qui régnait dans les fêtes que donnait Tamara dans son atelier flambant neuf construit par

    l'architecte Robert Mallet-Stevens en 1929:

     

    "La Santé (il s'agit de la prison. NDLR) s’élève - masse triste et sombre - dans ce quartier où la guillotine mit un peu son humour.

     

    A côté, un immeuble moderne se dresse gai et un peu farouche. Des voitures s’arrêtent; de jolies femmes et des garçons descendent et s’élèvent jusqu’au studio du peintre Tamara de Lempicka qui donne un cocktail, sa grâce, son sourire et quelques autres attractions. De ce magnifique studio gris et platiné, telle une chevelure moderne, se dégage une atmosphère d’intimité et de talent.

     

    Les portraits peints par la maîtresse de maison, accrochés ou posés sur les murs, accrochent les regards et crochètent les coeurs. Tamara de Lempicka a un talent bien à elle, spécial, personnel. Elle plonge au fond de ses modèles, tel un plongeur, dans la mer, à la recherche de perles rares, et elle en retire perles, pierres, émeraudes... ou crapauds!

     

    Ce soir, il n’est question que de brillants.

     

    L’assemblée sympathique et houleuse est d’une élégance complète et rare, la plupart des femmes sont jolies (prenant en cela exemple sur leur hôtesse). Quelques hommes sont intelligents et remplis de talent.

     

    La comtesse de Saint-Quentin mange des petits-fours que lui passe l’artiste photographe Lipmtzki, cependant que le docteur Boucard lui affirme qu’il faut remplacer toute nourriture par quelques pastilles de Lactéol! La très belle Ira Perrot parle de voyages, Kisling de choses plus ou moins "salées". Campana accoudé à la barre du bar jette ses manches en arrière dans uns geste prétorien et commence une plaidoirie se croyant au Palais.

      

      

      

    André Lhote s’exprime par aphorismes, Michel Georges-Michel qui sort de sa <<bohême>> retrouve le monde avec plaisir.

    Marcel Rochas couve sa femme, le peintre Rina, d’un regard admiratif et attendri; Rolf de Maré pense à ses ballets suédois en regardant les ballets hindous ;

    Suzy  Solidor pense à son dancing, etc., etc...

      

      

    Et Mme Nyoka Inyoka (DOC.87), entourée de son ballet, mime d’étranges et délicates figures.

    Sur des rythmes anciens, elle évoque et reconstitue l’Inde antique... et ce sont des danses comme des incantations et de la musique comme un déchirement du coeur.

      

      

    Dans un coin, un curieux et passionnant portrait de Mme Ira Perrot nous rend sa physionomie inquiétante et "Antinéasque" et plus loin, Tamara de Lempicka, contemple, ravie, son oeuvre et ses oeuvres." Vingt-sept ans plus tard, dans le numéro de Noël 1956 de la revue "Art & Décoration",

     

    "Tamara de Lempicka; ou la femme installée par le peintre",

    Boris J. Lacroix décrivait le changement radical que Tamara de Lempicka venait de faire subir à la décoration de son atelier de la rue Méchain.

      

      

    Il y parlait de "ce jeu du mauvais goût exquis" et du "goût du paradoxe"

    qui l'avait inspirée.

      

     

      

    C'est bien le moins qu'on pouvait dire face aux anachroniques stucs vénitiens qui, tout à coup, envahissaient l'espace épuré de Mallet-Stevens. (Cf. Bibliographie, voir Lacroix).

     

     

     

     

     

     

     

    Tamara de Lempicka occupe une place à part
    dans l'art du XXe siècle


    malgré une production peu abondante
    (à peine 150 tableaux dans sa meilleure période qu'on situe entre 1925 et 1935),
    ce sont ses peintures qui sont choisies le plus souvent aujourd'hui
    lorsqu'il s'agit d'illustrer les années folles de l'entre-deux-guerres.

    Ses modèles se caractérisent par des regards interrogateurs et sensuels,
    une bouche pulpeuse pour les femmes et pincée pour les hommes,
    des couleurs vives, mais en nombre limité,
    mises en valeur par des fonds gris ou noirs.
     

     
     
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    Le portrait photographique au service d’une grande artiste 

    Poser dans l’atelier d’un photographe devient, à la Belle Époque, une pratique courante : les familles modestes se font immortaliser à l’occasion de fêtes et d’événements marquants, tandis que les nantis multiplient leurs portraits, à l’instar des personnalités politiques, artistiques et mondaines. Le portrait photographique permet aux célébrités d’entretenir et d’accroître leur popularité, soit-elle due à leur activité politique, à leur appartenance à la crème de la société, à leurs charmes ou à leur talent d’artiste ;

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    - en outre, la diffusion de cartes à l’effigie des personnages en vue donne une impulsion remarquable au phénomène de vénération des « vedettes » et au culte de l’image qui caractérisent la société contemporaine. 

