À partir du XIe siècle dans le sud de la France, et du XIIe siècle dans le nord, la société féodale ajoute une nouvelle valeur à l’idéal chevaleresque : le service d’amour, qui met les préoccupations amoureuses au centre de la vie.
Il est important de distinguer l'amour courtois de la courtoisie en effet, la courtoisie définit à la fois un style de vie et un idéal humain dont l'amour courtois n'est qu'une composante.
La courtoisie se base en grande partie sur l'association du clergé (force morale) et de la chevalerie (force physique). De fait, le chevalier courtois n'est pas qu'une brute épaisse qui tue des dragons pour les beaux yeux de sa dame, il sait également lire et composer des poèmes!
Entre 1185 et 1200, André Le Chapelain rédige en latin un Traité de l'amour, présenté comme une enquête sur l'amour, ses bienfaits et ses dangers. Ce clerc érudit, contemporain d'Aliénor d'Aquitaine, attribue à la reine des jugements audacieux en matière d'amour courtois. Ce texte est à l'origine de la légende des cours d'amour.
Avec l'idéal courtois, la société récuse le culte de la force brutale pour promouvoir un nouveau type de comportement social basé sur la noblesse de coeur, les manières bienveillantes, la générosité et le bon usage de la richesse. Cet idéal social, cet courtoisie, ne va pas sans une conception nouvelle de l'amour : La fin'amor est l’image de la pureté, de l'amour purifié. Célébrée depuis la fin du XIe siècle par les troubadours, il s'agit d'un rapport amoureux adultère unissant le poète à la dame qu’il aime.
Une série de poètes usent de cette théâtralisation du lien poète-dame pour illustrer le rapport de vassalité (vassal-suzerain).
Cet amour est bien évidemment secret et est fondé sur le cute du désir, essence de l'amour, autant que sur celui de la Dame. La satisfaction de ce désir va bien évidemment avec la mort de l'amour (C'est le cas dans Tristan et Yseult, par exemple, une fois seuls dans la forêt, le désir est passé et ils sont lassés l'un de l'autre.)
Auparavant, le rapport amoureux était considéré comme une poésie individuelle mais maintenant, il apparaît comme une poésie extrêmement codifiée (rapport de vassalité).
Le rapport amoureux est presque stéréotypé.
L’amant est pris de passion pour une dame qui est inaccessible pour plusieurs raisons :
L'amant parfait, également appelé "fin'amant", n'a de cesse que de tenter de faire fléchir la Dame par la démonstration constante de ses qualités courtoises. Dans la poésie, c'est grâce à ses qualités de compositeur et à sa manière de chanter l'amour qu'il espère s'attirer les faveurs de la Dame; dans le roman, il doit manifester des qualités chevaleresques, en se montrant brave tant au cours de tournois que lors d'aventures où il tentera d'illustrer son nom et d'honorer ainsi sa Dame.
En effet, dans l'amour courtois, l'amour agit comme un moteur d'amélioration personnelle. L'expression didactique et poétique la plus achevée de cette doctrine de l'amour courtois est sans conteste incarnée dans Le Roman de la Rose.
Cette thématique a glissé vers la thématique religieuse : la Vierge Marie remplace la Dame. On passe d’une tradition profane de l’amour à une application religieuse.
Dans la fin'amor, l’amour n’est pas désincarné. Il n’y a pas de désir caché : on trouve de fortes connotations sexuelles.
Cependant, la tension ne réside pas dans l’accomplissement de cet amour mais dans l’inspiration (le désir) du poète.
Le poète ne demande en effet que deux choses à sa Dame :