    Parmi les femmes artistes du théâtre, la comédienne Cécile Sorel (de son vrai nom Cécile Émilie Seurre) connaît un très grand succès à la Belle Époque et dans l’entre-deux-guerres. Aussi célèbre et éclectique queRéjane, elle incarne à la fois la France traditionnelle des grands classiques et la France moderne du spectacle des variétés.

     

    Née à Paris le 17 septembre 1873, Cécile Sorel joue dans plusieurs théâtres de la capitale avant d’entrer, en 1903, à la Comédie-Française, où elle se produit jusqu’en 1933. Vestale du temple du théâtre français, elle brille dans tous les rôles classiques, notamment dans celui de la précieuse Célimène, dans Le Misanthrope de Molière :

     

    la comédienne s’identifie avec ce personnage au point d’affirmer, non sans fierté, que « Célimène et Cécile se confondent déjà et s’inscrivent ensemble au fronton de la Comédie-Française ». 

    Cécile Sorel quitte la Comédie-Française à l’âge de cinquante ans, mais elle a toujours la fièvre du spectacle :

     

    elle se produit au music-hall à la demande de Sacha Guitry, qui en fait la vedette du Casino de Paris (la phrase « L’ai-je bien descendu ? », prononcée par Cécile Sorel au pied de l’escalier Dorian en 1933, devient célèbre) et lui ouvre également les portes du septième art quand il tourne avec elle le film Les Perles de la couronne (1937) ; de plus, elle remporte un franc succès lors de ses tournées à l’étranger. 

    Éternelle coquette, Cécile Sorel réalise son rêve de noblesse en épousant le comte Guillaume de Ségur (1889-1945), neveu de l’écrivain Sophie Rostopchine et médiocre comédien sous le pseudonyme de Guillaume de Sax.

     

    Elle se lie d’amitié avec de nombreuses célébrités de son temps : dans son hôtel particulier du quai Voltaire, elle reçoit, parmi d’autres, le comédien Maurice Escande, l’écrivain et historien de l’art Gustave Larroumet, les écrivains Maurice Maeterlinck, Émile Verhaeren et Gabriele d’Annunzio, ainsi que les hommes politiques Georges Clemenceau et Maurice Barrès.

     

    Personnalité importante de la vie artistique et du high life  parisiens jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale,

     

    Cécile Sorel joue les coquettes à la scène comme à la ville, comme en témoignent les portraits photographiques et les précieux documents filmés qui nous restent d’elle.

     

     

    SOURCES

    COUVENT, EN PASSANT PAR LE MUSIC-HALL ET LE CINÉMA

    Date de publication : Juillet 2011  Auteur : Gabriella ASARO

    Agrégée d'Italien, Docteur en Histoire contemporaine à l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines

     https://www.histoire-image.org/etudes/cecile-sorel-comedie-francaise-couvent-passant-music-hall-cinema

     

     

     

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    La photographie au service d’une cocotte de haut vol
     
     
     
    Contrairement aux hétaïres grecques, les courtisanes de la Belle Époque n’ont pas besoin d’être cultivées et raffinées pour accéder au rang de cocottes de haut vol :
     
    Emilienne D'Alencon.jpg
     
    tel est le cas d’Émilienne d’Alençon, qui s’affirme dans le demi-monde parisien grâce à sa beauté et à la notoriété que lui apportent ses amants illustres et le recours à la photographie, qui diffuse son effigie à l’échelle internationale.
     
     
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    Née Émilie André, à Paris, le 18 juillet 1869, fille d’une concierge de la rue des Martyrs, la future Émilienne d’Alençon reçoit son pseudonyme de la prostituée Laure de Chiffreville, qui lui prédit une brillante carrière. Lancée par l’« intrépide vide-bouteilles »
     
    Charles Desteuque, chroniqueur du Gil Blas,
     
    Emilienne d'Alencon
     
     
    Émilienne se produit comme dresseuse de lapins au Cirque d’Été et fréquente les lieux favoris du demi-monde parisien :
     
    le bois de Boulogne, Chez Maxim’s, les théâtres.
     
    Entre 1889 et 1892, la jeune femme devient une célébrité grâce à sa liaison avec le jeune duc Jacques d’Uzès qui veille à son instruction dans le vain espoir de l’épouser ;
     
    envoyé au Congo par sa famille qui s’oppose fermement à cette mésalliance, le jeune duc meurt en 1893.
     
     Emilienne d'Alencon
     
    Émilienne d’Alençon consolide sa renommée de grande cocotte en séduisant le roi des Belges Léopold II, le prince de Galles et futur roi Édouard VII, et le Kaiser Guillaume II, et en rivalisant avec
     
     
    la Belle Otero, Cléo de Mérode et Liane de Pougy.
     
     
    Emilienne d'Alencon
     
     
    Avec Liane, Émilienne noue une liaison amoureuse que le Gil Blas relate de manière fort caricaturale : il annonce le mariage des deux cocottes et l’arrivée imminente d’un enfant.
     
     
    Emilienne d’Alencon, 1900s:
     
     
    Si les chroniqueurs mondains influent considérablement sur la notoriété des
    « grandes horizontales », ce sont les photographes qui leur assurent un succès international :
     
    la diffusion des portraits photographiques, qui permet à des véritables artistes du spectacle, comme
     
     Emilienne d'Alencon
     
    Sarah Bernhardt ou Réjane,
     
    ALENÇON,_Emilienne_d'_Photo_Reutlinger.:
     
     
     
    de consolider leur renommée, est d’autant plus indispensable pour les demi-mondaines qui, à défaut d’un véritable talent, misent tout sur leur beauté.
     
     EMILIENNE D&#39;ALENÇON | Flickr - Photo Sharing!
     
    Outre leurs richissimes amants, les séductrices de la Belle Époque ont en fait besoin d’une foule d’admirateurs anonymes qui, en collectionnant les reproductions de leurs portraits photographiques, contribuent à accroître leur renommée de « femmes fatales ».
     
     
     Cleo de Merode by Filiotheque, via Flickr:
     
     
     
     
    https://www.histoire-image.org/etudes/splendeurs-miseres-courtisane-emilienne-alencon
     
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    Mariage ou association de Malfaiteurs !

     

    Vos copines se sont toutes fait passer la bague au doigt.

    Votre mère et votre belle-mère insistent lourdement.

    Pourtant, le mariage, ce n'est pas encore pour vous !

    Pas envie, pas trouvé la bonne personne, pas le temps…

    Il existe plusieurs bonnes raisons de ne pas passer devant le Maire.

    La preuve par 10.

     

    Copie (3) de m1900

     

    AU DEPART ? une GROSSE ARNAQUE

    Ne jamais MELANGER le CUL et l'ARGENT !

    Fini !! avant de commençer !!

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    Pour bon nombre de personnes, le mariage est le symbole de la vie de couple épanouie.

     

    Celui qui prouve que vous êtes prêts à vous engager sur le long terme avec la personne qui partage votre vie, et à vous aimer "jusqu'à ce que la mort vous sépare",

    comme le dit l'adage.

     

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    Et pourtant, n'en déplaise aux adeptes de cette cérémonie, le mariage religieux ou civil n'a rien d'obligatoire, et tout le monde n'a pas besoin de passer par là pour prouver la solidité de son couple. 

     

    Ne pas être marié possède plein d'avantages.

    LA LIBERTE !

    Aucun compte à rendre à Personne,

    surtout pas à l'Etat !

     

    1. CE N'EST PAS PARCE QUE VOUS NE VOULEZ PAS VOUS

    MARIER TOUT DE SUITE QUE VOUS NE VOUS MARIEREZ JAMAIS

     

    Le mariage, en soit, vous n'êtes pas contre. 

     

    SI TOTALEMENT CONTRE et ANTI NATURE !!

     

    Mais pas forcément tout de suite ! Si vous ne vous sentez pas prête, inutile de vous mettre la pression (d'autant que vos proches le font sûrement déjà suffisamment). 

     

    Comme le dit l'adage : 

     

    "Sur le chemin de la vie, chacun avance à son propre rythme".

    Qui sait ? *

    Vous aurez peut-être le déclic qui vous donnera envie de dire "oui"

    demain, dans 6 mois ou dans 5 ans. 

    Ou JAMAIS !

    Et quand bien même, si vous ne l'avez pas, est-ce vraiment bien grave ?

     

    2. MARIAGE NE SIGNIFIE PAS AMOUR ÉTERNEL

    Il suffit de regarder le taux de divorce pour en avoir la preuve. 

    Selon l'Insee, en 2013, 46% des mariages se sont soldés par un divorce. 

    AH NON !

     

     

    Combien d'HOMMES ont des relations extra-conjugales ?

    certains se sont mariés pour la Société, un grand nombre aurait préféré des unions entre Hommes...

     

    plus que vous ne le pensez !

    c'est comme ça !!

    et les FEMMES ?

    Jamais le hasard les LOIS !

     

    France: le mariage homosexuel validée par le Conseil constitutionnel

    Afp

    En France, le Conseil constitutionnel a validé totalement vendredi la loi ouvrant le mariage et l’adoption à deux personnes de même sexe, a annoncé la haute juridiction dans un communiqué.

    Le président Hollande a annoncé qu’il promulguera la loi dès ce samedi.

     

    Parfois, l'amour dure toute la vie. 

    Et parfois non!!

    NON !

    C'est comme ça.

     

    3. VOUS N'AVEZ PAS BESOIN D'UNE BAGUE POUR PROUVER VOTRE AMOUR

    "Si tu m'aimais tant, tu aurais dû me passer la bague au doigt", chantait Beyoncé. Et pour une fois, nous ne sommes pas vraiment d'accord. 

     

    Car ce n'est pas une alliance qui va prouver que la personne qui partage votre vie vous aime, mais plutôt ses actes au quotidien.

     

    Déclarations, attention, écoute… 

    Ce qui fait un couple, en quelque sorte ! 

    Si entre vous, c'est une évidence, vous n'avez besoin de rien pour le prouver au reste du monde.

     

     

     

    4. VOUS NE VOULEZ APPARTENIR À PERSONNE

    Bon, ok, c'est un peu cliché. 

     

    Mais après tout, se marier avec quelqu'un signifie que l'on devient "sa" femme ou "son" mari. 

    Un sentiment d'appartenance qui ne plaît pas forcément à tout le monde, et dont certains préfèrent tout simplement se passer.

     L'EPOUSE, enfin la FEMELLE n'est pas la propriété exclusive d'un mâle qui ne sera jamais la faire jouir !!

     

    5. VOUS N'ÊTES PAS PRÊTE À VOUS ENGAGER

    Passé un certain âge, c'est à croire que nos proches ne pensent plus qu'à ça : appart', mariage, bébé… Et ce, que vous soyez avec votre Jules depuis 10 ans ou depuis 6 mois. 

    Au secours ! Dans ces cas-là, rappelez-vous qu'il n'y a pas d'âge limite pour vous marier. 

    Alors, pourquoi se presser ?

     

    6. SE MARIER, ÇA COÛTE (TRÈS) CHER

     

    Il y a les alliances, la robe de mariée, le traiteur, la location de la salle… Même sans forcément voir les choses en grand, un mariage peut rapidement coûter une fortune, et pour l'instant, vous avez d'autres priorités. 

    Mettre de côté pour acheter un appart', une voiture, des vacances au bout du monde, une paire de Louboutin 

    Quelque chose dont vous avez vraiment besoin !

     

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    Vous aimez un homme autre que votre mari ?

    Eh bien, allez à lui.

    Celui que vous n 'aimez pas, vous êtes sa prostituée ;

    celui que vous aimez, vous êtes sa femme.

    Dans l'union des sexes, le cœur est la loi.

    Aimez et pensez librement.

    Choses vues: souvenirs, journaux, cahiers
    [ Victor Hugo ]

     

     

    Se marier coûte très cher

     

    7. ROMPRE, C'EST PLUS FACILE QUAND ON N'EST PAS MARIÉ

    Soyons pragmatiques, étant donné qu'un mariage sur deux finit par un divorce... 

    Une simple rupture ? C'est plus facile. 

     

    Chacun prend ses cliques et ses claques, et même si ça fait mal, c'est relativement simple à régler. 

    Un divorce, c'est nettement plus compliqué, et toute la partie administrative peut prendre beaucoup de temps… Et beaucoup d'argent.

     

    8. SANS ALLIANCE, VOUS VOUS FAITES PLUS DRAGUER !

    On ne va pas se mentir : se faire draguer, c'est bon pour notre égo ! 

    Or, une alliance a tendance à jouer les gardes du corps. 

    Un peu comme si l'on avait une étiquette "chasse gardée" !

    On s'en fiche !

     

     

     

    9. LE JOUR DE VOTRE MARIAGE N'EST PAS FORCÉMENT LE

    PLUS BEAU JOUR DE VOTRE VIE

    A cause du stress des préparatifs, vous manquez de sommeil. 

    Vous n'avez rien le temps de manger, mais tout le monde veut trinquer avec vous. 

    Tous vos proches sont réunis, mais vous n'avez le temps de voir personne. 

     

    A force d'être debout dans vos talons, vous avez mal au pied. 

    Et la traîne de votre robe de mariée vous empêche d'aller faire pipi en solo. 

    Des mois d'organisation pour une journée dont on ne profite même pas,

    est-ce que ça vaut le coup ?

     

    10. SE MARIER, ÇA FAIT GROSSIR

    C'est la science qui le dit ! En moyenne, les gens mariés affichent deux kilos de plus que les célibataires. Il faut croire que le fait d'être casé nous pousse à faire moins d'efforts…

    et à s'ennuyer jusqu'à la fin de ses jours !

    Pensez ! Avec le même MEC jusqu'à la fin de sa vie ???

     

    NON !!

     

    Et vous, voulez-vous vous marier, ou non ?

    Par Laetitia Reboulleau
     
     
     
     
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       L’exposition à l’affiche au Musée d’Orsay

    « Splendeurs et misères, images de la prostitution », m’a fait découvrir une forme de prostitution dont on parle peu :

    celle des danseuses de l’Opéra.

     

     

     

    Au XIXème siècle, cette vie d’asservissement aux hommes menée par les ballerines est une réalité.

       Voici l’histoire peu recommandable (et peu enviable) de ces petits rats : loin de leurs glorieux instants sur scène,

    leur vie derrière le rideau

    Willard Leroy Metcalf The Ballet Dancers aka The Dressing Room.jpg

    L’Opéra, lieu de paraître

        Au début du XIXème siècle, dans l’imaginaire social, la danse demeure l’activité érotique féminine par excellence :

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    le corps est montré, les courbes mises en valeur.

     

    Difficile alors de dire si ces messieurs sont là pour apprécier les qualités artistiques des danseuses, où admirer la sensualité des corps ! Car oui, le public est essentiellement masculin…

     

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       L’Opéra de la rue de Richelieu, puis celui de la rue Le Peletier, puis enfin l’Opéra Garnier sous le Second Empire sont, depuis la fin du XVIIIème siècle, le lieu de rencontre du Tout-Paris.

     

    Cette « bourgeoisie triomphante », qui se compose essentiellement d’hommes, est à la recherche de reconnaissance sociale.

     

    Mais pas que !

       Avides de plaisirs, et parfois très fortunés, les jeunes gens du monde recherchent une société bien spécifique de femmes.

     

    Pas d’épouses mères de famille, considérées comme fécondes mais frigides et par conséquent inaptes au sexe : ce monde de divertissements et de plaisirs leur est tacitement interdit.

     

     

    Pierre-Auguste Renoir, Danseuse.jpg

    Ce sont plutôt de jeunes femmes libres de mœurs, sensuelles et libertines : les danseuses.

       Certes, dans ce lieu particulièrement propice aux galanteries qu’est L’Opéra, on ne rencontre pas que des ballerines !

     

    On y croise aussi des chanteuses et des cantatrices.

     

    Mais elles ont une réputation plus respectable, et ne tiennent pas à se mêler à ces petites ballerines sans morale.

       

     

    En effet, depuis l’Ancien Régime, les danseuses sont connues pour la légèreté de leur conduite.

     

    Mais ce n’est pas toujours par goût personnel pour le libertinage ! Dès leur plus jeune âge, poussées par des mères sans scrupules, ces jeunes filles s’enferment dans un terrible engrenage.

    Mlle Marconnier - Album Reutlinger (Gallica BNF)

    La danse, une parade à la misère

      Au début du XIXème siècle, si l’on fait exception de quelques ballerines à la renommée internationale, toutes les danseuses de l’Opéra sont issues de familles particulièrement pauvres et démunies.

     

    Classes désargentées, défavorisées, souvent illettrées.

     

     

    Celle qui a l’opportunité de devenir danseuse devient l’espoir de sa famille : enfin, on va pouvoir sortir de la misère !

     

    C’est sur les frêles épaules d’une toute jeune fille que repose l’avenir de sa famille.

     

    Elle a le devoir de procurer une vie meilleure aux siens. Et comment ne pas rêver à une existence dorée pour elle-même, parmi les gens du monde ?

     

     

    L’Opéra est, pour la ballerine, une sorte de piédestal d’où elle s’élance pour essayer d’accéder à la classe aisée.

     

    Mais si certaines y parviennent, c’est d’abord une logique de dépendance aux hommes.

       Car à tous les hommes qui jalonnent les différentes étapes de sa carrière, la danseuse se doit de plaire.

    Mlle de Saunoy - Album Reutlinger, Gallica BNF 

    Mlle Marconnier - Album Reutlinger (Gallica BNF)
    Mlle Marconnier – Album Reutlinger (Gallica BNF)

    Plaire aux hommes pour sortir du lot

    Mlle de Saunoy - Album Reutlinger, Gallica BNF
     
    Mlle de Saunoy – Album Reutlinger, Gallica BNF

     

     

       D’abord, il y a le maître de ballet, grade important au sein de la hiérarchie.

     

    Il compose les danses et, surtout, conduit les répétitions.

     

    Nombreux sont les maîtres de ballet qui se permettent des

    « privautés » avec leurs élèves.

     

     

    Repositionner une jambe, redresser une taille, allonger un bras… Autant d’occasions de s’abandonner à des attouchements (et même davantage) auxquels les jeunes filles ne peuvent se dérober sans compromettre leur ascension.

     

     

      Viennent ensuite d’autres hommes qui, tous, d’une façon ou d’une autre, tiennent la carrière des ballerines entre leurs mains.

     

    Le librettiste qui leur donne un rôle, ou non, dans le prochain ballet, le directeur qui renouvelle, ou non, leur contrat…

       

     

    Ensuite, il faut séduire pour se trouver un riche protecteur, sans quoi il devient vite impossible aux jeunes filles de faire carrière.

     

    En effet, les ballerines sont contraintes de se payer d’onéreux cours de danse, si elles veulent un jour percer, sortir de l’anonymat.

     

     

     Le peintre Edgar Degas, introduit dans les coulisses de l’Opéra en 1872 par un musicien de l’orchestre, Désiré Dehau, observe les ballerines dans leur quotidien plusieurs années durant.

     

        Sur de nombreuses toiles figure cette présence masculine

    permanente et asservissante.

     

     

     Dans « La classe de danse » (réalisé en 1874, et conservé au Métropolitan Museum of Art), le maître de ballet (Jules Perrot) est au centre du tableau comme il est le centre de l’univers des danseuses, à la fois gardien, maître et bourreau.

     

     

       Et s’il n’y avait que les hommes ! Mais il y a aussi la présence des « mères », autrement plus tyranniques.

    Le foyer de la danse à l'Opéra de la rue Le Peletier (Edgar Degas, 1872, Musée d'Orsay)

    Le foyer de la danse à l’Opéra de la rue Le Peletier

    (Edgar Degas, 1872, Musée d’Orsay)

    Les « mères » : entremetteuses sans scrupules

       Qu’elles soient réellement mères, ou bien tantes, amies, cousines, celles que l’on appelle les « mères » sont des intermédiaires incontournables entre les jeunes filles et tous ces hommes qui les environnent.

    Elles sont autorisées à assister aux leçons, à sermonner, jouant les chaperons pour ces petites demoiselles qui, lorsqu’elles entrent à l’Opéra,

    ont rarement plus de treize ou quatorze ans.

       

    En réalité, ces gouvernantes malhonnêtes et immorales ne pensent qu’à tirer profit de la situation.

    l'APPRENTISSAGE de la PROSTITUTION " BOURGEOISE"

     

    Pour que sa protégée appâte la gente masculine, la « mère » lui apprend l’art de la séduction.

     

    Tout un programme :

    (…) Des leçons d’œillades et de jeux de prunelles comme on apprend aux enfants d’ordinaire la géographie et le catéchisme.

      Les jeunes filles ne doivent plus songer qu’à se comporter en aguicheuses patentées, être belles et désirables.

     

    Théophile Gautier ne manque pas de relever les résultats effrayants de cette éducation licencieuse :

     

    La jeune ballerine est à la fois corrompue comme un vieux diplomate, naïve comme un bon sauvage ; à 12 ou 13 ans, elle en remontrerait aux plus grandes courtisanes.

     

    Mlle Deschamps - Album Reutlinger (Gallica BNF)
    Mlle Deschamps – Album Reutlinger (Gallica BNF)

       

    Se transformant en véritables maquerelles,

    les « mères » négocient âprement les charmes de leurs filles.

     

    L’heureux élu est vieux et laid, et la danseuse n’a aucune inclinaison pour lui ?

    Il a beaucoup d’argent, alors elle n’a pas son mot à dire.

    Le vieux monsieur peut violer sa fille « avec sa bénédiction ».

     

    Souvent, la « mère » n’accepte de se séparer de sa fille que si son protecteur est assez fortuné pour les entretenir toutes les deux !

       

    Une toile d’Edgar Degas intitulée « La leçon de danse » (ci-dessous) montre une « mère » au centre de la salle de danse, examinant une jeune fille comme une maquerelle le ferait avec sa marchandise.

     

    La posture de la seconde ballerine, à gauche, la tête appuyée dans sa main, le coude sur la cuisse, interpelle :

    concentration, amertume, accablement ? Difficile à dire…

     

     

    De nombreuses toiles dévoilent la présence angoissante de ces « mères » qui ont tout pouvoir (cliquez ici, ou bien encore ici !)

    La leçon de danse, par Edgar Degas (1879, National Gallery of Art, Washington)

    La leçon de danse, par Edgar Degas (1879,

    National Gallery of Art, Washington)

       

    Celles qui ne sont pas poussées par leur mère à se donner à un homme le font de leur plein gré.

     

    Sans la protection d’un homme riche, et si possible titré, impossible d’accéder à une reconnaissance professionnelle !

     

    Le foyer de l’Opéra

     

    Mlle Lekain - Album Reutlinger (Gallica BNF)
    Mlle Lekain – Album Reutlinger (Gallica BNF)

     

    Sans identité propre, dépourvue d’instruction et de culture, il ne reste à la danseuse que la séduction et la ruse, seules armes dans ce métier où l’élément masculin détient le pouvoir.

     

     Le système « d’abonnés » facilite les rencontres entre les filles et leurs protecteurs.

     

    La plus grande distinction pour un habitué de l’Opéra est de devenir « abonné » : cela lui donne accès aux coulisses et,

    surtout, au foyer de la danse où se retrouve toutes les danseuses pendant les répétitions, les entractes ou avant le spectacle (pratique officialisée en 1831 par Louis Véron, premier administrateur de l’Opéra).

       

    Ces messieurs en habit noir (financiers hauts placés, mondains célèbres, protecteurs divers, grands noms de la noblesse), peuvent prendre contact plus facilement avec les danseuses, les observer dans leur intimité et faire leur choix…

     

     

    La démocratisation de l’accès au foyer de la danse qui va de pair avec l’abandon du régime aristocratique entraîne (…)

    une dévalorisation sociale des ballerines.

     

     

     Mais si certaines ballerines affichent un réel statut de prostituées, la grande majorité ne cherche un protecteur que pour pouvoir faire carrière, exercer son art.

     

    Là réside la différence fondamentale entre les filles des maisons closes et les ballerines. 

     

    C’est la danse qui légitime leur situation d’amante, et seulement la danse !

       Même si « les frontières entre ces deux états sont bien fragiles », le statut des danseuses connaît des embellies au cours de ce XIXème siècle. Progressivement, elles obtiennent respectabilité et relative indépendance.

    Des femmes fières

       Tout commence par une volonté de moralisation de l’Opéra, notamment l’Opéra Garnier.

     

    Les mères, à la fin du XIXème siècle, n’ont plus accès à l’établissement.

     

    Changement considérable : soudain, les jeunes filles sont libres de se donner ou non à un homme qu’elles choisissent elles-mêmes.

     

    Celles qui affichent un peu trop ouvertement leur statut de prostituées, faisant honte à l’établissement,

    sont sévèrement réprimandées voir renvoyées,

    sauf si la "danseuse" est "protégée par un

    MONARQUE ou un INDUSTRIEL COTE !

     

     

       Ainsi, en même temps que leur statut se modifie, la réputation des ballerines devient plus respectable, et leur comportement, naturellement, se transforme.

       

     

    L’Opéra est de plus en plus fréquenté par les élites sociales.

     

    Les messieurs ne viennent non plus uniquement en chasseur, mais presque d’égal à égal avec les demoiselles qui, pudiques, se font discrètes et évitent leur regard. Les hommes ne sont plus là pour faire leur choix comme sur l’étal d’un marché.

     

    A eux de séduire, de montrer qu’ils respectent une certaine distance devant ces femmes fières. ( ? )

     

    Self portrait or Degas Saluant, Edgar Degas.jpg   

     

    Nombreuses sont celles dont la réputation demeure intacte,

    telle Carlotta Zambelli qui, devenue professeur de danse à l’Opéra, encourage même ses élèves à rester indépendantes, alors que sa propre époque a été celle des abonnés et des courtisanes…

     

    La belle et aristocrate Cléo de Mérode également (certes davantage connue pour ses photographies que pour ses exploits sur scène), est célébrée pour sa chaste sensualité, toute de pudeur et de romantisme.

       

    Les COURTISANES 

    Certaines danseuses réussissent à dénicher un bon parti :

    elles deviennent les maîtresses attitrées de messieurs de la haute société, qui s’affichent avec elles en leur offrant un train de vie décent, voir opulent, et parfois même un logement.

    Et c’est de ces dépenses d’entretien de leur maîtresse danseuse que vient notre expression dont le sens, par extension, a évolué vers toutes les dépenses très, voire trop importantes consacrées à une passion.

     

    Mlle Garbagnati - Album Reutlinger (Gallica BNF)
     
    Mlle Garbagnati – Album Reutlinger (Gallica BNF)

    La démocratisation de l’accès au foyer de la danse qui va de pair avec l’abandon du régime aristocratique entraîne (…) une dévalorisation sociale des ballerines.

     

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       Mais si certaines ballerines affichent un réel statut de prostituées, la grande majorité ne cherche un protecteur que pour pouvoir faire carrière, exercer son art.

     

    Là réside la différence fondamentale entre les filles des maisons closes et les ballerines. 

     

    C’est la danse qui légitime leur situation d’amante, et seulement la danse !

     

     

     Même si « les frontières entre ces deux états sont bien fragiles », le statut des danseuses connaît des embellies au cours de ce XIXème siècle. Progressivement, elles obtiennent respectabilité et relative indépendance.

    Sources

    ♦ Beaux Arts magazine Hors-série : 

    Splendeur et misère (images de la prostitution)

    ♦ L’Histoire par l’image : 

    De la classe à la scène, le ballet de l’Opéra de Paris vu par Edgar Degas

    ♦ Revues.org : « Tu seras étoile, ma fille ». (France, XIXe – XXe siècle)

    ♦ Textes de Marie-Victoire Louis, chercheuse : 

    De l’ambivalence entre salariat et prostitution

    ♦ Exposition au Musée d’Orsay :

    Splendeurs et misères, images de la prostitution (1850-1910)

     

     

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    LANGUE FRANCAISE ( facile ! )

     

    Pour la grande majorité des FRANCAIS c'est celà !!

    LANGUE FRANCAISE ( facile ! )

    Le féminin des noms.
    Un gars : c’est un jeune homme.
    • Une garce : c’est une pute.
    Un courtisan : c’est un proche du roi.
    • Une courtisane : c’est une pute.
    Un masseur : c’est un kiné.
    • Une masseuse : c’est une pute.
    Un coureur : c’est un joggeur.
    • Une coureuse : c’est une pute.
    Un rouleur : c’est un cycliste.
    • Une roulure : c’est une pute.
    Un professionnel : c’est un sportif de haut niveau.
    • Une professionnelle : c’est une pute.
    Un homme sans moralité : c’est un politicien.
    • Une femme sans moralité : c’est une pute.
    Un entraîneur : c’est un homme qui entraîne une équipe sportive.
    • Une entraîneuse : c’est une pute.
    Un homme à femmes : c’est un séducteur.
    • Une femme à hommes : c’est une pute.
    Un homme public : c’est un homme connu.

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    Emile Loubet

     

    EMILE LOUBET, président... sa faiblesse ? sa FEMME

    Fils d'un paysan de la Drôme, issu de la petite bourgeoisie, Emile Loubet commence sa carrière politique en 1870, date à laquelle il est élu maire de Montélimar.

     

    Suit un mandat de député, puis de sénateur.

     

    En 1896, il devient président du Sénat. Candidat des modérés, soutenu par Clemenceau et ses amis, il est élu Président de la République en 1899. Son septennat a été marqué par la crise Panama, l'Affaire Dreyfus mais aussi, on le sait moins, par la personnalité de sa femme...

    "Et ce grand garçon... ?"

    Emile Loubet s'est marié jeune et il n'a guère associé son épouse à sa vie publique d'homme politique.

     

    Cette dernière est une spécialiste des maladresses : mal habillée, peu diplomatique, elle scandalise régulièrement le chef du protocole. Ainsi, lorsqu'elle demande au roi d'Angleterre Edouard VII à propos de son fils, héritier de la couronne et futur George V :

     

    "Et ce grand garçon, qu'allez-vous en faire plus tard ?"...

    Dégoûté de la politique

    La fin du mandat d'Emile Loubet a été assez difficile, notamment en raison de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, qui est loin de faire l'unanimité. La France doit rompre ses relations avec le Saint-Siège, au grand dam du Président qui ne voit pas d'un bon œil la politique anticléricale d'Emile Combes, le président du Conseil.

     

    Loubet quitte l'Elysée en 1906, désabusé et meurtri par les critiques. "Je ne serai ni sénateur, ni député, ni même conseiller municipal, Rien, rien, absolument rien".

      

      

    sources :http://www.linternaute.com/histoire/magazine/magazine/dossier/vie-privee-presidents/emile-loubet.shtml

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